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Autonomisation des femmes par le sport, la très belle initiative de Carolina Joly, jeune leader du Panama

Carolina Joly Carolina Joly
En cette Journée internationale de la fille, la jeune leader, Carolina Joly, fait part des raisons qui l’ont incitée à mettre sur pied son projet baptisé ‘‘Bouger pour s’améliorer’’ (‘‘Move to improve’’), lequel a pour but d’aider les femmes de son pays d’origine, le Panama, à s’émanciper. Elle explique également comment elle est parvenue à maintenir le projet en activité malgré la pandémie de COVID-19.

L’un des axes prioritaires sur lesquels se concentre cette Journée internationale de la fille 2020 est celui du droit de vivre une vie exempte de violences sexistes et de pratiques néfastes, thème qui se trouve justement au cœur même du projet de Carolina Joly. Son initiative “Bouger pour s’améliorer” encourage les femmes panaméennes, en particulier celles qui ont été victimes de violences domestiques et d’abus, à prendre conscience de leur corps et à bouger en suivant le rythme enrichissant du sport.

Ce projet associe les deux passions qui motivent Carolina : le sport et la volonté d’aider les femmes à s’émanciper. En ces temps difficiles, il s’agit donc d’une initiative encourageante et d’une histoire qui ne fait que commencer, comme le dit son initiatrice.

“Ce que nous voyons dans les pays comme le mien est le fait que les femmes ne disposent pas d’une plateforme pour s’exprimer, étudier et entreprendre des choses”, déclare Carolina Joly, en expliquant les raisons qui sont à l’origine de ce projet, lancé il y a maintenant deux ans. “D’innombrables femmes sont passées par des moments tellement difficiles qu’elles ne se soucient pas d’avoir une plateforme à disposition. Elles veulent simplement se sentir mieux et aller de l’avant, élever leurs enfants et gagner leur vie.”

“À leurs yeux, il n’est pas important d’être en meilleure santé, de faire de l’exercice, de s’améliorer ou de s’émanciper. Par conséquent, si je peux offrir à ces femmes une meilleure vie, l’espace de quelques heures, en leur enseignant ce que je connais, c’est-à-dire le sport, alors je tiens vraiment à le faire.”

Le résultat de cette initiative consiste donc en deux séances hebdomadaires de trois heures de sport chacune, organisées le samedi et le dimanche matin, afin de garantir qu’un nombre aussi élevé que possible de ces femmes puisse y participer. Les séances se succèdent sur une période de sept semaines. Les principales disciplines enseignées sont la boxe, le taekwondo et l’escrime. Les cours sont donnés par des entraîneurs de haut niveau. De plus, des nutritionnistes et même des médecins sont présents sur place pour des consultations gratuites.

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Trouver d’autres solutions en ligne

Malheureusement, les restrictions imposées du fait de la pandémie de COVID-19 ont rendu impossible l’organisation de cours en salle. Mais il en fallait plus pour décourager Carolina, qui a su trouver d’autres brillantes solutions. Elle a, en effet, lancé une réunion mensuelle virtuelle rassemblant des femmes, afin de continuer à les autonomiser et à leur apporter un soutien moral, cela avec la participation d’experts en la matière. De plus, elle a mis sur pied un programme hebdomadaire d’activité physique en ligne.   

“Nous offrons aux participantes des exercices en ligne trois jours par semaine et diffusons chaque vendredi des vidéos réalisées par notre psychologue, qui fait des présentations sur les thèmes de l’autonomisation et de la santé mentale. Nous avons récemment eu jusqu’à 55 participantes dans le cadre de nos réunions mensuelles, ce qui nous réjouit et nous sommes très reconnaissants face à cet intérêt”, déclare Carolina Joly.

Suivre l’exemple d’autrui, puis devenir à son tour un exemple pour d’autres  

Carolina n’a pas eu besoin de chercher l’inspiration bien loin, lorsqu’elle a décidé de faire de ses rêves une réalité.

“J’ai lancé ce projet, parce que je viens d’une famille dans laquelle ma mère est la cadette de dix enfants, dont huit sont des femmes, et toutes exercent une profession”, explique-t-elle. “Elles sont médecins, avocates, enseignantes et nous ont donné à nous, leurs fils et filles, la possibilité de faire énormément de choses.”

“Pour moi, l’exemple le plus important a été celui de l’aînée de mes tantes. Elle n’a pas pu terminer sa scolarité, car elle devait s’occuper de ses frères et sœurs plus jeunes, puisque ma grand-mère n’arrivait pas à prendre soin seule de toute la famille. Cette tante a donc sacrifié son temps et ses études en faveur des autres membres de la fratrie. Pour moi, elle est le meilleur exemple qui soit, car elle a donné aux autres la possibilité de devenir autonome.”

