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Ski-alpinisme : le secret derrière le sport qui fait ses débuts olympiques à Lausanne 2020

Ski-alpinisme Getty Images
Ayant grandi dans la station suisse de ski de Grindelwald, petit village de montagne caché derrière la célèbre face nord de l’Eiger, c’est tout naturellement que Werner Marti est devenu un adepte du ski-alpinisme.


Comme ce jeune homme de 29 ans l’explique: “Si vous avez grandi à la montagne, vous restez attaché à jamais à la montagne. J’en ai besoin. Après une seule journée en ville, je ressens le besoin de remonter là-haut ”.

Marti, ancien skieur de fond qui pratique désormais à temps complet le “skimo“ (contraction de l’appellation en anglais “ski mountaineering“ ; N.d.T.), est la figure emblématique de ce sport, lui qui a remporté deux médailles d’or aux Championnats du monde 2019 et raflé trois titres de coupe du monde.

En janvier prochain, comme tout aficionado du sport, Marti suivra de près les débuts olympiques du ski-alpinisme aux Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver de 2020 à Lausanne. Les sommets de Villars-sur-Ollon serviront  d’écrin aux épreuves auxquelles participeront 48 athlètes du monde entier prêts à décrocher les premières médailles olympiques décernées dans cette discipline.

 

“C’est une occasion en or pour cette discipline sportive et également pour les jeunes qui seront ici”, explique Marti. “Ils vivront une nouvelle expérience et pourront assister à beaucoup d’autres sports ; en effet, comme nous sommes un sport mineur nous évoluons toujours au contact des mêmes personnes. C’est aussi une grande chance qui nous est offerte de faire connaître le skimo à  un nouveau public”.

Si le skimo est unique en son genre, c’est parce qu’il combine le monde plus familier du ski de fond et certains aspects extrêmes de l’alpinisme de haut niveau. Les athlètes effectuent un parcours à la montée et à la descente qui requiert parfois un équipement de grimpe spécialisé afin d’accomplir des ascensions raides à pied sur des pentes verglacées et qui demande d’être rapide et agile sur les parties ski. Alors que les athlètes avalent des dénivelés pouvant aller jusqu’à 1 900 m, il s’agit d’avoir le cœur bien accroché.

Marti ne connaît que trop bien les effets que ce sport produit sur son physique.

“Le meilleur skieur-alpiniste n’est pas celui qui a la meilleure condition physique ni celui qui descend le mieux mais celui qui est l’athlète le plus complet”, ajoute-t-il.

“Les gens qui pratiquent ce sport ont souvent vécu des expériences très variées auparavant car il faut être vraiment fort et agile en montagne compte tenu de la présence d’arêtes et de parties très techniques. Et puis, vous devez passer du ski à la grimpe,  donc il faut pouvoir passer d’un équipement à l’autre très rapidement. Et enfin, il y a la descente… ”.+

Trois épreuves de skimo sont prévues à Lausanne 2020 : l’épreuve individuelle (une épreuve féminine et une épreuve masculine), le sprint (féminin et masculin) et le relais mixte composé de différents CNO. L’épreuve individuelle est la version marathon du ski-alpinisme : durant jusqu'à deux heures après un départ groupé, les athlètes effectuent jusqu’à trois ascensions et descentes de 800 à 1 300 m.


Par contre, le sprint peut se dérouler en trois petites minutes car le dénivelé ne dépasse pas 100 m. Pour décrocher l’or, les sprinteurs de skimo de Lausanne 2020  devront s’imposer lors d’un tour de qualification puis d’une série de courses éliminatoires allant des quarts de finale à la finale. Les trois meilleurs athlètes sont qualifiés à chaque étape.

Quant au relais d’équipes de quatre athlètes (deux femmes et deux hommes) de nationalités différentes, les équipes doivent accomplir deux ascensions et deux descentes sur un dénivelé de 180 m au plus. Avec 15 minutes par boucle, il s’agit d’une compétition rapide qui devrait emballer le public.

Le relais rappelle à Marti ses premières incursions dans le monde du skimo alors qu’il concourait aux côtés de son grand frère Marcel : “Il a arrêté la compétition il y a deux ou trois ans mais avant, nous avons fait beaucoup de courses ensemble pendant longtemps”, indique-t-il. “Il m’a beaucoup appris et si le succès international est au rendez-vous aujourd’hui, c’est grâce à lui.

C’était un athlète très complet; toutes les heures que nous avons passées ensemble m’ont aidé à peaufiner mon savoir-faire ”.

À l’instar de bon nombre de skieurs-alpinistes d’élite, Marti espère que Lausanne 2020 contribuera à attirer un nouveau public jeune vers ce sport captivant par ses éléments de compétition extrêmes.

“Si le ski alpin traditionnel est très populaire dans le monde et si beaucoup de gens le suivent et le pratiquent, peu de gens connaissent le ski-alpinisme”.

“Espérons que cela change car c’est une discipline très spectaculaire qui demande de la force physique; il suffit de voir la vitesse à laquelle les athlètes peuvent effectuer les phases d’ascension et tout ça. Et la descente, c’est aussi quelque chose d’assez incroyable”.

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