skip to content

"Je pense pouvoir avoir un impact sur la prochaine génération d'athlètes"

2018 Getty Images
Le double champion olympique John Morris parle de sa joie d'être un athlète modèle pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) d'hiver de Lausanne 2020.


John Morris est l'un des six curleurs à avoir remporté deux médailles d'or olympiques : une première avec l'équipe masculine canadienne à Vancouver en 2010 et une seconde avec Kaitlyn Lawes dans le double mixte à PyeongChang en 2018. 

Le Canadien, aujourd'hui âgé de 40 ans, se prépare à transmettre son expérience à la prochaine génération de sportifs aux côtés des autres athlètes modèles retenus pour les JOJ d'hiver de Lausanne 2020, où il offrira conseils et soutien aux 1 880 jeunes athlètes en lice en janvier prochain. 

Olympic.org a demandé à John Morris pourquoi il avait voulu rejoindre le programme des athlètes modèles et ce qu'il allait partager avec les jeunes athlètes à Lausanne… 

2018 Getty Images

Pourquoi avez-vous voulu rejoindre le programme des athlètes modèles ?

Aujourd'hui, j'en suis à un moment de ma carrière où il ne me reste que quelques années de compétition. Lorsque j'étais plus jeune, j'ai eu l'occasion de rencontrer des athlètes plus âgés auxquels j'ai pu m'identifier. Ils ont été pour moi une véritable source d'inspiration. J'ai eu la chance incroyable de remporter plusieurs médailles d'or durant ma carrière de curleur et je pense être en mesure d'avoir une influence sur la prochaine génération d'athlètes. Ce programme est une formidable occasion pour moi de le faire et de donner en retour au sport et aux jeunes athlètes.

À quel point est-ce important pour vous de donner en retour à votre sport ?

C'est essentiel. Comme je l'ai dit, j'ai grandi en ayant quelques modèles en curling ; si ces personnes n'avaient pas fait partie de ma vie, qui sait… peut-être aurais-je suivi une autre voie, loin du sport. Pour moi, le sport est une composante essentielle de nos vies et de celles des jeunes en particulier, lorsqu'ils sont le plus impressionnables. Lorsque les adolescents arrivent à la croisée des chemins, plusieurs options s'offrent à eux. Si je peux aider ces jeunes athlètes à choisir une voie dans le sport qui leur convient, une voie constructive, alors je serais content.

2018 Getty Images

Qui étaient vos modèles lorsque vous étiez jeune et à quel point vous ont-ils influencé ?

Parmi les curleurs, Ed Werenich, Neil Harrison, Wayne Middaugh – à l'époque, ils étaient tous à l'apogée de leur carrière de curleur et je n'étais qu'un jeune gars en quête de conseils, espérant juste leur ressembler un jour. Je me rappelle avoir joué contre eux lorsque j'étais adolescent ; je m'asseyais avec eux après les matches et ils me considéraient comme l'un des leurs, comme un autre concurrent. Lors de l'une de mes premières rencontres sur le circuit de Coupe du monde – j'avais 16 ans – j'avais pris, je ne sais plus trop pourquoi, le mauvais sac de sport et du coup, je n'avais pas de têtes pour mon balai de curling. Dans l'équipe d'Ed, il y avait ce joueur que j'adorais, John Kawaja. Lui avait un jeu de rechange et il m'a juste dit : "Tiens, petit, prends-le". J'ai donc pu jouer contre mes héros. Ce sont des gestes comme celui-là qui m'ont appris à relativiser. C'est pourquoi j'ai le sentiment d'être redevable à ce sport et à la prochaine génération d'athlètes. Je veux être celui qui donne quelque chose en retour à son sport, celui vers qui l'on peut se tourner. 

Qu'espérez-vous offrir aux jeunes athlètes en compétition à Lausanne ?

