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À Sotchi le 9 février 2014, Armin Zöggeler boucle la boucle : six Jeux, six podiums en luge !

armin zoeggeler luge sochi 2014 Getty Images
C'est un beau record : Armin Zöggeler a participé en luge à tous les Jeux d'hiver de 1994 à 2014. De Lillehammer, Nagano, Salt Lake City, Turin, Vancouver et enfin Sotchi, il a chaque fois ramené une médaille et deux d'entre elles ont été couleur dorée. À 40 ans, il établit un record sur la piste Sanki le 9 février 2014 en obtenant le bronze, sa sixième médaille consécutive.

Il y a bien 39 concurrents qui dévalent quatre fois la piste de luge du centre de glisse Sanki ces 8 et 9 février 2014, mais ils ne sont que trois à se battre pour le podium, réalisant les trois meilleurs temps à chaque manche : l'Allemand dominateur Felix Loch, tenant du titre, qui prend la mesure du Russe Albert Demchenko (vainqueur de la première manche) en remportant les trois suivantes devant le même lugeur. Et puis il y a le légendaire italien Armin Zöggeler, 40 ans, qui finit à chaque fois troisième derrière eux.

armin zoeggeler luge sochi Getty Images

Au bout, il y a une médaille de bronze et un exploit unique aux Jeux d'hiver : bronze à Lillehammer en 1994, argent à Nagano en 1998, or à Salt Lake City en 2002 puis devant son public à Turin en 2006, bronze à Vancouver en 2010. Le total est de six podiums à la suite dans la même discipline en six éditions disputées, une performance qu'aucun sportif n'a égalée aux Jeux d'hiver. 

"Je suis vraiment content d'avoir gagné cette sixième médaille olympique consécutive. Cela a été de très belles expériences, vraiment inoubliables", dit-il à la fin de ces Jeux. "Pour nous les athlètes, ces Jeux ont été magnifiques, très bien organisés.". Sa dernière course olympique aura été la nouvelle épreuve du relais par équipes mixtes où l'Italie se classe cinquième. "J'ai vraiment aimé cette compétition", ajoute-t-il.

 

L'enfant de Merano dans le Trentin Haut-Adige a aussi été le porte-drapeau de l'Italie lors de la cérémonie d'ouverture de ces Jeux en 2014. "C’est un honneur, une fierté et une grande source de motivation. J’essayerai d’être à la hauteur", avait-il dit en apprenant début octobre 2013, de la voix du président du CONI (Comité National Olympique italien), Giovanni Malagò, qu’il défilerait drapeau en main en tête de sa délégation dans le stade olympique de Sotchi. Il aurait pu tenir le même rôle à Vancouver en 2010, mais cela s’était avéré impossible puisque sa compétition démarrait le lendemain de la cérémonie d’ouverture. Ce n’était donc que partie remise. Comme il l’a dit également, "c’est une nouvelle récompense pour ma carrière". Et quelle carrière puisqu'il va réussir à monter à nouveau sur le podium avant de déclarer : "Cette fois, ce sont mes derniers Jeux".

armin zoeggeler luge sochiGetty Images
Le parcours d'un champion

"Ma famille a une longue tradition sportive, je me suis donc mis à pratiquer naturellement la luge à un très jeune âge, mais je ne m’imaginais pas que cela deviendrait ma passion ! À 14 ans, je disputais déjà des compétitions sur les pistes artificielles et je suis devenu champion du monde junior". Né le 4 janvier 1974, Armin a grandi dans un petit village perché dans les montagnes. Il raconte aussi avoir commencé la luge pour descendre jusqu'à son école quand les rues de son village étaient recouvertes de neige.

