skip to content
YIS / IOC Jon Buckle
Date
13 févr. 2016
Tags
Lillehammer 2016 , JOJ , Bobsleigh , Actu CIO

Bobsleigh britannique : tel père, tel fils


Le Britannique George Johnston essaye de rester sérieux devant l’objectif. Il faut dire que son père, Lee, le taquine en permanence, et empêche le porte-drapeau de l’équipe britannique et favori du monobob de rester de marbre.

C’est une situation typique de nature à embarrasser un père, à une nuance près : âgé de 17 ans, George est le numéro un mondial junior en monobob, alors que Lee Johnston est l’entraîneur du bobsleigh de Grande-Bretagne. Lee a été un bobeur accompli et a participé à trois Jeux Olympiques d’hiver entre 1998 et 2006.

« En dehors de la piste, nous sommes père et fils, mais dès qu’on s’en approche, nous sommes entraîneur et athlète », dit George, originaire de Taunton, après la séance de photos. « Papa m’a prodigué énormément de conseils. Le principal, c’est de pousser fort et de piloter en souplesse, et d’être aussi calme que possible dans le bob. »

Comme dans toute famille liée par le sport, chez les Johnston, il est essentiel de fermer la porte à toute allégation possible de népotisme. « Quand George a manifesté de l’intérêt pour le bobsleigh, je lui ai dit qu’il devrait justifier, sans l’ombre d’un doute, sa place dans le groupe, dit Lee. Il l’a fait. Lors de tous les tests que nous avons effectués, il s’est révélé le meilleur d’un point de vue athlétique, et il est désormais classé numéro un.

« Évidemment, je passe plus de temps avec George qu’avec d’autres athlètes que j’entraîne, car à la maison, je l’aide à s’entraîner, à sprinter et à soulever des poids. Et nous avons aussi, bien sûr, des moments entre père et fils. Mais j’essaie de garder une distance respectable lors d’événements comme celui-ci. »

Lee a, on le comprend, servi de modèle à son fils après ses épopées olympiques de Nagano 1998, Salt Lake City 2002 et Turin 2006. « C’était génial de grandir en voyant mon père à la télé », dit George.

« J’ai regardé toutes ses courses, et nous sommes allés aux Jeux Olympiques de Turin en 2006, pour l’épreuve de bob à quatre. Après la course, il est venu nous chercher au milieu des spectateurs, mon petit frère et moi, et il nous a emmenés jusqu’à l’aire d’arrivée. Son meilleur souvenir a été une cinquième place aux Championnats du monde [FIBT 2007] à Saint Moritz. À partir de là, j’ai voulu faire la même chose. »

Like fatherlike son for Britains bobsledders YIS / IOC Jon Buckle

Les deux hommes s’entraînent actuellement sur une piste dotée d’un simulateur de poussée à l’université de Bath. « Ça fait plutôt drôle la première fois qu’on monte dans un bobsleigh, indique George. On est nerveux, excité, on ressent une poussée d’adrénaline. Mais plus on s’habitue, et plus on aime ça. »

« J’aimerais bien aller jusqu’au plus haut niveau. Actuellement, nous disposons d’un programme masculin costaud, mais comme j’ai commencé jeune, ce serait vraiment super si je pouvais continuer à progresser. J’aimerais intégrer l’équipe senior et viser ensuite Beijing 2022 [Jeux Olympiques d’hiver]. »

Lee est issu d’une génération de bobeurs différente. « À l’époque, c’était un sport très lié à l’armée, dit-il. J’ai servi 22 ans dans les Royal Marines et c’est comme ça que je m’y suis mis. J’adorais l’adrénaline, la vitesse, la pression, l’esprit de camaraderie. J’étais fort, rapide et puissant. »

« George est né dans un bob. Il est arrivé en 1998, quelques années après mes débuts dans la discipline. Mais je n’ai pas été un père insistant. Je l’ai aidé à s’entraîner durant toute sa vie, mais je l’ai laissé effectuer ses propres choix. Il a choisi de faire du bob et il a vraiment du talent. »

« Aujourd’hui, c’est un sport relevé et fort en Grande-Bretagne. Nous recrutons actuellement des athlètes de pointe dans le groupe senior, comme Mark Lewis-Francis, champion olympique du relais 4 x 100 m à Athènes 2004. »

« Nous nous focalisons beaucoup sur le départ, car c’est le cœur du problème pour être un bon bobeur. George mesure 1,93 m et pèse 89 kg à 17 ans, et il a donc le physique adéquat pour devenir un athlète senior très performant. »

Le monobob est une nouvelle discipline qui effectue ses premiers pas internationaux aux Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver, Lillehammer 2016. Lee se décrit lui-même comme un « bobeur de la vieille école » et préfère la dimension collective des bobs plus classiques à deux et à quatre. Mais il reconnaît que l’épreuve a apporté quelques véritables bénéfices aux athlètes plus jeunes.

« Le monobob, c’est super, car l’âge minimum pour piloter un bob à deux est d’habitude de 18 ans et il n’a pas pu être abaissé pour des raisons de santé et de sécurité, dit George. Quand vous êtes pilote, vous pouvez potentiellement blesser quelqu’un à l’arrière, et le monobob vous permet d’apprendre à piloter plus tôt, sans prendre de risques pour les autres. C’est pour moi une expérience fantastique, mais je finirai par revenir au bob à deux. »

Pour l’instant, l’objectif, c’est l’or à Lillehammer avant d’essayer d’imiter, et pourquoi pas dépasser, son père dans les rangs seniors. Terminons sur une mauvaise nouvelle pour les adversaires des Johnston : Harry, le petit frère de George qui a 12 ans, est déjà en effet fort intéressé par la discipline !

Écrit par NICK MOORE (YIS/CIO)

Nick Moore est reporter au Service d’information de la jeunesse (Youth Information Service, YIS) de Lillehammer. Journaliste spécialisé en sport et en musique depuis 20 ans, il a couvert les Jeux Olympiques de Londres 2012 et les Jeux Olympiques de la Jeunesse de Nanjing 2014. Basé au Royaume-Uni, il a collaboré à de nombreux titres, notamment FourFourTwo, The Independent, Q et The Times.

back to top En