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Date
02 févr. 2018
Tags
PyeongChang 2018, Biathlon, Actualités Olympiques
PyeongChang 2018

Biathlon à PyeongChang 2018 : suivez le guide avec Kaisa Mäkäräinen

Combinant le ski de fond et le tir, le biathlon exige de ses stars puissance et endurance, et de garder la tête froide et la main ferme. Vétérane de la discipline, la Finlandaise Kaisa Mäkäräinen, double lauréate de la Coupe du monde, a pour ambition en République de Corée d’émerger d’un peloton extrêmement performant pour décrocher sa première médaille olympique.

Pour Kaisa Mäkäräinen, la clé du succès en biathlon, c’est de ne pas séparer dans sa tête les deux éléments qui le composent. Elle reconnaît cependant que son éducation lui a donné un gros avantage dans l’un d’eux.

"Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours skié, depuis que j’ai appris à marcher", raconte la biathlète de 35 ans. Elle a grandi en allant à l’école à skis, dans un petit village du nord de la Finlande où les températures descendent souvent sous les moins 30 degrés. "Nous n’avions pas vraiment d’autres loisirs. J’ai commencé le tir à 20 ans et je suis donc bien sûr beaucoup plus forte sur les skis."

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"Ce sont des disciplines très différentes, mais j’essaie de voir le biathlon comme un sport à part entière. Elles vont de pair : si vous êtes dans de bonnes dispositions sur les skis, cela peut vous aider au tir."

Les bases

Le biathlon puise ses racines dans les techniques de chasse et de survie développées dans les forêts scandinaves, où diverses versions du sport ont été pratiquées depuis le XVIIIe siècle.

À PyeongChang 2018, il y aura 11 épreuves : le sprint, la poursuite, l’individuelle, le départ groupé et le relais pour les hommes comme pour les femmes, plus un relais mixte. Chaque épreuve correspond à une journée, à l’exception des épreuves de poursuite hommes et femmes, qui ont lieu le même jour.

Dans le sprint et l’individuelle, les athlètes partent par intervalles et s’affrontent contre la montre. Dans la poursuite, le départ groupé et les relais, le premier skieur à franchir la ligne d’arrivée décroche la victoire.

Il faut être très fort physiquement, car on a besoin que tout le corps réponde bien en ski de fond : les bras, les jambes et les muscles de soutien. Et pour tirer, il faut être solide dans sa tête. Ça demande beaucoup d’aptitudes mentales. Kaisa Makarainen

"Ces courses sont vraiment faciles à suivre : tout le monde court ensemble, ce qui permet de comprendre facilement qui est en tête", confie Kaisa Mäkäräinen. "Quand on en voit une pour la première fois, on n’a qu’une seule envie, c’est que ça recommence."

Chaque athlète skie avec un fusil attaché dans le dos et s’arrête à des points déterminés (deux ou quatre fois par course) pour tirer sur cinq cibles, en position debout ou au sol sur le ventre, qu’on appelle couché. Dans l’épreuve individuelle, les athlètes sont pénalisés d’une minute par cible manquée, tandis que dans toutes les autres épreuves, ils doivent parcourir une boucle de pénalité de 150 mètres pour chaque tir raté.

"Même si des favoris peuvent se dégager, on ne connaît jamais le résultat à l’avance", déclare Kaisa Mäkäräinen. "On ne sait jamais comment les athlètes vont se comporter au tir, alors que certains des meilleurs tireurs ne sont pas très performants sur les skis. C’est donc vraiment spectaculaire."

Compétences majeures et conseils

Ainsi que le précise la Finlandaise : "Il faut être très fort physiquement, car on a besoin que tout le corps réponde bien en ski de fond : les bras, les jambes et les muscles de soutien. Et pour tirer, il faut être solide dans sa tête. Ça demande beaucoup d’aptitudes mentales."

"Nous tirons entre 15 000 et 20 000 coups par an, mais il y a beaucoup de paramètres qui interviennent en course et qui sont difficiles à recréer à l’entraînement : la pression, l’acide lactique et la fatigue notamment."

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Sprint (10 km pour les hommes, 7,5 km pour les femmes)

Tous les athlètes sont en lice et partent par intervalles de 30 secondes ou d’une minute. Ils s’arrêtent deux fois pour tirer (une fois couché, une fois debout).

