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Date
04 août 1948
Tags
Londres 1948

Arthur Wint - Athlétisme


Les favoris ne l’emportent pas toujours. Demandez seulement au Jamaïcain Herb McKenley qui, pour la plupart des gens, hormis peut-être lui-même, devait décrocher l’or du 400 m en 1948. Chaque fois sa réponse était la même : le vrai favori était bel et bien un Jamaïcain mais c’était Arthur Wint et pas lui, disait-il qui était l’homme à battre.

Wint avait 28 ans lors des Jeux, une silhouette démesurée qui lui valait le surnom de gentil géant. Il était également le favori de son public national grâce aux nombreuses connexions de la Jamaïque avec la Grande-Bretagne. Sa mère était écossaise et il s’était enrôlé dans la Royal Air Force durant la Seconde guerre mondiale. Formé au Canada (où il avait établi le record du monde du 400 m), il avait ensuite été renvoyé en Europe comme pilote de chasse et était devenu capitaine.

Après la guerre, il était resté en Angleterre et, au moment des Jeux Olympiques, accomplissait sa médecine à l’hôpital de St Bartholomew à Londres, tout en poursuivant son entraînement attaché à divers clubs de la capitale, prenant part à des courses et ses performances demeuraient remarquables. Pour les Jeux à Londres, il avait été désigné capitaine de l’équipe Jamaïcaine.

Il s’aligna dans le 400 m et le 800 m. Dans cette dernière course, il s’effaça devant l’Américain Mal Whitfield et dut se contenter de l’argent, ce qui le détermina à ne pas lui laisser la place dans la course à un tour. Seul McKenley pourrait le battre et personne d’autre, pensait-il.

En fait, McKenley mena tout d’abord après son départ en flèche qui était sa marque de fabrique puis commença à s’effacer. Wint en profita pour se propulser en avant et rattraper son ami et rival. À 20 mètres de l’arrivée, il le dépassa et remporta la course par une marge confortable. C’était la première médaille olympique d’or de la Jamaïque.

Une deuxième aurait pu suivre dans le 4 x 400 m, mais par une malchance des plus cruelle, courant dans le troisième segment, et désespéré de battre l’équipe américaine, Wint se claqua un muscle et les Jamaïcains durent se retirer. Il leur faudrait attendre quatre ans supplémentaires pour obtenir le succès dont ils rêvaient tant.

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