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Date
29 juin 2015
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Actu CIO

À force de travail, les Iraniens avancent à pas de géants vers Rio

L’histoire du volleyball iranien prend sa source au début des années 20, lorsqu’il est devenu populaire en tant que sport universitaire. Il a pourtant fallu attendre les années 50 pour assister aux premiers pas en compétition de l’équipe nationale masculine iranienne. Bien que le sport soit devenu de plus en plus prisé lors des décennies suivantes, ce n’est que relativement récemment que le pays a fait parler de lui sur la scène du volleyball international.


Alors que les Iraniens courent toujours après leur première participation aux Jeux Olympiques, leur ascension lors des dernières années a été remarquable. Après 20 ans d’absence, ils ont d’abord effectué leur retour en Coupe du monde en 2011 et ont disputé les deux derniers Championnats du monde. Ils ont également terminé quatrièmes de la Coupe des grands champions 2013, devant des équipes aussi confirmées que les États-Unis et le Japon.

En 2013, l’équipe masculine a été sacrée championne d’Asie pour la seconde fois, après un premier titre en 2011. Mais sa véritable percée est intervenue après la nomination en mars 2014 du Serbe Slobodan Kovač, médaillé de bronze olympique en 1996 sous le maillot de la Yougoslavie, au poste d’entraîneur en chef.

C’est ainsi qu’en juin 2015, les Iraniens ont réalisé l’une de leurs sorties les plus impressionnantes à ce jour, en battant les champions du monde en titre, les Américains, lors d’un double face-à-face de Ligue mondiale dans la capitale iranienne.

Les rencontres, qui se sont jouées devant 12 000 spectateurs enthousiastes au stade Azadi de Téhéran, ont fourni aux Iraniens une occasion idéale pour mesurer leurs récents progrès, même si avant d’en arriver là, Kovač avait dû tempérer les attentes, après le double revers enregistré par son équipe face aux Américains, un mois plus tôt à Los Angeles. « Les Américains ont actuellement la meilleure équipe du monde », a rappelé Kovač lors d’une conférence de presse en prélude au premier match, prévu le 19 juin à Téhéran. « Ceux qui pensent que nous pouvons les battre ne comprennent rien au volleyball. »

Au lieu de cela, son équipe a réussi l’un des résultats les plus époustouflants de ces derniers temps, en battant les Américains à plates coutures 3-0 puis en rééditant cet exploit deux jours plus tard. Il n’en fallait pas plus pour que John Speraw, l’entraîneur américain, concède que ses protégés avaient été totalement surclassés. « Ils nous ont balayé dans tous les compartiments du jeu : au contre, en défense, à la passe, au service et en attaque », a estimé Speraw après coup.

Selon l’Italien Carlo Sati, préparateur physique des Iraniens, les résultats ont été consécutifs, dans une large mesure, à un travail intensif.

« Nous avons effectué cinq semaines fantastiques de préparation physique pour ces matches Iran - États-Unis, a expliqué Sati. Chaque semaine, nous avons livré neuf séances d’entraînement de 2 à 3 heures, en travaillant avec des charges lourdes le matin. »

Le professionnalisme, la vitesse et l’intelligence tactique des Iraniens lors des deux matches contre les Américains ont rempli Sati de fierté : « En volleyball, lorsqu’on parle de condition physique, on fait beaucoup référence à la taille des joueurs et à leur musculature. Comme l’a fait remarquer John Speraw, l’entraîneur américain, il est certain que les joueurs iraniens ne sont pas aussi grands que les Américains, mais en revanche, ils sont plus rapides, et mes joueurs ont une détente verticale de près d’un mètre. »

« Personne ne croyait à cette victoire, a-t-il ajouté. Le travail que nous avons accompli l’année dernière et cette année a payé. »

Les victoires historiques de l’Iran contre les champions du monde, si elles ont donné lieu à des déferlements d’euphorie parmi les supporters de volleyball du pays, offrent aussi à l’équipe nationale un tremplin extraordinaire pour Rio 2016. Désormais, les Iraniens peuvent considérer que leurs chances de qualification sont bien réelles et pourquoi pas songer même à une médaille.

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