"On se bat davantage contre soi-même dans cette épreuve", indique Kaisa Mäkäräinen. "C’est assez intense, parce que c’est la distance la plus courte. On sait que si on obtient un bon résultat, on partira en bonne position dans la poursuite."

Poursuite (12,5km hommes, 10 km femmes)

Les 60 premiers du sprint s’affrontent dans cette épreuve. Les départs s’effectuent dans l’ordre du classement et sont échelonnés en fonction du retard concédé lors de la première épreuve. Il y a quatre arrêts au pas de tir (couché, couché, debout, debout).

"Le dernier tir est très important, car on connaît sa position avant la dernière boucle et il faut se donner à fond", explique Kaisa Mäkäräinen. "La pression est plus forte sur les leaders, car ceux qui se trouvent juste derrière en embuscade peuvent soudain réaliser un sans-faute au tir et saisir leur chance."

Individuelle (20 km hommes, 15 km femmes)

Tous les athlètes sont en lice et partent à intervalles de 30 secondes ou d’une minute. Quatre passages au pas de tir sont prévus (couché, debout, couché, debout).

"Même si c’est la plus longue distance, c’est surtout une compétition de tir, car si on manque une cible, on est pénalisé d’une minute de temps supplémentaire. C’est vraiment énorme, car les écarts en ski entre les meilleurs athlètes ne sont pas aussi importants. Il y a souvent des vainqueurs inattendus dans cette épreuve."

Départ groupé (15 km hommes, 12,5 km femmes)

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Seuls 30 athlètes peuvent s’aligner dans cette épreuve (sur la base des trois premières épreuves et du classement de la Coupe du monde). Le départ s’effectue en ligne et les concurrents s’arrêtent quatre fois pour tirer (couché, couché, debout, debout).

"Il faut être fort physiquement, car à ce stade, beaucoup d’athlètes sont fatigués. Dans la première boucle, on peut être victime d’une collision, casser des bâtons, etc., et cela peut s’avérer délicat", confie la biathlète finlandaise.

Relais (4 x 7,5 km hommes, 4 x 6 km femmes) et relais mixte (2 x 6 km femmes + 2 x 7,5 km hommes)

Chaque athlète s’arrête deux fois au pas de tir et dispose de trois balles supplémentaires à chaque arrêt (les pioches), qu’il doit charger si nécessaire. Dans le relais mixte, les deux femmes de chaque équipe effectuent les deux premiers tours.

"Dans cette épreuve, des pays de second plan peuvent parfois tirer leur épingle du jeu si leur premier athlète réalise un bon relais", souligne Kaisa Mäkäräinen. "Ses partenaires peuvent en effet bénéficier d’une énergie positive et se dire que si leur camarade a bien marché, eux aussi peuvent y arriver."

"Le relais mixte est une bonne chose pour des petits pays comme la Finlande, qui ne comptent pas beaucoup d’athlètes. C’est l’épreuve que je préfère."

Un plateau relevé

Kaisa Mäkäräinen, qui a remporté un titre mondial de poursuite en 2011 et compte cinq autres podiums aux Championnats du monde, est actuellement en tête de la Coupe du monde. Elle espère bien obtenir un nouveau sacre sur le circuit de Coupe du monde, après ceux de 2011 et 2014. Toutefois, lors de ses deux participations olympiques, à Vancouver 2010 et Sotchi 2014, elle n’a pu faire mieux qu’une sixième place dans le départ groupé en Russie.

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"J’espère que je pourrai poursuivre ma série de bons résultats en Coupe du monde, indique-t-elle, mais la compétition est vraiment très serrée en biathlon féminin et il faut connaître une journée parfaite."

Elle estime que la Biélorusse Darya Domracheva, triple médaillée d’or à Sotchi, la Slovaque Anastasiya Kuzmina, qui est en lice pour un triplé olympique en sprint, l’Allemande Laura Dahlmeier, qui a remporté cinq médailles d’or aux Championnats du monde l’an dernier, et l’Italienne Dorothea Wierer, actuellement troisième de la Coupe du monde, seront ses principales rivales.

"Je pourrais aussi citer 15 à 20 noms pour le podium", ajoute-t-elle. "Il y a beaucoup de filles fortes et les différences sont infimes. On risque donc de voir encore de nouvelles lauréates."

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