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Ubald Rutar IOC
Date
16 févr. 2016
Tags
Lillehammer 2016 , JOJ , Actu CIO

Apprendre à surmonter les obstacles pour aller au sommet : discussion avec les champions !


La médaillée d’or (2010) et de bronze (2014) en bosses Hannah Kearney (USA), son compatriote Ross Powers, champion olympique en half pipe snowboard à Salt Lake City en 2002. la co-gagnante suisse de la descente des Jeux de Sotchi 2014 Dominique Gisin et le triple champion olympique français du canoë slalom Tony Estanguet, ont participé dimanche 14 février à la séance  de « discussion avec les champions » organisée à Lillehammer dans le cadre du programme Apprendre et Partager, devant de nombreux jeunes athlètes. Le thème était « Surmonter les obstacles pour devenir un grand champion ».

La première question sur laquelle ils sont amenés à partager leur expérience, est celle du mental.  « Au départ, les jeunes pratiquent leur sport de façon naturelle », explique Dominique Gisin. « Plusieurs choses importantes arrivent toutes seules, comme tomber amoureux de son sport, puis devenir obsédé en pensant dès le matin « que dois-je faire pour m’améliorer ? », la même chose quand on va se coucher et aller jusqu'à en rêver ! Et puis on progresse, et dès qu’on a tout réuni, sur un plan physique et technique, on peut travailler plus intensément sur l’aspect mental ». Hannah Kearney dévoile pour sa part un « truc » bien à elle : faire semblant d’être rempli de confiance face à ses adversaires. Elle explique également que s’entraîner intensément, faire du physique dans les gymnases, apporte un supplément de confiance au moment de courir, car « On sait qu’on a fait tout ce qui était possible ».

Tony Estanguet rebondit : « Il y a un temps pour se préparer à la performance, pour analyser tout ce que vous devez faire,  et il y a le temps de l’action. Quelques secondes avant le départ, il faut passer à autre chose, se dire « OK, je peux y aller, je suis préparé, j’ai confiance en moi, je suis capable de  le faire ».

Rebondir après un échec ou une blessure

Les quatre champions olympiques sont ensuite interrogés sur les blessures et sur les échecs, et sur la façon de les surmonter. « J’ai été blessée si souvent dans ma carrière. Je pense qu’il est important d’en passer par là, il faut se donner le temps de se sentir déçu, dévasté », explique Dominique Gisin. « Si on n’est pas dévasté quand on a fait des erreurs ou quand on est blessé, il vaut mieux arrêter !  C’est OK de se sentir mal, mais il y a un moment où il faut aller de l’avant, se relever, trouver la force de suivre son rêve. Peu importe si c’est difficile, cela vaut tellement la peine de se battre pour ses rêves et pour ses émotions  ! ». Ross Powers insiste sur le fait que les déceptions sont inévitables quand on travaille dur et que l’on n’atteint pas ses objectifs. « Il faut prendre le bon et le mauvais, et construire là dessus.  Si on s’est correctement entraîné, si on bien travaillé le physique au gymnase, si on sait qu’on est fort, on a le potentiel de réussir ».

Tony Estanguet et Hannah Kearney ajoutent en coeur que les échecs et les blessures peuvent être une clé pour rebondir et pour aller plus loin. Ils permettent de constater à quel point on aime son sport, de voir d’une autre manière les efforts faits à l’entraînement, de se remette en question pour revenir encore plus fort. Mais Dominique Gisin, qui a subi 9 blessures au genou, ajoute : « Je ne souhaite à personne de se faire le genou comme moi. Allez vite au stand de prévention des blessures ! »

On demande à Tony Estanguet quel a été son meilleur moment, et il réagit sans hésiter : « Mes premiers Jeux à Sydney en 2000. Et cette cérémonie d’ouverture qui m’a apporté l’étincelle, ce truc si spécial qui m’a ensuite permis de devenir champion olympique ». Ross Powers répond à la question de savoir s’il a toujours rêvé de devenir un olympien.  « En fait, non. J’étais dans le snowboard, qui n’était même pas olympique, jusqu’à ce que j’ai 18 ans.  Mais J’ai toujours été dans le sport. Cyclisme, football, natation, ski, snowboard, j’ai grandi avec ça,  puis j’ai eu la chance de devenir un olympien. Une expérience fabuleuse ». Approche différente pour Dominique Gisin, qui a grandi en admirant les exploits de l’immense Vreni Schneider, son idole, et qui a voulu suivre ses traces. « A 11 ans, j’ai gagné une course et c’est elle qui m’a remis ma médaille. Je voulais devenir comme elle. Je n’ai pas réalisé 1/1000e de ce qu’elle a fait, mais c’était si génial de poursuivre ce rêve ! »

Le sport, ce n’est pas que gagner

Enfin, une jeune ambassadrice grecque demande à connaitre leur message pour des athlètes qui n’ont aucune chance de remporter une médaille hivernale. Hannah Kearney explique que le sport, ce n’est pas que gagner. D’ailleurs, « Cet espace « Apprendre et partager » est la chose la plus cool que je n’ai jamais vu, car on apprend de quelle manière utiliser le sport dans différents domaines et les opportunités de carrière, la technologie, les dangers du dopage, le fair-play et d’autres choses, pour tous les gens qui aiment le sport. Sans forcément essayer de gagner une médaille d’or olympique ».

Dominique Gisin conclut sous les applaudissements : « Vous souvenez vous de cet athlète du Kenya qui a couru en ski de fond en 1998 et que tout le monde attendait à l’arrivée ? Je viens d’avoir une discussion fantastique avec lui. Le sport c’est beaucoup plus que gagner. C’est une école pour la vie. Je n’ai jamais rêvé du podium à Sotchi ou de médaille d’or. J’ai rêvé de voyager avec mes coéquipiers, de courir par -37° à Lake Louise, d’aller dans les hôtels les plus fous au monde,  de dormir à 8 dans la chambre avec les valises entassées dans un coin. C’était mon rêve. C’est cette expérience et cet état d’esprit que j’emmène avec moi pour le reste de ma vie. C’est ça le  sport : les expériences, l’émotion. Peu importe où cela vous emmène, si vous repoussez vos limites, et si vous vous éclatez à le faire, ça en vaut la peine ».

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