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2018 Getty Images
PyeongChang 2018

Slalom masculin : Andre Myhrer en opportuniste

Après l’immense coup de massue que fut l’élimination de Marcel Hirscher en première manche, un boulevard s’ouvrait devant le surdoué norvégien Henrik Kristoffersen. Celui-ci n’a pas réussi à en profiter et il est sorti du tracé dès le sommet de la deuxième manche. C’est le vétéran suédois Andre Myhrer, 35 ans, deuxième de la première manche, qui en profite pour s’adjuger sa plus belle victoire sur la piste de YongPyong. Le grand Suisse Ramon Zenhaeusern prend la deuxième place grâce à une deuxième manche de feu devant l’Autrichien Michael Matt, le frère du champion olympique 2014.

Quel scénario ! Aucun pronostiqueur n’aurait pu imaginer un double effondrement des grands favoris Marcel Hirscher et Henrik Kristofffersen. C’est pourtant ce qui s’est passé sur la difficile piste de YongPyong. En route pour une troisième médaille d’or à ces Jeux de PyeongChang, Marcel Hirscher s’élance peu après 10 heures sous un beau soleil. Mais très vite, son rythme est un peu haché et après deux erreurs successives qui le font partir en arrière, il se retrouve éjecté du parcours. Dans les gradins s’est un cri de stupéfaction. L'Autrichien ne parviendra pas à égaler Toni Sailer et Jean-Claude Killy, triples médaillés d’or olympiques dans cette discipline à Cortina et à Grenoble.

« J’ai senti dès l’échauffement que ce ne serait pas une bonne journée, a-t-il commenté. Je ne suis même pas tellement déçu. C’est vrai qu’avec les skis de slalom, j’ai du mal à m’exprimer sur des neiges aussi agressives. »

Getty Images
Kristoffersen remporte la première manche

Avec une première manche gagnée avec 21 centièmes d’avance sur Andre Myhrer, Henrik Kristoffersen semble bien parti pour s’offrir une première médaille d’or aux Jeux après le bronze du slalom à Sotchi et l’argent du géant à PyeongChang. Sur le deuxième tracé, très technique avec des conditions un peu moins ensoleillées et beaucoup plus de vent que le matin, tout le monde prend des risques. Michael Matt, l’Autrichien, le frère du champion olympique de Sotchi, douzième de la première manche est parfait d’attaque et de fluidité, il signe le meilleur temps de la manche en 47.66. Il est devancé quelques instants plus tard par le géant Ramon Zenhaeusern, 2 mètres, qui marque les esprits en signant un chrono qui l’installe en tête un long moment. C’est finalement le Suédois Andre Myhrer qui va lui prendre la première place avec la régularité qui le caractérise. A 35 ans, même s’il a gagné le classement de la coupe du monde de la spécialité en 2012, il n’a jamais particulièrement brillé lors des grands championnats. Une seule médaille de bronze obtenue à Vancouver est un résumé un peu succinct pour un tel talent et une telle longévité.

Michael Matt (Getty Images)
Devant le roi de Suède

Henrik Kristoffersen s’élance alors mais comme Hirscher, on le sent en surrégime et très vite il part à la faute. Incrédule, il hésitera même à remonter mais c’est trop tard. Le champion olympique est suédois et non Norvégien. « J’étais un peu en retard sur cette épingle à cheveux, a-t-il expliqué. Et sur la porte suivante, j’étais trop large et ma chaussure à heurté la neige. Je me suis vite relevé mais si je n’avais pas eu le piquet entre les jambes ça aurait pu aller. » Au bas de la piste, le roi de Suède Charles XVI de Suède n’en rate pas une miette. Il sera un des premiers à féliciter le nouveau héros qui succède à Ingemar Stenmark, le dernier Suédois sacré en ski alpin à Lake Placid en 1980. Du haut de ses 35 ans, Andre Myhrer devient le slalomeur le plus âgé à remporter l’or olympique après les 34 ans de Mario Matt, il y a quatre ans. « Je pense que l’expérience a joué en ma faveur. Ce sont mes quatrième Jeux et j’ai une certaine routine, a-t-il expliqué. Aujourd’hui, j’ai essayé de prendre du plaisir et de laisser mon cœur sur la piste. »

Ramon Zenhaeusern (Getty Images)

Ramon Zenhaeusern, le Suisse, signe le meilleur résultat de sa carrière même s’il avait remporté il y a quelques semaines le slalom parallèle de Stockholm. « C’est incroyable, a-t-il déclaré. C’est ma première conférence de presse. C’est comme un rêve. En Europe, c’est tôt le matin et moi je suis en train de me réveiller. »

Côté français, le résultat collectif est beau mais un peu frustrant : Clément Noël, Alexis Pinturault et Victor Muffat-Jeandet terminent respectivement 4e, 5e et 6e.

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