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Les grands noms des Jeux Olympiques de l’Antiquité

En près de douze siècles, les Jeux Olympiques de l’Antiquité ont vu défiler une incroyable collection de personnages légendaires. Des hommes héroïques de grande stature ont su capter l’attention du public, notamment les stars des sports de combat qui jouissaient d’une popularité particulièrement forte. Leur apparence physique, leur goût du défi et leurs appétits hors du commun ne pouvaient que séduire un public bercé par les exploits des héros de la mythologie grecque. Nous vous proposons ici une sélection des meilleurs d’entre eux.

PANCRACE

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Théagène de Thasos

À Olympie : Un des athlètes les plus populaires de l’Antiquité, Théagène a remporté le pancrace de la 76e Olympiade en 476 av. J.-C., après s’être imposé dans l’épreuve de boxe lors de l’édition précédente.

Origines : Né sur l’île de Thasos d’un prêtre du temple d’Héraclès, Théagène était considéré comme un descendant direct du demi-dieu par bon nombre de ses compatriotes.

Anecdote : Ce géant a passé toute sa vie en tournée autour de la Méditerranée, pour participer à des Jeux. On dit qu’il aurait ainsi remporté plus de 1 400 couronnes.

Mythe : Les habitants de Thasos avaient érigé une statue à l’effigie de leur héros, mais l’un de ses rivaux en avait pris ombrage. Éternellement condamné à la deuxième place, cet homme se rendait quotidiennement devant la statue pour la frapper vigoureusement, jusqu’à ce qu’un jour elle finisse par tomber de son socle pour écraser le malheureux. Même après sa mort, Théagène n’a cessé d’écraser ses adversaires. 

Mention spéciale à... Arrachion de Phigalie, qui a arraché la victoire à son adversaire juste avant de rendre son dernier souffle. C’est donc à titre posthume qu’il a reçu sa couronne olympique.

LUTTE

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Milon de Crotone

À Olympie : Sextuple champion olympique

L’avis de l’historien : « Tout le monde ou presque aimait Milon de Crotone. Il était absolument gigantesque. Sa carrure était légendaire. Dans le cadre d’un sacrifice important [à Zeus, une cérémonie organisée durant chaque édition des Jeux], il a transporté un taureau dans le sanctuaire en le portant sur son dos. Après l’avoir tué, il l’a mangé à lui tout seul, en une journée. Son appétit et sa taille faisaient l’admiration de tous », explique Paul Christesen, professeur d’histoire de la Grèce antique au Dartmouth College (États-Unis).

Anecdote : Célèbre pour avoir ingurgité neuf litres de vin rouge d’une seule traite, Milon a également mené Crotone à la bataille avec pour seul équipement une peau de lion sur son dos, une couronne sur la tête et un gourdin.

Derniers Jeux : À un âge estimé entre 38 et 40 ans, Milon a disputé ses septièmes et derniers Jeux Olympiques. Au terme d’un combat interminable, il a finalement concédé la victoire à Timasitheos, 28 ans. La foule s’est alors précipitée pour porter Milon en triomphe, emmenée par Timasitheos lui-même.

Une fin à sa mesure : Les mains coincées après avoir tenté de fendre une souche d’arbre mort à mains nues, Milon a été dévoré par des loups.

 

Mention spéciale à... Hipposthène de Sparte et à son fils, Etoimoklès. Ensemble, les deux hommes ont décroché onze couronnes olympiques, mais leurs exploits ont été relégués au second plan par l’incontournable Milon.

 

BOXE

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Diagoras de Rhodes

À Olympie : Vainqueur de la 79e Olympiade, en 464 av. J.-C.

Origines : la taille de Diagoras est estimée à 2,20 m par l’érudit grec Pindare, ce qui explique sans doute les rumeurs disant que sa mère l’avait conçu avec un dieu.

Anecdote : Surnommé euthymaches (le combattant honnête), Diagoras faisait toujours face. Il refusait obstinément d’éviter, de contrer ou de parer les coups de poings de ses adversaires.

Dynastie olympique : Ses trois fils ont remporté cinq titres olympiques au total.

