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JOJ

#YOGJourney : Jacko Gill

Olympic.org a demandé au lanceur de poids néo-zélandais Jacko Gill en quoi la médaille d'argent qu'il a remportée aux Jeux Olympiques de la Jeunesse est toujours une source d'inspiration pour lui, alors que le jeune homme se remet d'une cardiomyopathie rare.

 

À l'âge de 15 ans, Jacko Gill s'envolait pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de Singapour 2010 avec le ferme espoir de décrocher l'or au lancer du poids. Moins d'un mois plus tôt, il avait en effet été sacré plus jeune champion du monde junior au Canada après avoir battu des lanceurs plus âgés que lui de trois ans. Aussi s'attendait-on à ce qu'il complète son palmarès à Singapour.
Or, c'est le Polonais Krzysztof Brzozowski qui, après avoir effectué un lancer record à 23,23 m avec un poids de 5 kg, monta sur la plus haute marche du podium à la surprise générale. Jacko Gill dut se contenter de l'argent même s'il enregistra à cette occasion son meilleur résultat personnel, avec un lancer à 22,60 m.
Le Néo-Zélandais se servit de sa déception pour atteindre de nouveaux sommets : il améliora d'abord le record du monde établi chez les juniors par Brzozowski au lancer du poids de 5 kg ; il établit ensuite de nouveaux records au lancer de poids 6 kg et 7,26 kg ; et pour finir, il remporta le titre mondial junior en 2011. Malgré une qualification pour les Jeux Olympiques de Londres 2012, Jacko Gill décida de défendre (avec succès) son titre de champion lors des Championnats du monde juniors de l'IAAF en Espagne en 2012, avant de faire finalement ses débuts aux Jeux Olympiques à Rio en 2016. Une fracture au pied contrecarra ses ambitions à cette occasion, car il ne finit que neuvième. Mais une nouvelle bien plus terrible allait suivre fin 2017, lorsqu'on lui diagnostiqua une myocardite – une inflammation du muscle cardiaque généralement causée par une infection virale. Après avoir mis son entraînement entre parenthèses pendant un an sur ordre des médecins pour se rétablir, Jacko Gill est prêt à faire son grand retour, avec l'espoir de remporter une médaille d'or olympique à Tokyo l'année prochaine

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Quels souvenirs gardes-tu des JOJ de Singapour 2010 ?

J'étais jeune et j'aimais ce que je faisais. Il y avait une franche camaraderie entre les athlètes là-bas ; nous nous sommes bien amusés. J'ai adoré. Tout cette expérience m'a donné envie d'aller plus loin. Je crois que c'est là qu'est née ma passion. Partir à l'étranger et rencontrer des athlètes qui voyaient les choses comme moi et avaient eux aussi envie de réussir a été très constructif. C'était motivant et cela m'a incontestablement aidé à me qualifier pour les Jeux Olympiques.

Y a-t-il eu des moments plus mémorables que d'autres ?

Sans aucune hésitation, le haka effectué par le reste de la délégation néo-zélandaise. Lorsque l'un de nous remportait une médaille, la délégation l'accueillait au village avec un haka. C'était quelque chose de très spécial, sans conteste l'un des temps forts de mon voyage et une belle façon de faire la fête.

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Tu as participé à un événement olympique à l'âge de 15 ans à peine, qu'as-tu ressenti ?
C'était énorme. Je rêvais d'aller aux Jeux Olympiques depuis l'âge de cinq ans, lorsque notre instituteur nous avait demandé ce que nous voulions faire plus tard. J'avais répondu : participer aux Jeux Olympiques. C'était mon rêve, ce que je voulais faire depuis toujours. Singapour m'en a donné un avant-goût et j'ai adoré. Participer aux Jeux à 15 ans, c'est énorme. Cela m'a beaucoup aidé et m'a servi de tremplin pour passer chez les seniors.
As-tu été satisfait de ta médaille d'argent ?

Une médaille d'argent, c'est bien, mais j'étais un peu déçu de ne pas avoir obtenu l'or. Cela étant dit, c'était presque la compétition idéale parce que je me suis aperçu que j'en voulais plus. Cette médaille d'argent m'a fait comprendre que ce que je voulais au plus profond de moi, c'était l'or. Je me suis donc entraîné très dur pour prendre ma revanche sur celui qui m'avait battu.

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Ta carrière a-t-elle évolué après Singapour ?

Je voulais vraiment passer au niveau supérieur. Cet avant-goût m'a fait comprendre que c'était ce que je voulais faire. Singapour a été une source d'inspiration pour moi. J'ai alors tout donné pour être le meilleur au monde, pas le deuxième. Je voulais être le meilleur. Et j'ai fini par remporter les Championnats du monde des moins de 20 ans à deux reprises. Maintenant, j'aimerais décrocher le titre de champion du monde senior. Donc, oui, Singapour m'a motivé et m'a vraiment aidé à obtenir d'excellents résultats dans la catégorie junior, car la deuxième place ne me suffisait pas.

Tu as ensuite participé aux Jeux Olympiques de Rio 2016. C'était comment ?

J'ai adoré Rio. C'était génial car ma famille était présente à mes côtés pour m'encourager. Je n'étais pas le mieux préparé car je m'étais cassé le pied quatre semaines avant les Jeux et l'on m'avait conseillé de ne pas concourir. Mais j'avais tellement envie d'aller aux Jeux – je ne voulais pas passer une fois de plus à côté comme à Londres en 2012 – que j'ai fait de mon mieux. J'ai adoré et mon résultat a été correct. Le simple fait d'être là-bas était magique. Maintenant, j'aimerais faire mieux à Tokyo.

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Est-ce que ton expérience aux JOJ de Singapour t'a aidé à te préparer pour Rio ?

Cela a probablement été le pire moment de ma vie. C'était compliqué. Pour traiter la myocardite, j'ai dû arrêter l'entraînement pendant un an... Je n'ai rien pu faire ; c'était très, très dur. Mais cela m'a aussi permis de comprendre que c'était ce que je voulais faire. Je profite du temps que j'ai, ne serait-ce que pour m'entraîner. J'aime vraiment m'entraîner maintenant. On peut dire que j'apprécie davantage le chemin parcouru, mais ça a été une période très difficile, je ne m'en étais pas rendu compte à l'époque. Il m'a fallu quelques mois d'entraînement pour voir à quel point j'avais de la chance.

Es-tu content de concourir à nouveau ?

Je suis ravi d'être là et de concourir à nouveau. Je vais aller en Europe bientôt. Être de retour sur l'aire de compétition et gravir un échelon supplémentaire est juste extraordinaire.

Quels sont tes objectifs pour le reste de l'année et pour les Jeux Olympiques de Tokyo l'année prochaine ?

Les Championnats du monde sont mon objectif principal. J'aimerais finir parmi les six ou huit premiers. Après, ce sera l'or à Tokyo que je briguerai. Ce sera MON objectif. Cela prend du temps à cause de mon arrêt. Je ne peux pas trop en faire ni aller trop vite. C'est pour cela que je ne vise pas de médailles aux Championnats du monde. Je dois m'habituer à la concurrence et devenir plus fort. Je comprends un peu mieux le processus maintenant… Et je serai prêt à Tokyo.

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