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Jed Leicester YIS / IOC
Date
17 févr. 2016
Tags
Lillehammer 2016 , JOJ , Skeleton , Hommes , Actu CIO

« Un jour, la République de Corée aura ses Rasta Rockett »


C’est en regardant tranquillement la télévision, un jour de 2014, que la vie de Jung Seunggi a changé à jamais. « J’étais un étudiant ordinaire à Séoul, je zappais et je suis tombé sur les Jeux Olympiques de Sotchi, se souvient Jung. C’était l’épreuve de skeleton et j’ai tout de suite accroché. »

« Dès le départ, j’ai adoré la vitesse et l’effervescence. À l’époque, je faisais du saut en longueur, mais tout à coup j’ai eu très envie de devenir athlète de skeleton. J’ai alors déménagé dans un quartier proche d’un centre de glisse pour pouvoir m’entraîner. »

« Au début, mes parents n’étaient pas rassurés, ils avaient peur que je me blesse, mais je les ai convaincus que je pouvais réussir. J’ai commencé à m’entraîner et j’y suis arrivé. Maintenant ils sont fiers de moi. »

Jung Seunggi, la star sud-coréenne du skeleton, a pleine confiance en l’avenir. Photo : Jed Leicester, YIS/CIO

La soudaine passion de Jung pour les sports de glisse reflète une tendance plus générale qui s’étend à toute la République de Corée. Depuis les exploits de Yun Sung-Bin, devenu une star nationale en remportant des épreuves mondiales de skeleton, et du célèbre bobeur Won Yun-Jong, tous les jeunes Sud-Coréens rêvent aujourd’hui de dévaler des pistes glacées à 140 km/h.

« Beaucoup de jeunes disent maintenant : ‘Je ne veux pas faire de foot ou de baseball, mais du skeleton’, et c’est génial pour notre sport, affirme Lee Wontae, l’entraîneur de Jung. On remporte des médailles, et le skeleton, qui était encore méconnu il y a quelques années, est aujourd’hui très populaire. Il existe un film, Rasta Rockett, sur l’histoire de l’équipe jamaïcaine de bobsleigh. Je crois qu’un jour, la République de Corée aura ses Rasta Rockett. »

C’est également l’avis de Song Jinho, un autre entraîneur et ancien compétiteur de bobsleigh. « Avec l’organisation des prochains Jeux Olympiques d’hiver à PyeongChang, en 2018, les sports de glisse ont le vent en poupe. Nous sommes en train de construire une nouvelle piste ultramoderne, et je pense que c’est une discipline dans laquelle nous pouvons espérer remporter des médailles. Nous pouvons nous attendre à de bons résultats en 2018. »

« Lorsque je participais moi-même en tant qu’athlète, il y a 10 ans, on se serait vraiment cru dans Rasta Rockett. On n’avait nulle part où s’entraîner. On a dû fabriquer notre propre bobsleigh sur roues et s’entraîner sur l’asphalte ! Aujourd’hui, les athlètes comme Jung Seunggi peuvent s’entraîner dans de bonnes conditions et peuvent viser la victoire. »

Pour Jung, l’objectif numéro un est la médaille d’or du skeleton à Lillehammer 2016. Les entraînements officiels ont débuté mardi (16 février), tandis que les épreuves éliminatoires individuelles se tiendront vendredi (19 février). Jung, en tête des classements mondiaux dans sa catégorie d’âge, sait qu’il a toutes ses chances. « J’ai une accélération fulgurante, ce qui est crucial en skeleton pour réussir son départ, dit-il. De plus, je me suis énormément entraîné cet hiver. J’enchaînais jusqu’à sept descentes certains jours. »

« Je veux gagner ici, et progresser aussi vite que possible pour pouvoir évoluer chez les seniors. J’adorerais faire partie de l’équipe olympique en 2018. J’espère que le fait de concourir à domicile sera un atout pour les Sud-Coréens. La fièvre olympique a déjà envahi notre pays, et j’ai l’occasion d’embarquer pour cette aventure. »

Écrit par Nick Moore (YIS/CIO) avec Kim Joo-Hyun

Nick Moore est reporter au Service d’information des JOJ (Youth Information Service, YIS) de Lillehammer. Journaliste depuis 20 ans, spécialiste du sport et de la musique, il a couvert les Jeux Olympiques de 2012 à Londres ainsi que les Jeux Olympiques de la Jeunesse de 2014 à Nanjing. Basé au Royaume-Uni, il collabore avec de nombreuses publications, notamment FourFourTwo, The Independent, Q et The Times.

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