Ils vont avoir énormément de choses en tête. Ce sera peut-être le premier grand événement international auquel ils vont participer. Ils seront peut-être angoissés. C'est un sentiment auquel j'ai été confronté durant ma carrière. Il m'a fallu des années pour apprendre à surmonter mon angoisse. C'est pourquoi si je peux donner des conseils à ces jeunes athlètes sur la manière d'aborder ce genre de problématiques, je serai plus qu'heureux de le faire. 

Le plus important pour moi, en tant qu'athlète modèle, est de leur montrer que je ne suis pas au-dessus d'eux simplement parce que j'ai remporté deux médailles d'or olympiques. J'ai été comme eux moi aussi, je sais exactement ce qu'ils ressentent John Morris Canada
Comment allez-vous vous engager auprès d'eux ?

Je veux être le plus accessible possible. Je veux que les athlètes puissent venir me parler de tout. Le plus important pour moi, en tant qu'athlète modèle, est de leur montrer que je ne suis pas au-dessus d'eux simplement parce que j'ai remporté deux médailles d'or olympiques. J'ai été comme eux moi aussi, je sais exactement ce qu'ils ressentent, je veux être proche d'eux. Dès qu'ils sauront qu'ils peuvent venir m'aborder en toute confiance, j'espère qu'ils se confieront à moi, qu'ils m'interrogeront sur des sujets qui peuvent les aider et qu'ils tireront parti de mon expérience. 

Que diriez-vous à votre "jeune vous" si vous pouviez remonter le temps et lui donner des conseils ?

Voyons… J'ai connu de cuisantes défaites au début de ma carrière, notamment lorsque j'ai perdu en finale des championnats canadiens. À l'époque, j'ai eu le sentiment d'avoir laissé passer ma seule et unique chance de gagner, d'avoir échoué. J'étais à deux doigts de tout laisser tomber parce que j'étais passé à côté du titre. C'est ainsi que l'on voit les choses quand on est jeune, alors qu'en réalité, l'échec n'est qu'une étape vers le succès. La plupart des athlètes ont dû surmonter des obstacles durant leur carrière. L'échec est uniquement dans la tête et ce peut être un formidable enseignement. Si je n'avais pas perdu cette finale, je n'aurais pas eu autant envie de prendre ma revanche l'année suivante et de gagner. J'avais le sentiment d'avoir quelque chose à prouver. Vous devez apprendre la patience et relativiser. Si l'on ne remporte pas une compétition, ce n'est pas la fin du monde. J'ai mis du temps à comprendre cela. 

2018 Getty Images


Selon vous, que représentera le fait de participer aux JOJ pour les jeunes athlètes qui seront à Lausanne ?

C'est une telle chance pour eux. Les JOJ devraient être pour eux l'occasion de donner le meilleur d'eux-mêmes parce que s'ils participent à un événement comme celui-là à un âge aussi jeune, alors rien ne pourra les arrêter. Quels que soient leurs résultats, ils pourront utiliser les JOJ comme une source de motivation, parce que, de toute évidence, ils auront un jour la chance d'aller aux Jeux Olympiques. Leur expérience aux JOJ les aidera à comprendre cela, pour autant qu'ils continuent à travailler dur. Je pense que c'est un excellent message à leur transmettre. 

Nous sommes maintenant à moins de deux mois des JOJ – quel message adresseriez-vous aux athlètes qui en sont au dernier stade de leurs préparatifs pour Lausanne 2020 ?

Le moment crucial approche. Tout ce que vous pouvez faire, c'est vous préparer au mieux. Ayez confiance en vous et dites-vous que vous avez fait tout ce que vous pouviez pour être prêts pour les Jeux. Ne pensez pas que vos adversaires sont meilleurs que vous ou qu'ils se sont entraînés plus dur. Fiez-vous à votre entraînement et dites-vous que vous avez fait de votre mieux. Et une fois à Lausanne, rappelez-vous de vivre le moment présent, de vous amuser et d'en profiter. Bien souvent, l'intensité de la compétition vous fait oublier tout cela. Vivez pleinement cette expérience, vous serez plus détendus.

back to top En