skip to content

Au panthéon de la lutte féminine et des Jeux Olympiques

Kaori Icho n’a jamais perdu un combat aux Jeux Olympiques, inaugurant le palmarès de la lutte féminine à Athènes en 2004 avant de conserver son titre à Beijing 2008, Londres 2012 et Rio 2016. Elle est la première olympienne de l’histoire à remporter quatre titres dans la même discipline. Au Japon et dans son sport, Kaori Icho est une légende. 

Facebook n’existe pas encore, et Twitter est à trois ans de son apparition en ligne lorsque Kaori Icho subit à 19 ans sa dernière défaite pour les treize années à venir sur un tapis de lutte, un an avant les débuts de son sport au programme olympique. Depuis lors, la championne japonaise née à Hachinoe (extrême nord de l’île principale de Honshu) dans une famille de lutteurs, s’est constituée un extraordinaire palmarès, devenant la première femme à remporter quatre médailles olympiques consécutives dans la même discipline. Kaori Icho est invaincue aux Jeux ! Elle est déjà la meilleure lutteuse de son pays au niveau scolaire, promise à un avenir exceptionnel, championne nationale à 17 ans, puis championne du monde pour la première fois un an plus tard, en 2002 à Chalcis (Grèce) dans sa catégorie des 63kg, titre qu’elle conserve à New York en 2003. 


Athènes 2004
La lutte libre féminine débute aux Jeux dans le gymnase Ano Liossa d’Athènes, les 22 et 23 août 2004 avec quatre catégories. En 63kg, Kaori Icho qui vient de fêter ses 20 ans, ne fait pas de détails. Technique, énergique, elle domine largement toutes ses adversaires dans la phase de poules, élimine la Française Lise Legrand 4-0 en demi-finale, puis retrouve l’Américaine Sara McMann en finale pour une revanche. C’est elle qui lui a fait subir sa dernière défaite à l’Open de Klippan (Suède) en 2003 ! Kaori s’impose 3-2. La famille Icho revient de Grèce avec deux médailles puisque sa soeur ainée Chiharu prend l’argent dans la catégorie 48 kg.

Beijing 2008
Championne du monde 2005 à Budapest (Hongrie), 2006 à Guangzhou (Chine) et 2007 à Bakou (Azerbaïdjan), Kaori Icho défend son titre sur le tapis de lutte du Gymnase de l'Université de l'agriculture de Chine à Beijing le 17 août 2008. La veille, elle a pleuré à chaudes larmes quand sa soeur Chiharu a perdu la finale des 48kg pour la deuxième fois. Quand son tour arrive, la lutteuse de d’1,66m pour 60kg se montre intraitable. En finale, elle affronte la championne d’Europe russe en titre, Alena Kartashova et l’expédie au tapis dans la 2e période pour remporter sa deuxième médaille d’or olympique. 

Londres 2012
Sur la route des Jeux de Londres, Kaori Icho remporte deux titres mondiaux supplémentaires, Moscou 2010, et Istanbul 2011. Elle traverse un moment de doute, puisque Chiharu qui a toujours été à ses côtés, en compétition et en dehors, a décidé de mettre un terme à sa carrière pour devenir professeur. Mais l’envie et la passion sont toujours là et le 8 août 2012 devant le public de l’ExCel de Londres, elle dispute sa 3e finale olympique face à la Chinoise Rui Xue. Toujours aussi puissante et explosive, elle lui fait subir la même chose qu’à toutes ses autres adversaires dans ce tournoi 2012, la dominant grâce à son inégalable technique, chacun de ses mouvements précis, parfaits, s’enchaînant l’un après l’autre avec fluidité. 5-0 ! « Ces trois Jeux sont passés si vite ! Les quatrièmes vont arriver à la même vitesse. Mais pour le moment, je n’en ai aucune idée », dit-elle. 

Un de chute
Championne du monde pour la 8e fois à Budapest (Hongrie) en 2013, Kaori Icho est encore à la recherche de la perfection. « Bien que je gagne à nouveau le titre mondial, je ne suis pas satisfaite. Je n’ai pas encore réussi à tirer le meilleur de moi-même », explique-t-elle. Elle passe alors dans la catégorie 58kg compte tenu de l’augmentation du nombre de catégories en lutte libre féminine à Rio 2016 et atteint le chiffre magique de 10 titres mondiaux : victoires à Tashkent (Ouzbékistan) en 2014 et à Las Vegas (USA) en 2015. En janvier 2016, elle subit sa première défaite en treize ans et 189 combats, battue en finale du Golden Grand Prix de Krasnoyarsk (Russie) par la jeune lutteuse mongole Orkhon Purevdorj. Elle dit alors que ce revers la « fait grandir » et qu’elle est déterminée à en tirer tous les enseignements nécessaires. 

Rio 2016
Elles sont deux lutteuses japonaises, deux légendes, à tenter la passe de quatre à Rio en 2016. Saori Yoshida (13 titres mondiaux, championne olympique des 55kg 2004, 2008 et 2012) et Kaori Icho. Mais là où Yoshida chute sur la dernière marche, battue pour l’or par l’Américaine Helen Maroulis, Icho va devenir l’égale du lanceur de disque américain Al Oerter et de ses compatriotes sauteur en longueur Carl Lewis et nageur Michael Phelps (200m 4 nages), les seuls olympiens à avoir triomphé quatre fois de suite dans la même épreuve. Le 15 août, elle se montre à nouveau intraitable face à ses adversaires successives, dans l’Arena Carioca 2, et fête la victoire après avoir battu en finale la Russe Valeria Koblova 3-1, en déclenchant un mouvement gagnant en fin de rencontre. « L’Idée de remporter ma quatrième victoire consécutive ne m’a pas mis la moindre pression, mais je pense que c’étaient les premiers Jeux où j’ai ressenti de la peur. Ma maman n’était pas là, et il y avait beaucoup d’autres choses dans ma tête, mais je pense que j’ai gagné ce titre à grâce à mon désir », dit-elle à chaud. 

Et maintenant ? 
Le 13 septembre 2016 à Tokyo, Kaori Icho reçoit le « prix d’honneur de la Nation » des mains du premier ministre Shinzo Abe. A 32 ans, elle ne pas dit si elle compte disputer les Jeux de 2020 à domicile pour tenter de gagner un cinquième titre olympique. « Cela fait partie des possibilités. Mais tout est lié à l’état de mon corps, et quatre ans, c’est long. Si vous n’êtes pas préparée pour ça, vous ne pouvez-vous fixer un objectif à quatre années. J’ai besoin d’un peu de temps pour y réfléchir… »

Plus


Galerie


Résultats


back to top En