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Date
03 sept. 1960
Tags
Rome 1960

Berrutti surmonte sa nervosité au 200 m et devient la coqueluche de Rome

Poussé par son public, n’importe quel athlète est capable de trouver l’inspiration. Certains se sentent pousser des ailes sur la piste, sautent un peu plus haut et lancent quelques centimètres plus loin, grâce à l’énergie positive envoyée par les spectateurs.


Cela peut aussi, bien sûr, devenir un handicap : l’histoire des Jeux Olympiques regorge de ces athlètes écrasés par la pression alors qu’ils essayaient de faire plaisir à leurs supporters. Mais lorsqu’il s’agit d’une source d’inspiration, d’une vraie, le soutien du public peut parfois permettre d’accomplir des performances incroyables.

Dans le 200 m masculin, l’Italie était représentée par Livio Berruti. À l’époque, il est étudiant en chimie et ne passe pas inaperçu avec ses lunettes noires, ses chaussettes blanches et sa détermination enjouée.

Berruti n’est cependant pas un parfait inconnu. Un an plus tôt, il a battu le favori des Jeux, l’Américain Ray Norton, et lors du premier tour à Rome, il signe le meilleur temps en 21’’. De l’avis général cependant, c’est Norton qui devrait décrocher le titre.

Au deuxième tour, l’Italien va encore plus vite, puisqu’il est chronométré en 20’’8, un temps que personne ne peut améliorer. Il n’est cependant pas gâté par le tirage au sort des demi-finales, puisqu’il se retrouve opposé à trois hommes qui ont égalé le record du monde en 20’’5 : Norton et son compatriote Stone Johnson, et le Britannique Peter Radford.

Qu’à cela ne tienne, Berruti les ramène tous trois à la raison en égalant ce chrono record de 20’’5 pour décrocher son billet pour la finale du 200 m dont est privé Radford, au terme d’une demi-finale plus rapide que l’éclair : dernier en 21’’, le Français Paul Genevay aurait terminé troisième et se serait qualifié pour la finale s’il avait couru dans l’autre demi-finale.

Du coup, à Rome, on ne parle plus que de la forme étincelante de Berruti qui commence à ressentir la pression. Il ne peut même pas descendre s’échauffer sur la piste, laissant le public se poser des questions à son sujet. Finalement, un quart d’heure avant la finale, il fait son apparition dans une immense clameur.

Berruti effectue un magnifique virage et pénètre dans la dernière ligne droite avec un mètre d’avance sur Johnson qui commence à faiblir. À la place, c’est un autre Américain, Les Carney, qui se révèle son adversaire le plus dangereux, mais Berruti tient la forme de sa vie et ne s’en laisse pas conter. Il franchit la ligne d’arrivée, s’écroule par terre et savoure les applaudissements du public. Il est le premier coureur non Nord-Américain à être sacré champion olympique du 200 m.

Les applaudissements durent encore cinq minutes et il n’y a pas ou presque une personnalité italienne dans le stade qui ne le sollicite pour l’embrasser.

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