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Date
28 déc. 2017
Tags
Actualités Olympiques , Turin 2006 , Bobsleigh , France
Turin 2006

Bruno Mingeon : "J'ai ressenti une énorme émotion"

À sa 5e participation aux Jeux d’hiver, le pilote champion du monde 1999 de bobsleigh Bruno Mingeon a eu l’honneur de porter le drapeau français en tête de sa délégation lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux de 2006 à Turin. De sa désignation à sa compétition, en passant par le grand moment vécu le 10 février 2006, il raconte…

Le 19 juin 1999 à Séoul (République de Corée), lors de la 109e Session du CIO, la ville de Turin est désignée pour organiser les XXes Jeux Olympiques d’hiver, les seconds en Italie après ceux de Cortina d’Ampezzo en 1956. Les Jeux se dérouleront à Turin même pour la plupart des épreuves de glace, et dans les montagnes frontalières de France quelque 80 km plus loin : Sestrières (où est situé un village olympique annexe), Bardonecchia, La Sauze d’Oulx, Pragelato pour les épreuves des sports de neige, ainsi que Cesana Pariol pour la piste olympique de luge, bobsleigh et skeleton. 

"Gagner quelques centièmes sur la poussée" 
Le 18 janvier 2006, le pilote de bobsleigh champion du monde en 1999 Bruno Mingeon est désigné porte-drapeau de l’équipe de France olympique. Il va disputer ses cinquièmes Jeux d’hiver, et garde un souvenir ému de toutes les cérémonies d’ouverture qui ont précédé son entrée dans le stade olympique en tête de sa délégation. Albertville 1992 : "J'ai ressenti une énorme émotion lors de la très belle cérémonie d'ouverture, ce spectacle de Philippe Découflé encore dans toutes les mémoires." Lillehammer 1994 : "Froids ! C'est mon premier souvenir. La magnifique cérémonie d'ouverture par -30° et tout le monde qui repart en courant tellement on se gelait !" Nagano 1998 : "Avant la cérémonie d'ouverture, nous avons croisé dans les entrailles du stade olympique les sumotori qui faisaient partie du spectacle. Imposants !"

Il dit aussi : "C'est un grand bonheur, une fierté qui va prendre de plus en plus d'ampleur jusqu'au jour J. Il y a beaucoup de choses qui défilent en moi à travers ce choix. Toute ma carrière, ce que j'ai réussi avec tous ceux qui m'ont soutenu, mes coéquipiers passés et présents, ma station de La Plagne qui a toujours été à mes côtés, l'encadrement...Le 10 février, quand j'entrerai dans le stade olympique de Turin avec le drapeau en mains, ce sera puissant ! Je viens de recevoir un appel du ministre, Jean-François Lamour, qui avait été porte-drapeau à Barcelone en 1992, et à nouveau médaillé ensuite. Il m'a dit que cela lui avait apporté le plus pour aller chercher cette médaille. Et je le crois ! Je fonctionne beaucoup au mental. J'espère que cette annonce va nous booster, nous faire gagner quelques centièmes supplémentaires sur la poussée."

Les Jeux Olympiques de Turin sont ouverts le vendredi 10 février 2006 par une magnifique cérémonie de deux heures et demie, pleine de rythme et de passion, qui est à la fois un hommage à la richesse de l'histoire et de la culture de l'Italie, et une grande fête en l'honneur des 2 500 athlètes des quatre-vingt pays représentés dans la capitale du Piémont pendant seize jours. Ravis de la participation des stars italiennes Carla Bruni, Sophia Loren et Luciano Pavarotti, et du chanteur anglais Peter Gabriel, qui interprète le célèbre "Imagine" de l'ancien Beatle John Lennon, étonnés par l’apparition d’une Ferrari de Formule 1 frappée des anneaux olympiques qui vient faire des "ronds" au centre du stade, dans un événement suivi par près de deux milliards de téléspectateurs, les 35 000 spectateurs réunis au stade olympique, l'ancien Stadio Comunale de la Juventus, entendent peu après 22 heures le Président de la République italienne Carlo Azeglio Ciampi déclarer "ouverte à Turin la célébration des XXes Jeux Olympiques d'hiver".

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"La plus belle des récompenses" 
La flamme olympique allumée par l'ancienne fondeuse Stefania Belmondo, qui détient à l’époque le plus beau palmarès des JO d'hiver (dix médailles) peut alors illuminer le ciel turinois, et brûler jusqu'au 26 février au soir.

Comment un porte-drapeau vit-il pareil évènement, ce moment fugace qui restera un souvenir majeur de sa carrière ? Bruno Mingeon raconte : "Aujourd'hui, en attendant le grand moment de la cérémonie, j'ai récupéré un peu après avoir dû répondre à beaucoup de sollicitations. J'ai dormi. J'avais vraiment envie d'être en forme pour ce tour de piste magique ! Avant d'entrer dans le stade, j'ai été briefé, question rythme, il suffisait de suivre la femme devant nous qui tenait le panneau 'France'."

"Je pensais vivre une grande émotion en défilant avec le drapeau en main, mais c'est passé tellement vite ! À peine le temps de lever la tête pour voir ce qui se passait autour de moi. C'est en fait juste avant d'entrer dans le stade, au moment où nous patientions, que j'ai été envahi par plein de sentiments, que toute ma carrière à défilé, tout ce que j'ai vécu. J'ai aussi reçu un coup de fil de ma famille. En tout cas, c'était super. Un moment unique que j'ai essayé d'apprécier comme il venait. Le spectacle qui a suivi, la Ferrari et tout ça, nous ne l'avons pas bien vu car nous étions massés en contrebas de la scène."

Sur la piste de Cesana Pariol, Bruno Mingeon se classe 21e en bob a deux avec Stéphane Galbert, et 19e en bob à quatre avec Alex Vanhoutte, Pierre-Alain Menneron et Christophe Fouquet. "Ma plus belle satisfaction à Turin, ma médaille d'or, cela aura été d'avoir été désigné en tant que porte-drapeau de l'équipe de France. J'ai beaucoup apprécié tout ce qui s'est passé autour, tous ces beaux reportages, ce coup de projecteur sur ma discipline. Cela a été la plus belle des récompenses, pour moi et pour le bob français !"
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