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Date
22 févr. 2018
Tags
Actualités Olympiques , PyeongChang 2018 , Skeleton , Ghana
PyeongChang 2018

Bredouille à PyeongChang, Akwasi Frimpong pense déjà à Beijing 2022

Au-delà du résultat, l’histoire du skeletoneur ghanéen Akwasi Frimpong à PyeongChang 2018 vaut surtout par l’inspiration qu’il a suscitée chez des millions de fans et ses espoirs pour l’avenir.

Avec ses pas de danse improvisés, son casque sur lequel on a pu voir un lapin échappant à un lion, métaphore de ses propres batailles contre l’adversité, son enthousiasme contagieux et son profil réconfortant, Akwasi Frimpong a conquis le public de PyeongChang. Et dire que l’affable skeletoneur de 32 ans est originaire du Ghana, pays d’Afrique équatoriale où la neige et la glace sont inconnues !

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« J’avais un triple objectif, dit Akwasi Frimpong. D’abord, faire tomber les barrières et montrer que les gens des pays chauds peuvent pratiquer des sports d’hiver. Ensuite, il s’agissait d’écrire une page d’histoire pour mon pays, afin d’inciter les enfants à sortir de leur zone de confort et à rêver. Enfin, il fallait que j’acquière de l’expérience [en skeleton]. J’ai exactement suivi ce schéma. »

Pour mémoire, Akwasi Frimpong a terminé dernier des qualifications du skeleton hommes. Pourtant, l’homme qui pratique ce sport rapide et technique depuis moins de deux ans n'avait que quelques secondes de retard, ce qui lui vaut d'éprouver une fierté bien légitime.

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« Je suis un athlète et on veut toujours être compétitif, ajoute-t-il, mais il faut aussi être réaliste. Mon ambition était de montrer que je savais glisser. »

« C’est sympa d’entendre d’autres athlètes dire : "Ça fait un an et demi que tu t’y es mis ? Eh bien, tu as un bien meilleur niveau que moi au même stade !" »

Ça inspire les gens. J’ai terminé dernier, mais personne ne le voit comme ça. En République de Corée, aux Pays-Bas, en Afrique, j’ai gagné le cœur des gens. Les Coréens ont été formidables, ils m’ont encouragé comme si j’étais médaillé d’or. Akwasi Frimpong Ghana

« Bien sûr, je ne risquais pas de briguer une médaille, mon objectif a toujours été les Jeux Olympiques de 2022. »

Beijing dans le viseur

Avec quatre années d’expérience supplémentaires en skeleton, Akwasi Frimpong croit fermement qu’il peut viser le podium aux prochains Jeux Olympiques d’hiver à Beijing.

« J’ai affronté des gars [à PyeongChang] qui pratiquent ce sport depuis au moins six ans et d’autres, depuis 12 à 18 ans. »

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« C’est un sport où l'expérience compte beaucoup et je suis tout simplement ravi d’avoir acquis cette expérience. Mon désir de gagner une médaille en 2022 est encore plus fort aujourd’hui. »

« Ça ne va pas être facile ; il m’a fallu 15 ans pour participer aux Jeux Olympiques pour la première fois. Je suis un type qui n’abandonne jamais. »

Jamais deux sans trois

Lorsqu’il était adolescent et vivait aux Pays-Bas, Akwasi Frimpong est devenu champion néerlandais junior de sprint sur 200 m, ce qui a fait naître chez lui l’ambition de représenter son pays d’adoption aux Jeux Olympiques en athlétisme.

Après avoir raté sa sélection pour l’équipe olympique de quelques dixièmes de seconde, il a jeté son dévolu sur le bobsleigh, mais a manqué d’un souffle sa qualification pour Sotchi 2014. Représenter son pays de naissance en skeleton constituait son ultime chance de réaliser son rêve.

Célébrité inattendue

« Ma vie a complètement changé, avoue-t-il. Les gens savaient un peu qui j’étais. J’avais eu droit à quelques articles. Aujourd’hui, je ne peux pas faire un pas sans être reconnu. Je ne pensais pas qu’on me saluerait comme une star de cinéma. En toute modestie, partout où je vais aujourd’hui, c’est juste de la folie. »

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Tous les regards se sont portés attentivement sur lui lorsqu’il a enfin foulé la piste de skeleton. « Je n’avais pas peur d’y aller, dit Akwasi Frimpong. Je me sentais prêt à montrer aux gens que je savais glisser, que je pouvais descendre la piste, ce que j’ai fait. Mais la pression était vraiment au rendez-vous. Je suis devenu un olympien improbable et tout le monde s’est soudainement mis à scander "Kwa-si Frim-pong, Kwa-si Frim-pong". Il y avait donc un peu de pression car le monde entier avait les yeux rivés sur moi et je ne représentais plus simplement le Ghana. »

« J’ai eu un bon entraîneur et nous sommes venus faire ce que nous devions faire. Je voulais garder un matériel aussi simple que possible. Je ne pouvais pas prendre beaucoup de risques. Nous l’avons essayé une fois à l’entraînement et ça ne s’est pas très bien passé. J’ai eu un petit accident parce qu’on avait changé certains réglages. Il a fallu qu’on revienne aux fondamentaux, l’essentiel pour moi. »

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