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Date
20 sept. 1988
Tags
Séoul 1988

Bubka confirme sur le tard sa suprématie à la perche

Si on passe en revue la carrière de Sergey Bubka, son palmarès trace avec raison une écrasante domination.

L’impérieux perchiste ukrainien au plastron d’acier trempé, si plein de l’exubérante assurance de la bête de scène qu’il était, demeure le seul athlète titulaire de six médailles d’or successives à des championnats du monde.

Néanmoins, il y a 23 ans, dans la moiteur de cette après-midi coréenne, l’immense Bubka n’en fut pas moins quasi victime de cette tension cardiaque dont le plus haut niveau sportif a le secret.

Bubka, qui concourait alors sous la bannière soviétique, arriva aux Jeux comme le favori des favoris, quelle que soit la médaille d’or en jeu à Séoul.

Depuis cinq ans, il dominait son sport du haut de son titre de champion du monde, en un règne qui devait se poursuivre jusqu’en 1999. Le seul perchiste à avoir passé la limite magique des six mètres, si l’or lui était acquis, le concours de Séoul semblait à tous comme une compétition pour la médaille d’argent.

Mais dans le plus grand théâtre sportif, la trajectoire erratique de Bubka vers l’or olympique fut à l’origine de l’une des scènes les plus spectaculaires de l’histoire des Jeux.

Deux semaines avant les Jeux de 1984, Bubka avait établi un nouveau record du monde, mais l’absence de l’Union soviétique à Los Angeles lui déroba sa première médaille d’or.

Quatre ans plus tard, Bubka n’était pas d’humeur à accepter autre chose que la victoire.

Les augures furent mauvais pour le perchiste, qui, après deux tentatives peu convaincantes, s’en sorti avec un saut à 5,70 m, ébranlant lourdement la barre qui finalement se stabilisa. Sans rien perdre de son assurance, quelle que soit l’ampleur du spectacle, Bubka s’abstint ensuite dans les quatre hauteurs suivantes.

Quand son coéquipier Rodion Gataullin passa à 5,85 m, Bubka vit soudain les médailles lui échapper et s’évanouir son aura d’invincibilité.

Deux essais ratés à 5,90 m portèrent la tension à son comble et le perchiste battit le rappel du public dont l’attention était exigée pour prouver le champion qu’il était.

Les yeux fixés sur la barre au bout de la piste d’appel, Bubka savait que la moindre erreur le conduirait au désastre. Il tassa le sol et lança son corps entier dans les airs et sa souple silhouette passa la barre haut la main. L’or était à lui et c’est un Bubka éperdu qui hurla sa joie.

Étonnamment, pour un homme qui à 35 reprises avait engrangé les records du monde en salle et en plein air, ce devait être son premier et son seul succès olympique.

À la finale de 1992 à Barcelone, il se retirera rapidement, et une blessure au tendon d’Achille l’obligea à renoncer dans les qualifications d’Atlanta quatre ans plus tard.

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