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PyeongChang 2018

Bobsleigh à PyeongChang 2018 : suivez le guide avec Elana Meyers Taylor

Quadruple championne du monde et médaillée d’argent à Sotchi 2014, Elana Meyers Taylor n’aime rien autant que dévaler une piste de bobsleigh à une vitesse insensée. Mais pour réussir, il faut bien plus que des nerfs d’acier : la discipline réclame en effet une savante combinaison de force, de finesse de pilotage et d’équipements aux réglages millimétrés.>

"Quand le bobsleigh marche bien – mais parfois, c’est le contraire – on se sent dans la peau d’un superhéros", souligne Elana Meyers Taylor, la pilote américaine. "On a l’impression de voler. Tous les sportifs accèdent à une zone, mais on entre dans la nôtre à 95 km/h. On sent la vitesse, on sent le vent. C’est la chose la plus euphorisante que j’aie jamais faite."

À quelques encablures de PyeongChang 2018, l’enthousiasme d’Elana Meyers Taylor est palpable. Son sport est porteur d’un enthousiasme parmi les plus prometteurs des Jeux Olympiques d’hiver - et de résultats imprévisibles.

Les bases

Le bobsleigh aura lieu au Centre olympique de glisse, avec des épreuves de bob à deux, hommes et femmes, et de bob à quatre. Cette dernière spécialité est en théorie ouverte aux deux sexes et Elena Meyers Taylor a déjà joué les pionnières auparavant, en pilotant un bob mixte.

Les équipages sont composés d’un pilote et d’un freineur (plus deux pousseurs supplémentaires en bob à quatre). Le podium se décide en additionnant les temps des quatre descentes. 

La vitesse et la force sont nécessaires pour pousser le bob rapidement durant les 50 premiers mètres : c’est d’ailleurs ce qui explique que de nombreux sprinters sont passés de la piste à la glace. "Mon entraîneur travaille avec des sportifs comme  Andre de Grasse [un sprinter canadien]", souligne Elana Meyers Taylor. "Dieu merci, je n’ai pas à courir 100 m, mais nous sommes essentiellement des sprinters."

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Une fois à bord de l’engin, le pilote utilise ses talents pour négocier la trajectoire la plus rapide sur la piste. Les temps sont pris au centième de seconde.

Compétences majeures et conseils

"Le bobsleigh se résume à trois paramètres : l’équipement, le départ et le pilotage", indique Elana Meyers Taylor. "Pour gagner les Jeux Olympiques, les trois sont indispensables. C’est la raison pour laquelle Kaillie Humphries a dominé les deux derniers Jeux. En ce qui me concerne, à Sotchi, l’équipement et la poussée étaient satisfaisants mais je n’ai pas pu exprimer mes talents de pilote."

La vitesse et la puissance du pilote du freineur (qui est assis à l’arrière) dictent le départ. Une bonne alchimie est essentielle.

"J’ai testé beaucoup de freineurs cette saison", confie Elana Meyers Taylor. "Nous avons six options, mais je cherche quelqu’un qui m’inspire confiance, qui peut supporter la pression et qui soit régulier sur quatre descentes. J’ai dit à mon entraîneur que si je devais perdre toutes les courses de la saison pour atteindre mon but aux Jeux Olympiques, ce serait parfait."

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Question pilotage, Elana Meyers Taylor a travaillé son approche mentale avec un psychologue du sport. "J’étudie aussi systématiquement les virages des pistes. Le vainqueur n’est pas celui qui garde une trajectoire parfaite, c’est celui qui s’adapte le mieux. On doit contrôler suffisamment le bob pour ne pas se fracasser contre les murs, mais aussi lui donner assez de vitesse."

"Je suis plutôt du genre casse-cou et je prends beaucoup de risques. Lorsque votre visage frôle la glace pendant 800 m à 120 km/h, c’est brutal !"

Par ailleurs, les réglages des bobs sont aussi indispensables qu’en Formule 1. "La technologie est primordiale. Nous effectuons en permanence des modifications et nous essayons de nous adapter. Avoir le bob le plus rapide possible est crucial."

Bob à deux femmes

Après sa médaille de bronze à Vancouver 2010 et celle d’argent à Sotchi 2014, Elana Meyers Taylor devrait à nouveau se battre pour le podium cette année.

"Je suis déterminée à faire mieux, mais surtout à réaliser une performance dont je sois fière", dit-elle. "Quelque chose est resté en suspens à Vancouver et à Sotchi. J’ai commis des erreurs de pilotage en Russie qui m’ont coûté l’or et je m’en voudrais toute ma vie ! Mon objectif est donc de réaliser les quatre meilleures descentes de ma carrière."

"Je ne serais cependant pas la pilote que je suis aujourd’hui sans les leçons que j’ai tirées de Sotchi. Depuis, j’ai gagné deux Championnats du monde et je suis davantage préparée à faire face à l’adversité. Ce sont les Jeux Olympiques, il s’y passe toujours quelque chose de dingue, mais je suis confiante."

Elana Meyers Taylor estime également que la piste de PyeongChang va jouer un rôle. "Comme il n’y a pas eu encore beaucoup de descentes chronométrées sur cette piste, tout le monde partira à peu près à égalité. Mais on peut aussi voir un outsider réaliser une performance."

Bob à deux hommes

"Cette saison, celui qui m’a le plus impressionné, c’est le Canadien Justin Kripps", estime Elana Meyers Taylor. "C’était un freineur très talentueux, et aujourd’hui, il pilote vraiment bien. On ne peut jamais écarter non plus les athlètes lettons, ni les Allemands qui ont pour atouts majeurs des départs rapides, un excellent matériel et un pilotage supérieur. Dans l’équipe américaine, il y a aussi Justin Olsen et Codie Bascue, qui sont tous les deux rapides. Le grand favori sera cependant l’Allemand Francesco Friedrich. Je ne sais même pas combien de titres il a gagnés !"

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Bob à quatre hommes

Elana Meyers Taylor craque cependant pour le bob à quatre. "C’est le plus beau spectacle de notre sport", admet-elle. Question vitesse et degré de précision, c’est une autre planète."

Et de conclure : "La course sera très serrée. Il y a beaucoup d’équipages très rapides qui sont de même niveau en poussée, comme les Américains, les Britanniques et les Allemands."

"Francesco Friedrich sera là aussi le favori. Impossible de laisser de côté quelqu’un qui domine autant. Parfois, quand je le vois, je me dis que je monterais volontiers à l’arrière de son bob."

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