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Lydia LASSILA

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La volonté de voler

Championne olympique du saut acrobatique à Vancouver en 2010, médaillée de bronze à Sotchi en 2014 après avoir tenté une incroyable et inédite quadruple manœuvre dans les airs, mère de deux enfants, Lydia Lassila est devenue à PyeongChang la première Australienne à avoir disputé cinq éditions des Jeux d’hiver. Elle n'y a pas dépassé les qualifications, mettant alors fin à sa carrière sportive. Elle restera comme un modèle pour toutes les générations de skieurs acrobatiques australiens.

Le destin frappe à la porte

"Au plus jeune âge, j’étais déjà certaine de ce que je désirais. C’était simple et parfaitement clair : je voulais gagner l’or aux Jeux Olympiques », raconte Lydia Lassila. Elle est une acrobate née, qui se met rapidement à la gymnastique, « dévorée par l’idée de devenir olympienne". Mais à 16 ans, une blessure met fin à sa carrière de gymnaste. "C’est là que le destin a frappé à la porte, avec un nouveau challenge qui allait changer ma vie pour toujours. L’Australie lançait un programme unique consistant à transformer les gymnastes en skieurs de saut acrobatique, j’ai été sélectionnée pour tenter un nouveau départ, et avoir une 2e chance de réaliser mon rêve d’enfance. En moins d’un an, dans mon année débutante au niveau international, j’ai disputé la finale des Jeux de Salt Lake City 2002 où je me suis classée 8e."

"Travailler plus intelligemment"

La championne australienne poursuit un autre but dans sa carrière : réaliser dans les airs ce qu’aucune autre femme n’a réussi, innover, repousser les limites. "J’étais déterminée à devenir la n°1 mondiale ". Elle s’entraîne avec une ardeur inimaginable. Les années menant aux Jeux de Turin 2006 sont ponctuées de blessures… et de victoires, comme une série de trois premières places consécutives en 2004-2005. Mais sur le tremplin de la Sauze d’Oulx le 22 février 2006 lors des Jeux de Turin, elle se blesse grièvement au genou en atterrissant lors de son 2e saut en qualifications. "Là, j’ai réalisé que je ne devais pas travailler plus fort. Je devais travailler plus intelligemment."

Brillamment sacrée championne olympique 2010

Après plusieurs opérations, elle revient sur le circuit lors de la saison 2007-2008 et redevient la n°1 mondiale, remportant la Coupe du monde FIS de sa discipline l’hiver suivant. "J’ai démarré l’hiver olympique 2010 avec un seul objectif : devenir championne olympique. Ma préparation était parfaite, j’avais l’esprit blindé. J’étais prête". À Cypress Mountain, le site du saut acrobatique des Jeux de Vancouver 2010, elle commence par prendre la 9e place des qualifications le 20 février, pour entrer parmi les 12 finalistes. Quatre jours plus tard, elle obtient en finale les plus hauts scores jamais accordés, réalisant les deux sauts les plus difficiles, et s’impose avec un total de 214.74, loin devant les Chinoises Li Nina (207.23) et Guo Xinxin (205.22). "J’ai vu mon nom en haut du tableau lumineux, et je me suis assise en état de choc, réalisant bien sûr que j’avais gagné, mais tellement absorbée par une onde de satisfaction qui se répandait dans tout mon corps : j’avais finalement réalisé ce que je voulais depuis si longtemps… l’or olympique". Elle est la 2e médaillée d’or australienne en saut acrobatique, après Alissa Camplin à Salt Lake City en 2002.