En 1988, Armin Zöggeler gagne donc chez les juniors le premier de ses titres internationaux. 26 ans plus tard, le palmarès du champion que l’on a surnommé "Le Cannibale" est le plus beau des sports d’hiver italiens et le plus imposant de l’histoire de la luge. Au milieu de ses 55 victoires en Coupe du monde FIL, de ses 10 triomphes au classement général annuel, de ses seize médailles aux championnats du monde dont six en or, Il y a donc cette extraordinaire épopée olympique.

armin zoeggeler luge sochi Getty Images | Armin Zoeggeler gagnant la médaille d'or aux Jeux Olympiques d'hiver à Salt Lake City

C’est à 20 ans qu’il participe pour la première fois aux Jeux Olympiques d’hiver à Lillehammer en 1994. Il termine sur la troisième marche du podium, devancé par deux légendes de la discipline, l’Allemand Georg Hackl, médaille d’or, et l’Autrichien Marcus Prock, médaille d’argent. Lors des Jeux Olympiques d’hiver à Nagano en 1998, Armin Zöggeler confirme son talent de lugeur et finit deuxième derrière Hackl. En février 2002 aux Jeux de Salt Lake City, il décroche enfin l’or. Il s'impose en réalisant le meilleur temps des quatre manches de la course et devance cette fois les deux légendes : Hackl et Prock.

En 2006, aux Jeux Olympiques d’hiver à Turin, l’Italien évolue à domicile et est annoncé comme le grand favori de l’épreuve de luge masculine. Il connaît la piste de Cesana Pariol par cœur. Il remporte les deux premières manches. Il finit second de la 3e manche avant de connaître une petite frayeur dans la dernière avec le 5e chrono. Son avance est néanmoins suffisamment importante pour qu’il puisse réitérer son exploit de 2002 et remporter un second titre olympique. Sur les 2e et 3e marches du podium se retrouvent le Russe Albert Demchenko, devancé de 11 centièmes de seconde, et le Letton Martins Rubenis, relégué à 35,7 centièmes de seconde.

 

"Je dois dire que la luge n'était pas un sport très connu en Italie. Mais les choses ont vraiment changé pour notre sport aux Jeux de Turin", dit-il d'ailleurs. Tout le monde attendait sa victoire et il répond présent malgré une immense pression. Il est alors fêté comme un héros et inspire toute une génération de lugeurs de sa région. On le retrouve à 36 ans aux Jeux de Vancouver où "Le Cannibale" trouve plus féroce que lui : le lugeur Italien s’incline devant les deux Allemands Felix Loch et David Möller, et croque sa cinquième médaille consécutive.

Aujourd'hui, il guide ses héritiers

"Au fil des années, j’ai réussi à améliorer continuellement mes performances, et ma maison est pleine de médailles", explique-t-il en 2013 avant les Jeux de Sotchi, "mais même après toutes ces victoires, il y a une chose qui n’a pas changé depuis ma plus tendre enfance : la joie étourdissante de se tenir sur la plus haute marche du podium. À elle seule, c'est une motivation énorme, une émotion qui me pousse à rester dans la course pour un petit bout de temps encore". Ce petit bout de temps le mène au 9 février 2014 pour un moment qu'il connaît par cœur : la montée des drapeaux en se tenant sur le podium.

Nina Zoeggeler, Armin Zoeggeler's daughter, during the FIL World Cup Innsbruck 2019 IOC | Nina Zoeggeler, la fille d'Armin Zoeggeler, à la Coupe du Monde FIL à Innsbruck en 2019
 


Depuis sa retraite sportive, Armin Zöggeler n'a jamais quitté le milieu de la luge. Il est aujourd'hui le directeur technique de l'équipe nationale. Ses exploits ont inspiré la nouvelle génération de lugeurs italiens, qui se réclament de son héritage et qu'il guide. Tels les "Millenials" Lukas Gufler et Felix Schwarz qui ont remporté l'or en double aux JOJ de Lillehammer 2016, le petit frère de Lukas, Alex Gulfer, 5e à Lausanne en 2020, ou encore Nina Zöggeler, 18 ans, la propre fille d'Armin, qui rêve de suivre ses traces !

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