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Date
03 janv. 2007
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Actu CIO

«L’inconnu le plus célèbre de l’histoire»*


Le Baron Pierre de Coubertin est, comme beaucoup le savent, le fondateur des Jeux Olympiques de l’ère moderne. Si son œuvre est internationalement connue et reconnue, son personnage, lui, l’est beaucoup moins. Ainsi, tout au long de son existence, l’homme qu’était Pierre de Coubertin a aussi marqué la vie de ses proches. Aujourd’hui, il aurait 144 ans. Retour sur la vie d’un enfant, d’un mari et d’un père.
 
De l’enfant au jeune homme
Charles Pierre Frédy naît le 1er janvier 1863 à Paris, 20 rue Oudinot. Il est le quatrième enfant d’Agathe Gigault, musicienne, et de Charles Frédy, peintre d’art religieux. Issu d’une famille noble et aisée d’origine italienne, il partage son enfance entre le domaine de Mirville en Normandie et l’hôtel particulier de la rue Oudinot. Enfant, sa principale compagne de jeux est sa sœur aînée Marie de Coubertin. À cette époque, il découvre aussi le sport et ne s’en lassera jamais.
 
De 1875 à 1881, il effectue sa scolarité au sein de l’école libre jésuite Sainte Ignace. Là, il assiste au cours d’histoire du Père Caron qui suscite chez le jeune Pierre une passion pour l’Antiquité et en particulier pour les Jeux Olympiques. Six ans après, il obtient ses baccalauréats ès-lettres et ès-sciences. Ses parents veulent alors l’inscrire à la très réputée école militaire de Saint-Cyr. Mais il refuse et entame un cursus universitaire en droit et en sciences politiques. Durant les années 1880, il prend goût aux voyages et parcourt plusieurs fois l’Angleterre, l’Irlande et les États-Unis. Il découvre alors d’autres systèmes éducatifs qu’il étudie en détail et commence à ébaucher ce qui deviendra plus tard l’idéal olympique. Pierre de Coubertin ne cessera d’explorer le monde sa vie durant, autant pour ses recherches que par plaisir.
 
Du mari au père
Le 12 mars 1895, il épouse Marie Rothan, fille d’une riche famille alsacienne. Il trouve en elle une compagne forte de caractère, cultivée, très affectueuse et qui le soutiendra tout au long de son œuvre. Ils auront ensemble deux enfants : Jacques, né en 1896, et Renée, née en 1902. Pierre de Coubertin est très proche de ses enfants et accorde beaucoup d’importance à leur éducation, autant intellectuelle que physique. Et même si Jacques et Renée ont des problèmes de santé, causant de nombreux tourments à leurs parents, ils héritent de la passion sportive de leur père. Renée en particulier passe des journées entières à skier dans les Alpes.
Pierre de Coubertin ne laisse jamais ses travaux prendre le dessus sur sa vie de famille, privilégiant le plus souvent les sorties et les réunions de famille. Il apprécie les pique-niques et les promenades, qu’il partage avec ses enfants et son épouse pendant les périodes estivales. Les Coubertin se rendent également dans la propriété des Rothan à Lutterbach, où Pierre passe de longues heures à discuter avec sa belle-mère, une personne cultivée avec qui il échange ses découvertes et ses opinions. Parallèlement, il fréquente toujours sa sœur Marie avec qui il entretient une forte relation fraternelle depuis l’enfance. Ainsi, les relations qu’il avait avec les femmes de son entourage ont beaucoup compté pour lui.
En 1922, les Coubertin s’installent à Lausanne en Suisse, siège du CIO depuis 1915. Vivant plusieurs années à l’hôtel, ils emménagent en 1929 au troisième étage de la villa de Mon-Repos, appartement que la Municipalité lausannoise a mis à leur disposition. En 1935, ils changent à nouveau de logement et s’établissent à Genève.
 
Du vieil homme à la postérité
Le 2 septembre 1937 dans le Parc de la Grange à Genève, lors d’une de ses promenades de réflexion, Pierre de Coubertin décède à la suite d’un arrêt cardiaque. Deux mois plus tôt, la ville de Lausanne l’élisait « citoyen d’honneur » en hommage à son oeuvre. Selon ses dernières volontés, son cœur est embaumé et conservé dans une stèle à Olympie, devant ce qui est aujourd’hui l’Université Internationale Olympique. Son corps, lui, est enterré à Lausanne, ville qui lui offrit hospitalité, asile et reconnaissance.
« La vie est simple, parce que la lutte est simple. Le bon lutteur recule, il ne s’abandonne point : il cède, il ne renonce jamais […]. La vie est solidaire, parce que la lutte est solidaire […]. La vie est belle, parce que la lutte est belle […] lutte des âmes poursuivant la vérité, la lumière et la justice » (in Le roman d’un rallie, de Pierre de Coubertin, 1902).
 
* in Pierre de Coubertin, l’humaniste olympique, de Conrado Durántez Corral, 1994.
 



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