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Tokyo 2020

Caeleb Dressel : Tokyo dans le viseur

Né en août 1996, quelques jours après la cérémonie de clôture des Jeux d’Atlanta, l’Américain Caeleb Dressel semble taillé pour connaître la gloire olympique à Tokyo en 2020. Lors des Championnats du monde de Gwangju en République de Corée, il a démontré une nouvelle fois toute l’étendue de son talent en remportant pas moins de six médailles d’or. Il est devenu sans conteste le nouveau 'patron' de la natation mondiale.


"Je ne viens pas dans les compétitions pour compter les médailles", a asséné Caeleb Dressel dès le début des Mondiaux 2019 de Gwangju. Il faut dire qu’il avait gagné sept titres de champion du monde à Budapest en 2017 et qu’il pouvait en gagner huit en République de Corée. Mais finalement, le compteur s’est arrêté à six après les deux échecs relatifs (médailles d’argent) lors des deux relais 4 x 100 m quatre nages mixte et masculin. En gros, il vaut mieux ne pas dépendre des autres, et ses quatre titres individuels (50 et 100 m nage libre, 50 et 100 m papillon) ont été acquis avec la classe et la puissance dont il est capable.

Tel l’alligator, emblème de l’Université de Floride dont il a brillamment défendu les couleurs, il se montre d’une explosivité rare à l’approche du bassin, prenant un avantage déterminant dans sa coulée initiale et lors de ses virages. La puissance qu’il dégage dans l’eau tranche sensiblement avec ses rituels de préparation avant le départ. Très calme, il entre dans une concentration intense et fait une brève prière avant de monter sur le plot de départ en tenant près de la bouche un bandana fétiche donné par le mari d’une de ses profs de lycée, Clairie McCool, décédée d’un cancer du sein en 2015.

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Plus vite que Michael Phelps

Son parcours vers le sommet n’a pas été rectiligne, même s’il a montré très tôt d’évidentes dispositions sur les traces de son frère aîné Tyler. Il a opté définitivement pour la natation à l’âge de douze ans après avoir pratiqué aussi le football dans sa Floride natale. À 17 ans, il a décidé de faire un break de six mois sans mettre le pied dans un bassin. Dans cette période qu’il qualifie de noire, sa professeure de maths, aujourd'hui décédée, a été l'un de ses plus précieux soutiens. Ensuite, il s’est épanoui au plus haut niveau national en suivant le chemin des compétitions universitaires. En 2016, il a participé à ses premiers Jeux Olympiques à Rio, obtenant deux médailles d’or dans les relais 4x100 m nage libre et 4x100 m quatre nages.

Je ne viens pas dans les compétitions pour compter les médailles Caeleb Dressel EU

Désormais, il semble prêt à se parer de gloire sur le plan individuel tant il domine le sprint en papillon et en crawl. Il a d’ailleurs signé le troisième temps de l’histoire du 100 m nage libre (46.96) à Gwangju pour s’offrir la médaille d’or la plus convoitée. Il a ensuite battu le record du monde du 100 m papillon en 49.50, 32 centièmes de mieux que la performance de Michael Phelps qui datait d'il y a plus de dix ans. "Je marque de mon empreinte l’histoire de la natation. C’est génial. Je pourrais dire qu’à un certain moment, j’étais le meilleur, que j’ai marqué l’histoire de mon sport. C’est vraiment dingue pour un petit gars comme moi qui vient d’une toute petite ville."

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Des écarts impressionnants

Ses victoires sur 50 mètres l’ont été avec une énorme avance que ce soit en papillon : 35 centièmes devant le Russe Kostin ou en crawl 41 centièmes devant le Brésilien Fratus et le Grec Gkolomeev. Il rejette toutefois la comparaison avec Michael Phelps, préférant insister sur son côté humain. "La perfection n’existe pas", confie-t-il. "Je cherche juste à m’améliorer dans mon domaine et sur un plan personnel." Il peut même se montrer un peu anxieux comme au matin du 50 m papillon : "Mon pouls battait à 150." Il a donc fait des jeux de voiture sur son téléphone et il a relu un livre qui lui est familier depuis le lycée appelé « Zen in the martial arts. » Ses autres succès ont été obtenus lors des relais 4 x 100 m nage libre et 4 x 100 m nage libre mixte où l’équipe américaine a établi un nouveau record du monde en 4:19.40.

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Si Caeleb Dressel marque de son empreinte le monde de la natation, il n’aime rien moins que s’en échapper. Il a d’ailleurs créé une règle avec ses trois frères et sœurs qui ont tous été ou sont encore des nageurs de compétition. On ne parle pas de natation à la maison. Mais ne lui en déplaise, il devrait fort logiquement se retrouver au centre des discussions familiales lors des prochains Jeux Olympiques. En sprint et en papillon, il sera l’homme à battre !

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