L’extraordinaire et inédite tentative de Sotchi

Après son triomphe canadien, Lydia Lassila donne naissance à son premier enfant. Pour les Jeux de Sotchi, elle est déterminée à tenter une figure encore jamais réalisée par une femme. Le 14 février 2014 sur le tremplin du Parc extrême de Rosa Khutor, elle prend la première place des qualifications. Lors de son dernier envol dans la "super finale à quatre", elle va exécuter non pas une double ou une triple figure, mais une quadruple ! Soit un « back full-double-full-full ». Lassila décolle sur la rampe de neige. Elle s’envole très haut, puis voilà un saut périlleux vrillé complet, suivi d’un saut périlleux avec double vrille, suivi d’un autre saut périlleux vrillé, dessinant une arabesque insensée dans les airs qui semble durer une éternité. Mais il faut maintenant se poser ! Partie si haut, si fort, l’Australienne touche le sol et part en arrière le dos sur la neige. Mais Lydia sourit, elle envoie des baisers à la foule puis tombe dans les bras de son amie biélorusse, trentenaire et mère de famille comme elle, Alla Tsuper qui va être sacrée championne olympique. Malgré son atterrissage raté, le très haut degré de technicité de ce saut inédit vaudra à Lassila une belle médaille de bronze.

"Dans les livres d’histoire"

"Je me suis rejoué encore et encore ce dernier saut dans ma tête. Et ça durera encore longtemps. J’ai tout risqué pour la gloire ultime, et bien que la médaille n’ait pas été en or, j’ai été satisfaite de ma performance. J’ai atteint le but que je m’étais fixé quand j’ai démarré ce sport. J’ai repoussé les frontières et je suis devenue la première femme à réaliser le quadruple saut périlleux vrillé, que seuls les hommes maîtrisent. Cela entrera dans les livres d’histoire comme un moment d’audace qui a fait progresser le saut acrobatique. J’ai repoussé mes propres limites et je n’ai aucun regret. J’en resterai fière pour toujours", expliquera-t-elle.

PyeongChang 2018, me voilà !

La double médaillée olympique fait alors un break de deux ans et devient mère d’un second enfant. En 2016 sort un magnifique film documentaire, "The Will to Fly", racontant son parcours et sa volonté de réussir ce que personne n’avait jamais réalisé. La même année, en novembre, elle explique : "J’ai pensé au come-back en avril et en mai. J’espérais que cette envie de retraite me prendrait, mais elle n’est jamais venue. Je me suis même dit "Mon dieu, est-ce que cette volonté d’arrêter va venir ?", mais il était en même temps très excitant de savoir que j’avais encore la force de continuer". Elle ajoute : "Je suis réaliste. Les buts ont changé. Quand vous avez gagné l’or, que deviennent-il ? À Vancouver, c’était tout pour le titre. À Sotchi, c’était tout pour le quadruple saut. Je peux être compétitive un tour de plus. Avec plus de consistance et en étant plus stratégique. J’ai toujours le feu." Elle reprend la compétition en Coupe du monde sur une 6e place à Lake Placid le 14 janvier 2017. Puis enchaîne sur deux victoires, à Deer Valley en février, puis à Moscou en mars. Et d’un seul coup, les cartes sont rebattues dans le jeu des pronostics pour la compétition de saut acrobatique à PyeongChang 2018.

Les adieux à la compétition

Sur le tremplin de neige des Jeux d'hiver 2018, le voyage olympique de Lydia Lassila ne s'achève pas en conte de fées. Le 15 février, elle se classe 15e de la seconde phase qualificative et dit adieu à la finale, comme à sa carrière sportive. "C'est dans la nature des choses. Il y a des éléments que l'on ne peut pas contrôler. C'est dur, et nous le savons. Mon histoire s'achève ici, mais c'est OK. Je m'y suis préparée", dit-elle philosophiquement à chaud. "J'ai aimé chaque minute. Pour le moment, c'est certes une véritable horreur, je vais probablement rentrer chez moi en pleurant de déception, mais je suis reconnaissante d'être en bonne santé, et pour toutes les opportunités que le sport m'a offertes." Et pour donner l'exemple aux générations futures, elle ajoute : "Ça a été un sacré truc d'emmener mes garçons avec moi aux camps d'entraînement. Cela prouve que l'on peut le faire en tant que mère, que l'on peut mener une entreprise, qu'en tant que mère et athlète on peut tout faire, c'est juste une affaire de défis logistiques, mais c'est possible !"  

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