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Tokyo 2020

Adam Peaty fin prêt à défendre son titre olympique dans le jardin du roi grenouille

Lorsqu’on lui demande de citer les nageurs qu’il admire, Adam Peaty s’empresse de mettre en avant Kosuke Kitajima, le "roi grenouille", seul homme à avoir remporté le 100 m brasse lors de deux éditions consécutives des Jeux Olympiques.

Le Japonais a non seulement remporté les titres du 100 m aux Jeux Olympiques d’Athènes 2004 et quatre ans plus tard à Beijing, mais il s'est également imposé sur le 200 m les deux fois, ce qui en fait le seul homme à avoir réalisé un double doublé en brasse.

 

S’il réédite son succès sur 100 m à Tokyo 2020, quatre ans après avoir nagé jusqu’à l’or pour ses débuts olympiques à Rio de Janeiro, Adam Peaty se hissera à la hauteur de Kosuke Kitajima. L’athlète de 24 ans est invaincu sur la distance chez les seniors depuis sa victoire aux Jeux du Commonwealth de 2014 à Glasgow, marquant la compétition de son empreinte.

Adam Peaty prévoit de s'attaquer à ses titres aux Championnats du monde


En juillet, Adam Peaty participera aux Championnats du monde à Gwangju, en République de Corée, où il tentera de remporter un troisième doublé 50 m - 100 m consécutif.

Quasiment un an plus tard, jour pour jour, la compétition de natation débutera à Tokyo, la ville natale de Kosuke Kitajima. Adam Peaty aura alors quatre ans de plus qu’à Rio. Il sera donc plus expérimenté et aura de surcroît le statut de tenant du titre. Ses objectifs d’ici juillet 2020 sont simples.

"Je pense juste à défendre mes titres, c’est aussi simple que ça", confie-t-il. "Attaquer mes titres. Mettre à mal également mes records personnels et du monde, bien sûr, et aussi me faire plaisir. C’est une approche très différente, mais rien que je ne puisse gérer. Nous verrons : il ne faut pas trop se laisser accaparer par la médiatisation."

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"Au cours des 18 prochains mois, je vais chercher à nager plus vite que je ne l’ai jamais fait auparavant", ajoute-t-il comme une menace à l’adresse de ses adversaires. "Comment vais-je faire mentalement ? Je compte me baser sur le principe suivant : mettre mon mental suffisamment au repos et passer ensuite à l’offensive. C’est exactement ce que j’ai fait cet hiver : je me suis accordé une pause psychologique et me voilà, prêt à affronter le monde."

Adam Peaty se réjouit à l'idée de triompher pour ses débuts olympiques à Rio

Lorsqu’Adam Peaty a fait ses débuts olympiques à Rio 2016, il sortait de deux années de domination dans les bassins, en ayant réécrit au passage les livres de records sur la route de titres mondiaux, européens et du Commonwealth sur 50 m et 100 m brasse.


Le jeune homme, âgé de 21 ans à l’époque, était le grand favori pour la médaille d’or. Mais alors que certains ploient sous le poids des attentes, Adam Peaty a saisi l’occasion à pleines brassées au parc olympique aquatique.

Il a abaissé son propre record mondial dans les séries du 100 m avant de nager encore plus vite en finale pour établir un nouveau chrono mondial de 57 sec 13 devant le Sud-Africain Cameron van der Burgh, tenant du titre, et l’Américain Cody Miller. C’était la première médaille d’or en natation pour un Britannique depuis celle d’Adrian Moorhouse dans la même épreuve, aux Jeux Olympiques de Séoul 1988.

Adam Peaty est retourné dans le bassin pour nager le parcours de brasse du relais 4 x 100 m quatre nages avec le quatuor britannique. En signant le temps de passage le plus rapide de l’histoire en 56 secondes 69, il a laissé pantois le grand Michael Phelps et ses 23 titres olympiques. Dans la foulée, les Britanniques ont remporté l’argent derrière les États-Unis.

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Depuis, Adam Peaty, entraîné depuis l’âge de 14 ans par le double olympien Mel Marshall, a remporté deux titres mondiaux, quatre titres européens et une victoire aux Jeux du Commonwealth, en plus de ses records du monde du 50 m et du 100 m.

En se replongeant en août 2016, le Britannique se remémore la course, l’émotion de la médaille d’or olympique toujours aussi présente, plus de deux ans et demi plus tard.

"Je ne me souviens pas des 50 premiers mètres car la montée d’adrénaline était très forte", indique-t-il. "J’ai produit mon effort dans la deuxième longueur et j’étais tout à fait conscient de ce qui arrivait. Je me disais en mon for intérieur que ce que je faisais, c’était pour mon pays et que beaucoup de personnes me regardaient au Royaume-Uni. C’était à ce moment-là qu’il fallait y aller et j’y suis allé ! Rien que d’y penser, je sens une grosse poussée d’adrénaline."

