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“Déposez vos armes et vos couteaux, et prenez vos baskets...” : l’histoire derrière une des citations les plus inspirantes de Londres 2012

Getty Images
Quelques minutes après avoir remporté la toute première médaille olympique d’or pour son pays, le spécialiste de la marche Erick Barrondo a fait une belle prose aux reporters présents aux Jeux Olympiques de Londres 2012. Six ans après, nous avons retrouvé le héros guatémaltèque pour parler avec lui de l’impact de ses paroles et de ses actes.

"J’espère que cette médaille encouragera les enfants de chez moi à déposer leurs armes et leurs couteaux et à prendre une paire de baskets à la place."

Tel était le message transmis au monde entier par Erick Barrondo, alors âgé de 21 ans, après avoir terminé deuxième derrière le Chinois Chen Ding dans l’épreuve masculine du 20km marche aux Jeux Olympiques de Londres 2012.

Une épreuve qui avait jusqu’alors surtout intéressé les médias chinois : Chen et Wang Zhen, classé troisième, étaient les premiers médaillés de leur pays dans cette épreuve. Puis la presse guatémaltèque a soudain interpellé le monde entier.

À la réflexion, c’était exactement ce que Barrondo, alors très ému, espérait.

“Lorsque j’ai prononcé ces mots, mon cœur était vraiment plein de joie, mais en même temps triste et blessé”, explique Barrondo qui avait reçu quelques instants plus tôt un appel téléphonique du président du Guatemala, Otto Perez Molina, pour le féliciter.

“J’ai dit cela parce que mon pays était en proie à la violence et j’espérais qu’avec ma médaille, les jeunes verraient que le sport peut unir les peuples et les cœurs et qu’il vaut mieux se tourner vers lui que vers la violence.”

Le médaillé olympique d’argent est bien conscient que la criminalité et la violence chez les mineurs sont toujours une réalité dans son pays. “Il y a des jeunes qui n’ont pas une enfance heureuse et qui sont convaincus qu’ils n’auront jamais un avenir meilleur”, regrette-t-il.

Mais depuis ce jour historique, les choses s’améliorent, et même de manière spectaculaire selon lui :

“Le sport a changé des vies au Guatemala et c’est vraiment beau à voir. Chaque jour, les rues sont remplies de gens qui courent ou qui font du vélo.

Après les Jeux de Londres 2012, le nombre de sportifs a vraiment augmenté au Guatemala. Le sport est un virus imparable. Il est chaque jour plus contagieux.

Plus il y a de personnes qui courent dans la rue, moins il y a de criminels dans la rue.”

Pas étonnant donc que ce passionné de Barrondo, qui était allé aux Jeux de Londres 2012 en tant que champion panaméricain du 20km marche hommes, s’engage activement à essayer de continuer d’offrir un avenir meilleur aux enfants dans tout le Guatemala.

“Avec ma femme (Mirna Ortiz, qui avait concouru dans l’épreuve féminine du 20km marche à Londres 2012), nous menons un projet axé sur la marche pour les enfants pauvres”, dit-il. “Nous avons foi en notre peuple et c’est pour cela que nous nous battons pour lui.

“À présent, beaucoup de jeunes adorent la marche, et nombreux sont ceux qui pensent comme Erick Barrondo qu’ils peuvent aussi changer leur vie grâce au sport. Ils rêvent de participer aux Jeux Olympiques.”

Getty Images

Les efforts de Barrondo portent leurs fruits non seulement sur les jeunes de son pays, mais aussi sur toute la population indigène du Guatemala. Barrondo et sa femme sont en effet d’origine autochtone.

“Jusqu’à il y a quelques années, les gens pensaient que le peuple autochtone ne pouvait pas aller bien loin, mais aujourd’hui ils savent que nous avons les mêmes aptitudes que les autres et même certaines choses que les autres n’ont pas”, a indiqué Barrondo. “Dans le sport, il n’y a pas de discrimination.”

L’athlète au large sourire reste une personnalité très populaire et active dans les cercles sportifs guatémaltèques et pour lui, les Jeux Olympiques sont essentiels pour diffuser le message selon lequel nous sommes tous égaux.

“Les Jeux Olympiques sont importants et nécessaires car ils unissent le monde”, dit-il. “Ils sont nécessaires car ils montrent que l’impossible peut devenir possible. Ils encouragent le monde à rêver et grâce au sport, de nombreuses personnes voient leur vie changée.”

Aujourd’hui âgé de 27 ans, Barrondo a encore du mal à croire ce qu’il s’est passé à Londres en 2012, non seulement sur l’aire de compétition, mais aussi après dans la tente de la presse.

“J’avais prévu de gagner une médaille, mais ce que j’ai dit à ce moment-là était juste ce que mon cœur ressentait alors”, a expliqué Barrondo. “J’ai parlé du fond du cœur en espérant que cela touche mon peuple au Guatemala et le reste du monde.” 

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