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Date
20 sept. 2017
Tags
Tokyo 2020 , Actualités Olympiques

« L’escalade sportive, c’est comme demander à Usain Bolt de courir un marathon puis le 110 m haies »

Shauna Coxsey, double championne du monde, explique que les grimpeurs de haut niveau avancent à tâtons à seulement trois ans de leurs débuts aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. En effet, les trois disciplines du sport – difficulté, vitesse et bloc – vont fusionner en un seul et même événement.

Shauna Coxsey, double championne du monde, explique que les grimpeurs de haut niveau avancent à tâtons à seulement trois ans de leurs débuts aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020. En effet, les trois disciplines du sport – difficulté, vitesse et bloc – vont fusionner en un seul et même événement.

« Cela incarne parfaitement l’idée de notre sport », note Shauna Coxsey, vainqueur 2016 et 2017 de la Coupe du Monde de la Fédération internationale d’escalade (IFSC). « Je comprends donc cette décision à 100 %. »

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Étant donné qu’une grande partie des grimpeurs de haut niveau se spécialise dans une seule discipline, les premiers pas de l’escalade aux Jeux Olympiques devraient offrir un spectacle fascinant, passionnant et surtout imprévisible.

Jamais les athlètes n’auront autant testé leur capacité d’adaptation.

« C’est un peu comme si on demandait à Usain Bolt de courir un marathon puis le 110 m haies, plaisante Coxsey. Personne n’a jamais sauté le pas. Jamais aucun bloqueur n’est passé à la vitesse ou à la difficulté, et aucun grimpeur de vitesse n’a fait de bloc ou de difficulté. »

Ce n’est qu’après la fin de la saison de la Coupe du Monde de bloc de l’IFSC 2017, en août (elle a assuré sa première place en gagnant à Bombay en juin), que la Britannique de 24 ans décidera si elle tentera de décrocher l’or à Tokyo. Si oui, elle sera bien placée pour revenir avec une médaille autour du cou.

C’est un peu comme si on demandait à Usain Bolt de courir un marathon puis le 110 m haies Shauna Coxsey

« Les gens disent que les bloqueurs sont mieux placés pour passer d’une discipline à l’autre, explique Coxsey. Beaucoup de bloqueurs de ma génération ont commencé par pratiquer l’escalade de difficulté parce qu’il n’existait aucune compétition internationale pour le bloc chez les jeunes. Les bloqueurs devraient avoir plus de facilité à passer à la vitesse parce que nous utilisons davantage la puissance. Mais en fait, ça reste impossible à prouver puisque jamais personne ne l’a fait. »

Tenter l’impossible, Coxsey et les autres grimpeurs en ont l’habitude. En qualifications et en demi-finales, les athlètes ont cinq minutes par bloc pour décider leur parcours et grimper. Aucun d’entre eux n’aura vu le bloc avant le moment fatidique.

« C’est différent à chaque fois. Parfois, je sais tout de suite quoi faire, parfois je n’ai vraiment aucune idée alors je commence à grimper sans savoir ce qu’il va se passer ni où je vais aller », explique la championne britannique.

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« Après avoir vu un bloc, je ne me dis pas "ça a l’air impossible". Je me dis plutôt "oh, ça a l’air impossible, mais ça ne veut pas dire que je ne peux pas le faire". Souvent, après avoir fini une montée, je me dis "mais comment ai-je pu vraiment grimper ça ?". »

« Je tente beaucoup de montées et de mouvements à l’entraînement pour voir où se situent les limites de la possibilité pour moi, ajoute Coxsey. Au centre d’escalade où je m’entraîne à Liverpool, ils me donnent un espace où je peux accrocher mes propres prises au mur et inventer les parcours les plus fous, sur lesquels ma partenaire d’entraînement, Leah Crane, et moi pouvons penser. Ensuite, on en fait des petits jeux, on s’amuse et on repousse nos limites pour voir ce qu’on peut faire. On se surprend souvent. »

En compétition, les concurrents ne sont pas seuls à chercher la voie idéale. En effet, les grimpeurs d’une compétition ont deux minutes pour étudier, ensemble, les blocs. Un principe qui incarne l’essence même de l’escalade et qui explique sans doute son regain de popularité et de participation récent.

C’est différent à chaque fois. Parfois, je sais tout de suite quoi faire, parfois je n’ai vraiment aucune idée alors je commence à grimper sans savoir ce qu’il va se passer ni où je vais aller Shauna Coxsey

« En général, on discute et on décide d’une route entre nous, explique Coxsey. Même si on est en compétition les uns contre les autres, ce n’est pas hostile. L’ambiance est plutôt amicale. »

Cet esprit de camaraderie se retrouve partout, même en Coupe du Monde, une compétition pourtant intense.

« Quand on est bas du bloc à en faire l’examen ensemble, je ne suis jamais mal à l’aise avec les autres filles, ajoute Coxsey. On veut toutes faire de notre mieux et on veut que la meilleure gagne. »

La bloqueuse n° 1 mondiale a passé deux décennies à arpenter les murs d’escalade.

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« Tout le monde veut être en bonne condition physique et vivre une vie saine, c’est la mode, mais je pense que beaucoup de gens souffrent de la monotonie de la plupart des sports. C’était mon cas quand j’étais plus jeune », avoue Coxsey.

« L’escalade offre toujours quelque chose de nouveau, un nouveau défi à chaque fois. Même maintenant, j’ai tellement hâte de découvrir de nouveaux parcours sur le mur d’escalade. Je ressens la même excitation que quand j’avais quatre ans. »

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