Tout rafler après avoir remporté l'or olympique

Adam Peaty a également éprouvé une profonde satisfaction dans cet accomplissement : la signification d’une médaille d’or olympique.


"Cela me remplit de fierté", confie-t-il. "C’est presque un soulagement de voir que toutes les heures de travail ont payé. Il n’y a rien de tel que d’être dans une ligne d’eau devant de nombreux spectateurs, au plus haut niveau et d’en profiter pleinement. Il suffit de fermer les yeux et de savourer l’instant."

Les souvenirs de Rio à jamais gravés dans sa mémoire

Adam Peaty a vécu de nombreux moments forts lors de son expérience olympique brésilienne, parmi lesquels sa découverte du parc olympique aquatique et du village des athlètes.

"J’ai vu la piscine, tout le monde sur le bord et je me suis senti un peu comme chez moi, comme si j’étais né pour nager là", se souvient-il. "Au plus profond de moi, je savais que j’étais là pour concourir et pour gagner. C’est très différent. Je n’étais pas du tout impressionné – je savais que tout cela m’appartenait – et c’était une sensation formidable."

"C’est également très fort de voir le village pour la première fois, car ça n’a rien à voir avec tout ce que vous avez connu jusque-là. Tous les athlètes sont là avec leurs différentes personnalités et le restaurant est absolument gigantesque."

"C’est un lieu très convivial. Un endroit étonnant et impressionnant, surtout la maison de l’équipe britannique. On forme une seule équipe. Peu importe le sport pratiqué, la natation, l’athlétisme ou la boxe, on fait partie d'un seul et même groupe et c’est le plus important."

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Adam Peaty garde les yeux fixés sur son objectif et sur l'or

Malgré toutes les distractions, rien n'a pu détourner Adam Peaty de ses objectifs.

"Oh que non", rappelle-t-il. "Je savais exactement pourquoi j’étais là et c’était pour concourir. Je savais que j’étais là pour gagner et je n’ai donc pas été distrait par tout cet environnement. Je suis resté dans ma chambre à regarder des films et des émissions de télévision. La musique joue un rôle important dans ma vie, j’ai des écouteurs sur les oreilles la plupart du temps."

Londres 2012 comme source d'inspiration

Adam Peaty avait regardé les Jeux en 2012 lorsque Londres les avait accueillis. Cette expérience a joué un rôle de catalyseur auprès du jeune nageur. Cameron van der Burgh, aujourd’hui à la retraite, avait remporté l’or en signant ce qui était alors un record du monde.

"J’ai été énormément inspiré par Londres", confie-t-il. La cérémonie d’ouverture me procure encore beaucoup d’émotion aujourd’hui quand je la regarde, ce qui m’arrive de temps en temps. Les personnes parlent d’héritage et d’effet d’entraînement et se demandent si cela en valait la peine ? Pour moi, la réponse est positive à 100 % car il est impossible de quantifier le degré de motivation de quelqu’un. Vu de l’intérieur, j’étais comme dans une bulle : je n’ai pas vraiment communiqué avec le monde extérieur, mais je sais exactement la force que cela dégage quand on retourne dans son pays."

Passionné de musique

Hors du bassin, Adam Peaty avoue que la musique est sa plus grande passion et son passe-temps préféré : sa play list, très éclectique, est composée de hip-hop, de grime, d'un peu de dance, de quelques titres des années 1980, de soul, et de morceaux de Fleetwood Mac et de Kendrick Lamar.

 
Envisager les Jeux Olympiques comme n'importe quelle autre compétition

Alors qu’Adam Peaty est au sommet de son art, Tokyo constituera pour d’autres leur première expérience olympique. Il leur donne donc quelques conseils.

"Ayez un bon groupe d’amis autour de vous – des athlètes que vous connaissez depuis 10 ans – et restez avec eux. Ils savent exactement qui vous êtes et qui ils sont. Ne changez rien sous prétexte que vous êtes aux Jeux Olympiques. Il s’agit d’une compétition comme les autres."

Inspiration, motivation et travail acharné

Et pour les jeunes qui font leurs premiers pas ?

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"Trouvez ce qui vous inspire, ce qui vous motive. Il est évident qu’on ne peut arriver à rien sans travail acharné. Il faut aller au charbon. Découvrez jusqu’où vous pouvez aller dans le travail et ce qui vous motive. Récompensez-vous en prenant du repos."

"En avant toute !", conclut-il.

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