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Date
13 avr. 2015
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Actu CIO

Anatomie d’un champion : Usain Bolt vu par Michael Johnson

Le quadruple champion olympique Michael Johnson analyse la technique qui a permis à Usain Bolt de devenir le plus grand sprinter de tous les temps.

Usain Bolt n’est rien de moins qu’un phénomène olympique. Le sprinter jamaïcain a gagné trois médailles d’or à Beijing en 2008 et trois de plus à Londres 2012. Il détient le record olympique du 100 m, et en 2008 et 2012, il était membre des relais jamaïcains qui ont battu le record du monde du 4 x 100 m. Question : comment fait-il ?

Bolt est certainement unique. Il est plus grand que la moyenne des sprinters et, alors qu’il continue à établir de nouveaux records, tout le monde se demande s’il peut courir encore plus vite.

Bolt a déjà amélioré le record du 100 m trois fois et celui du 200 m à deux reprises, mais il suffit de regarder certaines de ses arrivées, notamment lors des tours de qualification où on le voit souvent ralentir avant la ligne, pour voir qu’il pourrait aller encore plus vite. Sa technique semble relâchée, voire désinvolte… y-a-t-il donc de la marge de progression ?

L’homme est persuadé qu’il est capable d’établir de nouveaux standards. « J’ai entendu dire que l’être humain était capable de courir un 100 m en 9’’4, a-t-il déclaré lors d’une précédente interview. Je pense que c’est dans mes cordes. »

©Getty Images

Selon Michael Johnson, la clé du succès de Bolt réside dans sa performance lors des 30 premiers mètres de course, chose rare pour un athlète aussi grand. La taille est souvent considérée comme un obstacle pour un sprinter. Dans de nombreux cas, un centre de gravité plus bas permet aux sprinters de quitter les starting-blocks et d’atteindre leur vitesse maximum plus rapidement. Bolt, qui mesure 1,95 m, fait mentir cette théorie générale. Ses pairs de légende, Linford Christie et Carl Lewis, bien que plus petits que le Jamaïcain, dépassaient néanmoins 1,80 m. Ils ont compensé le handicap dû à leur taille par une combinaison de puissance et de technique dans la dernière partie de leurs courses.

Tous deux ont dû cependant batailler pour rattraper leurs adversaires en raison de départs lents. Bolt, à l’inverse, est très fort au départ. En 2008 à Beijing, lors de la première partie de sa course victorieuse, il est sur la même ligne que ses rivaux, avant de se détacher nettement après environ 40 m. Si on analyse plus en profondeur les courses qu’il a gagnées par le passé, il est clair qu’il a réussi à rester au contact de ses adversaires durant la première partie de ses courses beaucoup plus que ne le faisaient Christie et Lewis.

Ainsi, en 2009, des analyses biomécaniques ont été effectuées sur les temps intermédiaires de Bolt (par tranche de 10 m sur 100 m) et sur sa vitesse moyenne. Fait remarquable, Bolt s’est montré non seulement plus rapide que son rival le plus proche après 20 m et 30 m de course, mais il a été également le meilleur sur neuf des dix temps intermédiaires. Sa vitesse moyenne a été également la meilleure pour chaque tranche de dix seconde.

Ensuite, bien sûr, Bolt dispose de puissance pour se détacher une fois qu’il a atteint sa vitesse maximale, fruit de sa désormais célèbre longue foulée. C’est cela qui lui a permis de passer de la sixième à la première place et de gagner à Londres en 2012, après un départ exceptionnellement lent. Ces foulées sont devenues autant sa marque de fabrique que son geste victorieux en forme d’éclair («lightning bolt» en anglais…), que tout le monde espère revoir à Rio en 2016 où le Jamaïcain cherchera à enrichir sa collection de médailles d’or.

©Getty Images

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