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Getty Images
Date
23 août 2017
Tags
Tokyo 2020 , Actualités Olympiques

Bienvenue dans le monde intense et instinctif de l’escalade

Force, vitesse, précision, audace… ne sont que quelques-uns des substantifs pouvant décrire cette saisissante discipline sportive qu’est l’escalade. Ce sport offre un spectacle impressionnant, et saura fasciner le public lors de ses débuts aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

« L’escalade marche à l’instinct. C’est l’une des facultés motrices de base de l’être humain », explique Marco Maria Scolaris, président de la Fédération internationale d’escalade (IFSC). « Un instinct qui nous échappe parfois, car nous n’avons plus besoin de grimper à un arbre ou à une corde pour survivre, pour fuir les animaux sauvages, comme c’était le cas il y a des milliers d’années. Mais c’est quelque chose que tout un chacun conserve au fond de lui. »

À Tokyo, les meilleurs représentants de cet art inné tenteront de décrocher une médaille olympique pour la toute première fois de l’Histoire. Trois disciplines – difficulté, vitesse et bloc – ont été fusionnées en une seule compétition pour les débuts olympiques de l’escalade.

Sport climbing IOC

Pour commencer, les athlètes auront environ six secondes pour aborder un mur artificiel de 15 m en escalade de vitesse. Ils mettront ensuite en avant leurs capacités de puissance, d’équilibre et de technique dans l’épreuve d’escalade de bloc, où ils défieront la gravité en escaladant un parcours court mais complexe. Pour finir, les grimpeurs devront tire parti de leur endurance et de leur capacité à identifier le chemin optimal sur la montée de 15-18 m, évidemment minée d’avancées redoutables, lors de l’épreuve d’escalade de difficulté.

« L’escalade, c’est l’harmonie du corps et de l’esprit. Nous nous déplaçons à la verticale, ce que les autres sports ne font pas, ajoute Scolaris. Il faut être en pleine forme physique. Il faut faire preuve de coordination. Il faut être doté de force, mais aussi savoir lire les différents obstacles que présente le rocher. »

Basée sur le dépassement de soi et sur la jeunesse, l’escalade est fière de prendre sa place auprès des autres nouvelles disciplines des Jeux Olympiques, comme le skateboard, le surf et le BMX.

IOC

L’invitation reçue pour montrer l’escalade sous son meilleur visage aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Nanjing 2014 a joué un rôle primordial pour favoriser la reconnaissance du sport dans le monde.

Les bonnes critiques et la mise en place, en 2014, de l’Agenda Olympique 2020 – le carnet de route du président du CIO Thomas Bach pour l’avenir des Jeux Olympiques – a persuadé Scolaris que la « porte était ouverte » pour faire participer l’escalade à l’événement sportif le plus important de la planète. Pourtant, il fut un temps où il était sceptique.

« Je suis l’un des instigateurs [de l’escalade sportive] en 1985 puisque j’ai organisé le premier événement international, déclare l’Italien. À l’époque, personne n’aurait imaginé qu’un jour, ce sport figurerait aux Jeux Olympiques. »

L’escalade, c’est l’harmonie du corps et de l’esprit. Nous nous déplaçons à la verticale, ce que les autres sports ne font pas Marco Maria Scolaris Président de la IFSC

Quand l’IFSC est créée en 2007, l’on remarque une hausse importante du nombre de grimpeurs qui vient fréquenter les salles d’escalade, elles-mêmes en pleine expansion. L’IFSC organise aujourd’hui des Coupes du Monde dans les trois disciplines, chez les hommes et chez les femmes, avec des titres généraux pour les grimpeurs les plus complets.

La fusion des escalades de vitesse, de difficulté et de bloc en un seul événement pour les Jeux de Tokyo 2020 ne s’est pas faite spontanément, en raison du dévouement et de la spécialisation de bon nombre des meilleurs grimpeurs au monde. Elle s’inscrit cependant dans une idée générale.

« Nous avons compris dès le départ que pour notre première participation, nous ne pourrions pas obtenir plus d’une médaille [par sexe], explique Scolaris. Cela aurait été nocif de laisser tomber des disciplines, surtout au niveau national. Si nous n’avions proposé qu’une discipline, les deux autres auraient été jetées aux oubliettes, en termes de préparatifs et de financement olympiques. »

Cela n’a pas été sans son lot de questions, bien évidemment, mais comme le fait remarquer Scolaris, il s’agit d’une « opportunité immanquable » pour laquelle les grimpeurs « ont trois ans pour s’entraîner ».

Sport climbing IOC

Le dirigeant de 58 ans a désormais hâte de faire découvrir à son sport des terres encore inconnues. Pour lui, la reconnaissance olympique et les fonds gouvernementaux qui s’ensuivront permettront d’organiser de nouveaux événements dans différents lieux, comme l’Afrique. Il est également ravi que les hôtes des JO 2020 se soient découvert une envie d’escalade.

« Les médias japonais ont subitement découvert notre sport, ont remarqué que plus d’un demi-million de personnes faisaient de l’escalade au Japon, qu’ils ont des murs partout et qu’ils pourraient bien décrocher des médailles à Tokyo 2020 », déclare Scolaris avant d’ajouter : « Certains de nos événements sont désormais diffusés en direct [à la télé] au Japon. »
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