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Date
02 juin 2015
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Actu CIO

Anatomie d’un volleyeur

Lorsque l’Américain William G. Morgan crée le volleyball en 1895 , il le conçoit comme une version douce et moins intense du basketball. S’il est vrai qu’il n’y a aucun contact physique entre adversaires en volleyball, le sport n’en est pas moins considéré aujourd’hui comme l’un des plus rapides et des plus gourmands en énergie du programme olympique.


Au plus haut niveau, les volleyeurs (et bien entendu les volleyeuses aussi) sont des athlètes hors pair. Lorsque le volleyball est pratiqué sur de longues périodes, sa nature explosive et le nombre incroyable de mouvements rapides qu’il nécessite pour récupérer le ballon et le remonter en attaque signifient que les joueurs brûlent un nombre phénoménal de calories.

Pourtant, à la différence de la plupart des sports où les concurrents peuvent parcourir de longues distances, les volleyeurs se déplacent peu en comparaison. Un demi-court de volleyball couvre une surface de 9 m sur 9 m et les joueurs restent souvent confinés dans les mêmes zones de leur moitié de terrain, ce qui ne les empêche pas de fournir extrêmement d’efforts lors des échanges et d’utiliser des ressources inépuisables d’endurance aérobie. En outre, des mouvements explosifs et des réflexes aigus sont essentiels pour passer de la défense à l’attaque et inversement.

Résultat, il faut une condition physique hors du commun pour réussir, afin que les muscles de la cuisse et du bas de la jambe puissent fournir une source permanente d’énergie, non seulement pour se déplacer sur le court, mais aussi pour sauter et encaisser l’impact de la réception qui suit. Au volleyball, le filet culmine à 2,43 m chez les hommes et à 2,24 m chez les femmes, et il et donc capital d’avoir une très bonne détente verticale pour obtenir un avantage.

Ce n’est donc pas surprenant si l’entraînement incorpore de plus en plus de travail pliométrique et de sprint. Kerri Walsh-Jennings, triple championne olympique de beach volley et considérée de l’avis de tous comme l’une des meilleures spécialistes de tous les temps, explique comment elle a intégré davantage de course à son entraînement, à côté des exercices de force, de souplesse et d’enjambées. « Courir est un moyen de gagner en puissance, dit-elle. Cela fait travailler les muscles, la capacité pulmonaire et le cardio. Je me sens plus dynamique et plus légère quand je prends mon impulsion. »


Parallèlement, le simple geste de frapper le ballon, que ce soit une passe, un smash, un contre, une manchette ou un service, nécessite d’avoir un buste solide, et d’utiliser en permanence ses bras et ses épaules. Les smashs notamment nécessitent un mouvement de fouet ou de balancier afin de permettre aux joueurs de diriger le ballon en lui imprimant de la vitesse.

Ce n’est donc pas non plus surprenant si nombre des joueurs qui dominent la planète volleyball sont grands et élancés. Leur taille supérieure leur permet d’être beaucoup plus présents au filet, que ce soit en attaque pour réaliser des smashs ou pour des contres défensifs. Ce supplément de centimètres peut aussi leur permettre aux joueurs de couvrir le court plus rapidement et de donner davantage de puissance au ballon.

Le volleyball requiert cependant bien plus qu’une condition physique hors pair. Sport tactique et technique, il combine également la connaissance tactique, l’équilibre, le temps de réaction, la souplesse et la technique. Mais les meilleurs joueurs ont aussi la faculté de lire le jeu.

Médaillé d’or avec l’équipe américaine à Pékin 2008, Ryan Miller estime que c’est la plus grande qualité qu’un volleyeur puisse avoir.

« C’est tellement important, dit-il. Cela s’acquiert à force de jouer des matches et des matches, de se trouver dans certaines situations et de savoir alors faire les bons choix. »

Alors que le sport continue d’évoluer, les caractéristiques techniques et physiques requises pour atteindre le Graal en font de même. Une chose est sûre : on peut s’attendre à ce que les participants aux tournois de volleyball et de beach volley de Rio 2016, qui iront jusqu’au bout de leurs propres limites, multiplient les démonstrations impressionnantes de puissance et de technique.

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