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Date
30 juil. 1952
Tags
Helsinki 1952 ,

Boiteux obtient l'or dans un bain de larmes paternelles

L’un des moments les plus mémorables de ces Jeux est dû à la victoire du Français Jean Boiteux, dans le 400m nage libre. On n'avait cependant encore jamais vu un tel spectacle : un homme, portant un béret basque, plonge dans le bassin à l’issue de la course pour aller embrasser le champion olympique. À ce moment-là, personne ne sait vraiment qui est le mystérieux intrus. Le béret suggère qu’il s’agit d’un Français. Soit, mais est-ce un supporter, un membre de l’équipe, un proche peut-être ?

Une fois l’étreinte terminée, l’homme se hisse hors de la piscine et on reconnaît alors le père de Jean Boiteux, aux anges. « Papa ! », s’écrie-t-il, en pointant son index vers lui-même. Peut-être savoure-t-il si particulièrement ce moment parce que la famille Boiteux sait exactement ce qu’il en coûte d’efforts pour arriver au sommet en sport, mais qu’il ne l’a jamais ressenti lui-même.

Depuis son plus jeune âge, Jean baigne en effet dans l’eau des piscines. Sa mère, Bienna Pellegry, a été une nageuse de pointe. Ella a été membre du relais 4x100m nage libre aux Jeux de 1924 et de 1928, et à chaque fois, elle a manqué le podium. Si deux cinquièmes places constituent une belle performance, cela ne vaut pas une médaille.

L’oncle de Jean, Salvator Pellegry, n’a pas connu non plus la joie d’un podium lors de ses deux courses de nage libre en 1924. En outre, aucun Français n’a encore gagné de médaille d’or olympique en natation, si bien que Jean Boiteux sait que la pression vient vers lui de toutes parts.

Sa principale épreuve, c’est le 400m nage libre, qui présente un plateau relevé puisqu’il y a aussi l’Américain Ford Konno, le Suédois Per-Olof Östrand et le jeune Sud-Africain Peter Duncan. Boiteux gage sa série puis sa demi-finale, devenant ainsi l'un  des hommes à suivre. La plupart des observateurs placent toutefois Konno en tête de leurs pronostics.

En finale, le Français prend un départ canon et maintient son avance sur Östrand, qui est deuxième. Mais il sait pertinemment que Konno est réputé pour son redoutable finish et il accélère à mi-course, portant son avance à une seconde.

Comme on pouvait s’y attendre, l’Américain se lance dans un sprint tardif pour revenir, mais Boiteux a suffisamment creusé l’écart pour conserver une demi-seconde d’avance sur Konno, battant au passage le record olympique. Derrière eux, Östrand prend la troisième place.

Boiteux obtient encore une médaille de bronze dans le relais 4x200m. Il participera à nouveau aux Jeux en 1956 et 1960, mais sans parvenir à rééditer son succès.

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