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Date
26 juil. 1952

Aucun obstacle n'arrête Dillard pour reprendre l'or

Harrison Dillard a puisé son inspiration à la source d’un autre sprinter américain célèbre, le légendaire Jesse Owens. Dillard commence à avaler les haies dès son plus jeune âge. Il sprinte dans les allées, en utilisant de vieilles pièces de voitures en guise d’obstacles. Owens devient alors son mentor et lui offre la paire de pointes avec laquelle il s’est illustré aux Jeux Olympiques de 1936 à Berlin.


Avant 1952 toutefois, Dillard est déjà une star en bonne et due forme, même si cela lui vaut de vivre une curieuse situation à son arrivée à Helsinki. Il est le tenant du titre sur l’épreuve reine du 100m, mais ses références sont encore meilleures sur 110m haies.

Quatre ans plus tôt, favori pour le titre olympique sur les haies hautes, il a chuté lors des sélections américaines et n'a donc pas été retenu comme hurdler. À la place, il s’est concentré sur le sprint et a fini par remporter le 100m. Pour beaucoup d’athlètes, cette victoire aurait constitué le sommet de leur carrière. Mais Dillard, lui, a quelque chose à se prouver.

Le 110m haies reste son premier amour et il décide de se concentrer sur la distance, en renonçant à défendre son titre du 100m. Sa décision va payer puisqu’il se qualifie pour la finale où il sait que le danger viendra principalement de deux de ses compatriotes : Jack Davis et Art Barnard.

La veille de la finale, Davis se voit offrir un sweat-shirt qui a déjà été porté par trois de ses compagnons de chambre. Chacun d’entre eux a remporté la médaille d’or, mais Davis décline l’offre. Avec le recul, peut-être aurait-il pu s’accommoder d’un soupçon de chance.

Le jour de la finale, Davis rate son départ. Dillard est déjà en tête, mais Davis revient sur lui jusqu’à la neuvième haie, que Davis survole. Les deux coureurs franchissent la ligne dans le même temps – 13’’7 –, mais c'est Dillard qui hérite de la victoire après examen de la photo d'arrivée.

Dillard saute de joie tandis que Davis regrette amèrement sa décision d’avoir refusé le sweat-shirt. « Je ne peux pas m’empêcher de penser, dira-t-il plus tard, que si je l’avais porté, j'aurais gagné la médaille d'or. »

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