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Date
16 août 2008
Tags
Beijing 2008

Bolt électrifie à lui seul le stade du Bird Nest

Usain Bolt 100m

Quand Usain Bolt atterrit à Beijing pour les Jeux de 2008, seule une petite troupe de photographes l’accueillit à l’aéroport.

À son départ quelques semaines plus tard, le sprinteur jamaïcain avait quasiment toutes les caméras de la capitale chinoise sur les talons. Début 2008, les échotiers prédisaient un affrontement dans le 100 m olympique entre un autre Jamaïcain, Asafa Powell, alors détenteur du record du monde, et l’explosif Américain, Tyson Gay.

Powell avait en effet établi le record du monde en septembre 2007 au terme d’une course stupéfiante de 9’’74 à Rieti (Italie). Et l’une de ses rivalités classiques de sprinteurs avait alors éclaté avec Gay, de celles qui rendent l’épreuve la plus passionnante de toute.

Jusqu’à cette rencontre d’athlétisme à New York de l’été 2008 où Bolt vint jouer le chat au milieu des pigeons.
Avec la série de temps exceptionnels aux alentours de 19’’70 qu’il affichait et après avoir gagné les mondiaux juniors en 2002, Bolt passait pour le spécialiste du 200 m.

Mais un peu plus de deux mois avant Beijing il estima le moment venu de se mettre au 100 m et d’emblée prit deux centièmes de seconde au meilleur temps de Powell. La presse mondiale se pourléchait à l’idée d’une bataille à trois pour l’or entre Bolt, Powell et Gay.

Même si Gay et Powell réalisèrent des temps plus que décents aux éliminatoires et en demi-finale, c’est Bolt qui tapa dans l’œil de la foule avec son 9’’85 en demi-finale. Il courut à une allure si détendue qu’il en devint instantanément la coqueluche des gradins ravis de ses talents de bateleur que le monde entier découvrait également.

Alors que les caméras évoluaient parmi les finalistes, Bolt montra néanmoins qu’il se concentrait très sérieusement sur l’effort à venir. Et tandis que les huit finalistes prenaient leurs marques, un silence sépulcral s’empara du stade, rompu par le bruissement du gaz alimentant la flamme olympique, seul son audible en cet instant unique.
Le 9’’69 de Bolt devait s’inscrire dans le folklore olympique.

Après avoir établi sa souple cadence, à mi-parcours, il s’échappa de ses rivaux et à 80 m se frappa la poitrine d’enthousiasme, tant sa domination était absolue. Il s’avéra, comme l’indiqua le retour sur image, qu’il avait couru l’épreuve avec un soulier au lacet défait. À 21 ans, une étoile était née et avec elle sa pose victorieuse. Les Jeux n’avaient pas fini d’entendre parler de ce coureur de Kingston.
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