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Getty Images
Date
14 févr. 2018
Tags
Actualités Olympiques , PyeongChang 2018
PyeongChang 2018

A la recherche de la glace parfaite

"C'est comme en football, si la pelouse est bonne, vous pouvez faire un bon match, sinon, c'est plus difficile" : le Français Rémy Boehler, responsable de la qualité de la glace olympique à Gangneung explique comment se prépare le terrain de jeu des patineurs.

Ne croyez pas que le froid polaire qui règne sur la région de Pyeongchang facilite le travail du spécialiste de la glace. Au contraire, c'est une variable de plus avec laquelle il doit composer. "La glace est sensible à tout ce qui se passe autour: à la température de l'air, à l'humidité de l'air, à la qualité de l'eau", énumère Rémy Boehler avant le coup d'envoi des compétitions de patinage artistique avec l'épreuve par équipes.

"S'il fait très froid dehors et que ce froid se ressent dans la patinoire, ça va se ressentir aussi sur la glace", poursuit-il. Ce qui n'est pas le cas dans l'enceinte où il travaille : "On a de bonnes installations techniques." Comme un jardinier qui prendrait soin de ses roses, Rémy Boelher, arrivé en République de Corée il y a un mois, explique que pour obtenir une glace de qualité, il ne faut pas précipiter les choses. Celle de Gangneung est prête depuis deux semaines.

"C'est un travail très technique et très précis. Il ne faut pas trop arroser la glace", commence-t-il. "La surface de la glace, c'est 1800 mètres carrés, soixante mètres sur trente mètres. Sur cette surface-là, il faut que la glace soit la plus plate possible. On essaie d'avoir toujours entre quatre et cinq centimètres d'épaisseur et de ne pas dépasser un centimètre d'écart sur l'ensemble de ces 1800 mètres carrés, ce qui est assez compliqué à tenir", détaille-t-il.

IOC
Dix degrés en dix minutes

L'enjeu pour Rémy Boelher et son équipe de conducteurs de surfaceuses, c'est que les patineurs disposent d'un terrain de jeu sur lequel ils peuvent "s'amuser et se faire plaisir".

"Si on fait une bonne glace, ça leur permet de mieux performer. C'est comme quand vous jouez au football, si la pelouse est bonne, vous pouvez faire un bon match, si la pelouse n'est pas bonne, c'est plus difficile de bien jouer", compare-t-il. A écouter les premières impressions du jeune Américain Nathan Chen, un des plus sérieux prétendants à l'or olympique dans la catégorie messieurs, la mission est en bonne voie.

"La glace est incroyable", a-t-il estimé à l'issue de son premier entraînement mercredi. Prochaine étape pour Rémy Boelher : maintenir la glace à bonne température - entre -3 et -4 degrés - quand la patinoire, qui peut accueillir 12.000 spectateurs, fera le plein.

"12.000 personnes, ça apporte beaucoup de chaleur, souligne-t-il. La température monte de dix degrés en dix minutes, alors on va travailler nos réglages pour avoir toujours la même température à la surface (de la glace) pendant la compétition."

Défi supplémentaire pour le spécialiste français entré dans l'aventure olympique lors des Jeux d'Albertville en 1992 : adapter la glace à deux disciplines, puisque la patinoire accueille à la fois les épreuves de patinage artistique et celles de short-track, dont les exigences diffèrent." La glace pour le short-track est plus froide, autour de -7 degrés", précise Rémy Boehler. 

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