Une fin ironique : Diagoras a vu l’un de ses fils s’imposer en boxe, bientôt suivi d’un autre de ses enfants, vainqueur du pancrace. Les deux garçons ont offert leur couronne à leur père, pour le plus grand plaisir de la foule, qui a porté le vieux champion en triomphe. On raconte que, dans l’excitation du moment, la foule se serait exclamée : « Que peut-on rêver de mieux ? Maintenant, tu peux mourir tranquille. » Ce que Diagoras a fait, dans la minute.

Mention spéciale à... Pythagore de Samos, aux longs cheveux, qui s’était présenté pour participer à l’épreuve des juniors en 588 av. J.-C., mais qui avait été recalé en raison de son apparence efféminée. Il a finalement pris part à l’épreuve masculine, dans laquelle il a triomphé.

 

COURSE

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Léonidas de Rhodes

À Olympie : Léonidas, qui fait partie des plus grands olympiens de tous les temps, a remporté les deux épreuves de sprint les plus prestigieuses, le stadion et le diaulos, ainsi que la course en armes lors de quatre éditions successives des Jeux, entre 164 et 152 av. J.-C.

Anecdote : Léonidas a ceint sa 12e couronne olympique à 36 ans.

Réaction à Rhodes : Ses compatriotes, qui estimaient qu’il « possédait la vitesse d’un dieu », l’ont élevé de son vivant au rang de divinité.

Incomparable : De nombreux coureurs se sont approchés de son record, mais aucun ne l’a jamais égalé.

Mention spéciale à... Astylos de Crotone qui, après avoir remporté le stadion et le diaulos en 488 av. J.-C., a défendu les couleurs de Syracuse lors des deux Olympiades suivantes et remporté de nouveau les deux courses. Furieux de sa décision, les habitants de Crotone ont transformé sa maison de famille en prison. 

 

PENTATHLON

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Phayllos de Crotone

À Olympie : On ne sait pas grand-chose des stars du pentathlon, ni des épreuves qui n’étaient pas disputées séparément : le saut en longueur, le disque et le javelot. Phayllos fait partie des exceptions à la règle. Toutefois, s’il est avéré qu’il a remporté trois victoires aux Jeux pythiques, les récits de ses succès à Olympie sont plus vagues.

Origines : Ses exploits remontent à une période située entre la fin du sixième siècle et le début du cinquième siècle av. J.-C. Son héroïsme sur le champ de bataille lui a permis de se tailler rapidement une belle réputation chez les Grecs.

Anecdote : Phayllos aurait franchi l’intégralité du bassin de sable (15,2 m) en un saut, réalisant un bond de 16,3 m. Il s’agit de l’un des très rares cas de distance mesurée exactement durant l’Antiquité. Compte tenu du fait qu’il est impossible pour un être humain de sauter aussi loin (l’actuel record du monde masculin est détenu par l’Américain Mike Powell, avec 8,95 m), certains experts se demandent si les athlètes de l’Antiquité ne disputaient pas plutôt une épreuve similaire à notre triple saut moderne. Cette hypothèse reste cependant largement minoritaire, la tendance actuelle étant à mettre ce chiffre étonnant sur le compte de l’exagération.

Héros militaire : L’athlète de Crotone a été unanimement salué par toute la Grèce après sa victoire dans la bataille navale de Salamine, en 480 av. J.-C.. Seul Grec de l’Italie du Sud à prendre part au combat, Phayllos était aux commandes d’un navire payé avec ses propres deniers. En reconnaissance, une statue à son effigie a été construite sur l’Acropole d’Athènes. L’inscription qui y figure est encore lisible aujourd’hui. Cent cinquante ans après cette bataille, Alexandre le Grand a expédié une partie du trésor saisi en Perse à Crotone, en hommage à Phayllos.

 

COURSE DE CHARS

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Kyniska de Sparte

À Olympie : Vainqueur de la course de chars à quatre chevaux en 396 et 392 av. J.-C.

Origines : Fille du roi de Sparte, Kyniska s’est, dès son plus jeune âge, fixé pour objectif de connaître la gloire aux Jeux Olympiques. Profitant de la tradition qui faisait du propriétaire du chariot le lauréat de la couronne olympique, elle a ainsi contourné le règlement qui interdisait aux femmes de participer.

Pionnière : Les victoires de Kyniska ont encouragé d’autres propriétaires féminines à se lancer dans la course. À la fin des Jeux, douze d’entre elles s’étaient imposées.

Histoire

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