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Date
02 févr. 1980

Bill Koch - Ski de fond

Le fondeur américain Bill Koch illustra parfaitement l'esprit sportif amateur lorsqu'il arriva à Innsbruck pour les Jeux Olympiques d'Hiver de 1976, déclarant aux journalistes qu'il ne courait pas pour remporter des médailles, mais pour se faire plaisir. Il réussit à faire les deux.


Lors de la troisième course de 30 km classique de sa carrière, il réalisa une performance formidable en terminant deuxième et en décrochant la médaille d'argent. Il reste, à ce jour, le seul médaillé olympique américain en ski de fond.

Cette discipline discrète, par opposition aux compétitions plus prestigieuses comme la descente masculine, semblait convenir particulièrement au jeune homme de 26 ans sans prétention, modeste et plutôt réservé.

Il déclara aux journalistes qui l'interrogèrent en Autriche : « Je viens de la campagne et je ne fais pas du sport pour être sous les feux de la rampe. En ski de fond, vous devez vraiment être passionné parce que ce n'est pas l'espoir de devenir célèbre qui va vous motiver. Personne ne vous respecte pour le temps et les efforts que vous consacrez au sport, parce que personne ne comprend cette discipline. »

Le ski de fond est un sport éprouvant. Les athlètes courent contre la montre sur des parcours de 5, 10 et 20 km, prenant le départ à intervalles de 30 secondes dans les épreuves individuelles.

La discipline comprend des courses en style classique, où les fondeurs effectuent un pas en diagonale, et des courses en style libre, plus rapides et sans technique particulière imposée. Les athlètes sélectionnent leurs skis et leur fart en fonction de la météo (de nos jours ce choix se fait par informatique) et lorsqu'un concurrent se fait dépasser, il doit céder le passage tandis que son adversaire crie « Piste ! ».

Bill Koch, originaire du Vermont, adopta le ski très jeune. Enfant, il allait à l'école en skis, parcourant chaque jour une vingtaine de kilomètres aller-retour. Il essaya le ski alpin, mais cela ne lui plut pas, et il passa au saut à ski. Échouant à se qualifier dans l'équipe américaine pour les Jeux de Sapporo en 1972, il changea à nouveau de discipline et finit par opter pour le combiné nordique, puis pour le ski de fond. En 1974, Koch devint le premier Américain à remporter une médaille au niveau international en terminant troisième aux Championnats d'Europe Juniors.

Le sport étant dominé par la Norvège, la Suède et l'URSS, Koch espérait simplement se classer dans les 10 premiers lors du 30 km à Innsbruck, d'autant qu'aucun Américain n'avait jamais dépassé la 15ème place. Sa technique consistait à s'élancer à fond dès le départ, puis d'encaisser la douleur (qu'il comparait à une collision avec un train de marchandises) tout au long de la course, jusqu'à la ligne d'arrivée.

Sur cette épreuve, sa résistance physique et mentale lui permit de terminer moins de 30 secondes derrière le fondeur soviétique Sergei Savelyev, parcourant les 28,8 kilomètres dans la campagne de Seefeld en 1:30:57.84. La plupart des dignitaires américains présents aux Jeux manquèrent son moment de gloire, car ils assistaient alors à la performance de Sheila Young en patinage de vitesse.

Mais le jeune athlète de 20 ans n'en fut pas contrarié, et il déclara ensuite en conférence de presse : « Nous ne sommes pas habitués à avoir beaucoup de spectateurs, de toute façon. » Il ajouta : « Quand j'ai appris que j'avais gagné la médaille d'argent, j'ai été fou de joie. Je me suis dit que cela pourrait contribuer à populariser le ski de fond aux États-Unis. »

Koch ne renouvela jamais son exploit, mais il révolutionna les courses olympiques de ski de fond longue distance en utilisant la technique du skating, autrefois réservée aux marathons. Le skating fut ensuite interdit en 1983, mais il fut autorisé aux Jeux Olympiques de 1988 dans le cadre de l'épreuve de style libre.

Par la suite, Bill Koch remporta la médaille de bronze aux Championnats du Monde FIS de Ski Nordique de 1982, devenant le tout premier athlète non-européen à décrocher une médaille en ski de fond aux Championnats du Monde. Il fut le porte-drapeau américain lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques d'Hiver d'Albertville en 1992.

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