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Date
10 févr. 2016
Tags
Lillehammer 2016 , Actu CIO , JOJ

Bradbury et Hansen se souviennent d’une médaille historique à la veille de Lillehammer 2016

En février 1994, Steffi Graf et Pete Sampras venaient juste de remporter l’Open d’Australie, Alan Border était promu capitaine du cricket australien et l’Australie enlevait sa première médaille olympique hivernale.


Alors que la majorité des Australiens profitait de l’été autour de barbecues et des joies de la natation, 27 d’entre eux, des athlètes, avaient les pieds dans la neige à l’autre bout du monde, à Lillehammer en Norvège où ils représentaient leur pays aux Jeux Olympiques d’hiver.

Vingt-deux ans après, nous sommes en février 2016 et Lillehammer s’apprête à organiser les deuxièmes Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) d’hiver qui débuteront vendredi, sur un grand nombre de sites déjà utilisés en 1994. Et parmi les participants figurent 17 jeunes Australiens âgés de 15 à 17 ans qui seront en lice dans huit disciplines.

À l’échelle internationale, on se souvient des Jeux de 1994 comme d’un grand succès dans le fief nordique où le pays hôte avait gagné le plus de médailles. Ces Jeux sont restés les plus froids de l’histoire : lors de la journée la plus chaude, le mercure était remonté à - 20° !

Pour le sport australien, ce fut le moment où cinq camarades mirent à profit des années de dur labeur, conjurant maladies et blessures, pour devenir les premiers Australiens à monter sur un podium olympique d’hiver, après 58 ans de tentatives infructueuses.

Richard Nizielski, Andrew Murtha, Kieran Hansen et Steven Bradbury se lancèrent à la poursuite d’une médaille insaisissable en remportant le bronze du relais 5 000 m, sous les yeux de John Kah, réserviste de luxe resté sur le banc.

« C’était incroyable, un rêve qui se réalisait », se souvient Hansen, trois Jeux au compteur.

« Nous étions en compétition, en toute amitié, avec Kristi Marshall, spécialiste des sauts – et porte-drapeau - pour voir qui pouvait gagner la première médaille australienne, et nous avons été plutôt heureux d’avoir réussi. »

Les hommes sont entrés en lice à la fin de la deuxième semaine, dans l’emblématique Gjoevik-Olympic-Cavern-Hall, construit à flanc de montagne, et les athlètes comme leur encadrement ont ressenti la pression puisqu’il s’agissait de la dernière chance de médaille australienne avant quatre ans.

Les cinq patineurs avaient terminé troisièmes des Championnats du monde 1993 à Beijing et après avoir passé des années au plus haut niveau, ils ne voulaient pas laisser le podium olympique, celui qu’ils désiraient le plus, leur glisser entre les lames.

Le plus remarquable, c’est que cette médaille de bronze au relais 5 000 m a donné le coup d’envoi d’une série ininterrompue de podiums aux Jeux d’hiver, toujours d’actualité. Quant à Bradbury, il allait devenir le premier champion olympique australien d’hiver pour ses quatrièmes Jeux en 2002.

 

Il se souvient de ce moment où la conjugaison du travail acharné et d’une équipe solide a porté ses fruits à Lillehammer.

« Il nous a fallu longtemps, à nous cinq, pour en arriver là, dit Bradbury. Nous avions chuté aux Jeux d’Albertville (1992) alors que nous étions champions du monde (1991) et nous avions l’occasion de nous racheter. »

« Nous étions conscients que nous valions mieux que le bronze, mais nous avons écrit une page d’histoire. C’était géant de gagner la première médaille olympique d’hiver australienne. »

« Quand nous sommes revenus, nous avons été harcelés par les médias durant quelques semaines. Les gens nous reconnaissaient et commençaient à se familiariser avec le patinage de vitesse sur piste courte. Les regards ont commencé à se tourner vers l’Australie sur le plan des sports d’hiver. »

Bradbury était le plus jeune du groupe de relais masculin de patinage de vitesse sur piste courte, et selon lui, la plus grande force de l’équipe résidait dans les liens existant entre eux.

« Nous étions les meilleurs copains et un groupe de cinq en permanence, se souvient Bradbury avec tendresse. Il n’y avait vraiment que cinq patineurs compétitifs dans toute l’Australie, mais nous nous tirions la bourre et nous travaillions tellement dur ensemble que nous étions convaincus qu’après tous ces podiums de Coupe du monde, il nous fallait une médaille olympique. »

« John Kah n’a malheureusement pas patiné aux Jeux et n’a donc pas eu de médaille, mais il était membre à part entière de l’équipe et cette médaille, c’était aussi la sienne. »

Malgré le titre mondial, les podiums de Coupe du monde et le bronze olympique de Lillehammer, il a fallu attendre l’or de Salt Lake City pour que les amateurs de sports non hivernaux découvrent enfin Bradbury.

Ian Chesterman est l’homme qui relie les équipes australiennes de 1994 et de 2016. En 1994, il était en effet jeune chef de mission adjoint de l’équipe et cette année, c’est lui qui guidera les futures vedettes de l’Australie – qui n’étaient pas nées lors des premiers Jeux de Lillehammer ! – afin de leur permettre de vivre une merveilleuse expérience éducative sur le terrain et en dehors.

« Lillehammer occupe une place à part dans mon cœur, car c’étaient mes premiers pas avec une équipe olympique australienne », confie Chesterman.

« Il y a eu beaucoup d’exaltation lorsque nous avons vaincu le signe indien et que l’Australie a enfin gagné une médaille olympique d’hiver, lorsque notre équipe de patinage de vitesse sur piste courte a décroché le bronze. C’est certainement un moment d’anthologie de l’histoire olympique australienne d’hiver. »

Julia Moore, patineuse de Melbourne qui a eu Bradbury pour idole tout au long de sa carrière, a été sélectionnée pour représenter l’Australie à Lillehammer 2016 en patinage de vitesse sur piste courte et elle s’élancera sur cette même piste emblématique.

« J’ai vraiment admiré Steven Bradbury », souligne la jeune fille qui l’a rencontré à quelques reprises.

« J’ai lu son livre plusieurs fois. Cela m’a poussée à m’entraîner dur et je m’en suis servi pour me motiver quand j’avais besoin de tenir le coup. C’est tout simplement un garçon ordinaire qui a gagné de l’or olympique ! »

La cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver de 2016 commencera exactement 22 ans et 2 heures après ces Jeux historiques, dans le même stade de saut à ski.

Ce serait bien si la série de podiums australiens se poursuivait en Norvège, mais pour Chesterman et le Comité olympique australien, la priorité, c’est d’aider 17 jeunes Australiens à concourir à leur meilleur niveau, à devenir des ambassadeurs de l’olympisme et à inciter davantage de jeunes Australiens à poursuivre leur rêve olympique.

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