Il ne fait aucun doute que la tante dont il est question est aussi très impressionnée par sa nièce. Carolina a créé un projet qui fait une réelle différence dans la vie de femmes qui ont vraiment besoin d’aide, cela en particulier grâce à la collaboration instaurée par l’équipe de “Bouger pour s’améliorer” avec l’Institut national des femmes basé dans la capitale, Panama.

“Il existe des centres d’accueil et de réadaptation pour les femmes qui ont subi des violences domestiques. Notre tâche est de leur tendre la main et de leur dire : “C’est bon, venez faire un peu de sport avec nous”, explique Carolina.


Son rêve pouvoir élargir le projet

Lors du lancement du projet “Bouger pour s’améliorer” en 2018, sept participantes avaient assisté à la première séance. Mais malgré ces débuts “modestes”, Carolina ajoute avec plaisir que 40 femmes ont conclu avec succès le premier cours de sept semaines, organisé en 2018, lesquelles ont été suivies par 79 participantes en 2019.

Ce qui réjouit particulièrement Carolina est de constater les changements que le cours suscite chez les participantes, cela malgré les expériences très lourdes qu’elles ont vécues.

“Durant la première séance, toutes les participantes sont très silencieuses et discrètes, personne ne pose de question. Mais déjà lors de la troisième séance, on entend des femmes crier parce qu’elles ont réussi à donner un vrai bon coup de pied de taekwondo”, explique Carolina avec un rire communicatif.

“Au fur et à mesure que les séances se succèdent, ces femmes commencent à gagner en confiance et nous parlent aussi des épreuves qu’elles ont traversées. Et c’est non sans fierté que nous pouvons même affirmer être les entraîneurs d’une grand-mère, de sa fille et de sa petite-fille. Je parlais récemment à une jeune femme de 18 ans, enceinte de son cousin qui l’a violée. Voilà le genre de vécu auquel nous devons faire face.”

Après avoir travaillé durant sept ans au sein du Comité National Olympique du Panama et œuvrant maintenant dans le cadre du comité d’organisation local pour les Jeux d’Amérique centrale et des Caraïbes de 2022, Carolina a choisi de se concentrer sur la boxe, le taekwondo et l’escrime, car le Panama a envoyé trois athlètes qualifiés dans ces trois sports aux Jeux de Rio 2016. Le choix de ces trois disciplines s’est d’ailleurs avéré judicieux, puisque les participantes au projet “Bouger pour s’améliorer” ont déclaré apprécier le mélange d’agressivité, de finesse et d’intelligence, requis par chacun de ces trois sports.  

“Mon rêve est de voir cette initiative devenir un projet d’envergure nationale,” ajoute Carolina. “Je suis convaincue que d’autres communautés de notre pays ont réellement besoin de ce genre de programme.”

Autonomiser les jeunes leaders

Lancé en 2016, le programme des jeunes leaders du CIO a pour but de donner aux jeunes la possibilité de créer des changements positifs dans leur communauté respective, grâce au pouvoir du sport. Dans le cadre du programme des jeunes leaders, les candidats doivent soumettre un projet qui s’appuie sur le sport, afin de créer un monde meilleur au sein de leur propre communauté. Un montant maximum de 5 000 CHF est alors alloué aux meilleurs projets, à titre de financement de départ, et les projets doivent se conformer aux thèmes fixés, soit une vie saine et active, l’inclusion, la durabilité, ainsi que la paix et le développement.  

À ce jour, le CIO a déjà financé 116 projets, tels que celui de Carolina, répartis dans le monde entier et, grâce à l’aide de ces infatigables jeunes leaders, plus de 25 000 personnes ont déjà bénéficié des retombées de ce programme, soutenu financièrement par Panasonic, partenaire TOP du CIO.  

Journée internationale de la fille

En 2011, l’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré le 11 octobre Journée internationale de la fille, cela afin de reconnaître les droits des filles et faire état des obstacles auxquels elles se heurtent de par le monde.

Cette journée internationale revêt cette année un caractère encore plus symbolique, alors que le monde entier fête le 25e anniversaire de l’adoption de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, document qui a marqué une avancée sans précédent, en reconnaissant le rôle essentiel joué par le sport dans l’émancipation et l’autonomisation des femmes et des filles. 

Panasonic Young Leaders

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