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Carolina Marin Getty Images
Rio de Janeiro 2016

Carolina Marín place l’Espagne sur l’orbite du badminton

La traditionnelle suprématie de l’Asie dans les compétitions olympiques de badminton a été entamée à Rio en 2016 par l’Espagnole Carolina Marín, qui a remporté la médaille d’or du simple féminin. L’exploit était historique pour l’Espagne, voire pour l’Europe, et il a constitué le point culminant de la carrière d’une jeune joueuse qui a surmonté tous les obstacles pour atteindre le sommet de son sport.

Née en 1993 à Huelva, Carolina Marín touche sa première raquette de badminton à l’âge de huit ans et elle tombe immédiatement sous le charme de la discipline, bien que personne dans sa famille n’ait pratiqué ce sport auparavant. Elle commence sa carrière au club de l’IES La Orden, où elle est repérée dès l’âge de 13 ans par l’entraîneur Fernando Rivas lors d’un match des moins de 15 ans, où sa vitesse et sa force sont, selon ce dernier, « extraordinaires ».

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Les ambitions de la jeune fille sont tout aussi impressionnantes. Lors de sa toute première conversation avec son entraîneur, il lui demande ce qu’elle compte réaliser en tant que joueuse de badminton. "J’ai répondu que je voulais être la meilleure, se souvient Carolina. Championne d’Europe, championne du monde, championne olympique et numéro une mondiale !"

L’Espagne n’a pas de véritables références dans un sport qui a longtemps été dominé par les Chinois. Fernando Rivas décrit ainsi les obstacles qui jalonnent le parcours du combattant des joueurs de badminton espagnols : "Ils doivent travailler beaucoup plus dur pour compenser l’absence de tradition. L’Espagne manque de filières de clubs pour aider les joueurs à progresser et de compétitions pour défier les meilleurs joueurs." Pour aider Carolina à concrétiser ses rêves, Fernando Rivas se retrouve donc face à un immense défi.

En 2007, les parents de Carolina l’autorisent à s’installer à Madrid pour s’entraîner à plein temps avec Fernando Rivas. Sous sa protection, la jeune prodige remporte un titre historique en 2009, en devenant la première Espagnole à devenir championne d’Europe des moins de 17 ans. En 2010, elle participe aux premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse à Singapour où elle atteint les quarts de finale: sa première expérience olympique. Trois ans plus tard, elle récidive en devenant la première joueuse espagnole à remporter une épreuve du Grand Prix. Puis, en 2014, elle enlève le titre de championne d’Europe avant de faire mieux encore quelques mois plus tard. Tête de série no 9 aux Championnats du monde de la BWF au Danemark, elle surpasse toutes les attentes en battant la Chinoise Li Xuerui et devient la plus jeune championne du monde de tous les temps, à 21 ans à peine. Sur sa lancée, la star espagnole conserve son titre mondial en 2015 et remporte plusieurs autres victoires sur le circuit des Super Series.

Carolina Marin Getty Images

Elle arrive donc aux Jeux de Rio 2016, où elle est classée tête de série numéro un, la confiance au plus haut et les yeux rivés sur l’or. En finale, Carolina s’impose contre l’Indienne Pusarla Venkata Sindhu lors d’une rencontre en trois manches qui dure 83 minutes.

Sa victoire vaut à l’Espagnole d’être accueillie comme une héroïne à son retour chez elle. Dans les rues bondées de Huelva, les gens scandent son patronyme et la ville va même donner son nom à une salle de sport. Son succès olympique va également jouer un grand rôle dans l’amélioration de l’image du badminton en Espagne.

"C’est génial qu’une fille de Huelva, un coin reculé d’Espagne, puisse soudain devenir la meilleure de la planète", indique la championne olympique.

"Nous avons gagné le respect du monde du badminton, ajoute Fernando Rivas. Maintenant, quand nous allons en Asie, l’Espagne n’est pas une équipe inconnue. On nous respecte, on nous salue, c’est une sensation extraordinaire."


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