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La nouvelle reine slovène du ski alpin

Après la retraite définitive de la quadruple médaillée olympique Tina Maze, sa jeune compatriote Ilka Stuhec a pris la relève, et de quelle manière ! Elle a largement dominé les épreuves de vitesse de l’hiver 2016-2017 et a été sacrée championne du monde de descente à Saint-Moritz le 12 février. On l’attend au sommet à PyeongChang 2018 ! 


Double championne du monde junior 

Comme Tina Maze, Ilka Stuhec est originaire de Slovenj Gradec, dans les montagnes slovènes de Carinthie, le long de la frontière autrichienne. Et comme sa glorieuse devancière, elle grandit dans un milieu totalement consacré au ski alpin. Elle est sur les planches dès ses deux ans,  « et je resterai dessus, d’une façon ou d’une autre, aussi longtemps que je le pourrai », dit-elle.  Sa mère Darja Crnko. est entraîneur au club local, et la jeune Ilka est une très brillante junior au niveau international. En 2007 lors du Festival Olympique d’hiver de la Jeunesse Européenne à Jaca dans les Pyrénées espagnoles, elle s’impose en slalom et en géant. La même année, la skieuse du SK Branik Maribor est championne du monde junior de slalom à Flachau (Autriche) et l’année suivante à Formigal (Espagne) elle gagne le titre planétaire en descente dans sa catégorie d’âge. L’hiver 2007-2008 la voit également débuter sur la Coupe du monde de la FIS, à 17 ans, promise à un bel avenir. 

Blessures et longue éclipse 

Malheureusement, l’ascension d’iIlka Stuhec est stoppée net par une grave et récurrente blessure au genou à partir de 2008. Elle devra subir cinq opérations et ne reviendra pas avant l’hiver 2011-2012. Entre temps, elle est écartée de l’équipe nationale Slovène. Sa mère prend alors les choses en mains. Darja s’occupe de tout : préparatrice des skis, coach, analyste vidéo, masseuse, physiothérapeute, chauffeur, manager. « Elle a sauvé ma carrière. Sans elle, je ne serais jamais arrivée là où je suis aujourd’hui », explique la championne du monde. 
 

Premiers Jeux à Sotchi en 2014

Ilka repart sur la Coupe du monde avec sa maman, elle obtient plusieurs top 10  en descente, combiné, géant et super-G tout en alignant les titres nationaux, avant de disputer ses premiers Jeux Olympiques en 2014 à Sotchi. « Je suis très fière de m’y être classée 10e en descente et 13e en Super-G », raconte-t-elle, évoquant des  Jeux où elle a évolué dans l’ombre de Tina Maze sacrée en descente et en slalom géant.  Elle traverse aussi deux éditions des championnats du monde (Schladming 2013 et Vail/Beaver Creek 2015) sans obtenir de résultat marquants. 

Sous le soleil de l’Amérique du Sud

On retrouve la skieuse de Maribor à l’entraînement sur les pentes de l’Amérique du Sud, à l’été 2016. Elle a pris plusieurs décisions importantes pour la saison à venir : changement de marque de skis, retour dans le giron de l’équipe de Slovénie où elle s’entraîne avec les garçons, engagement d’une préparatrice mentale et physique. « Il faut juste suivre ses rêves, et les miens sont d’or. Le plus important pour moi, c’est d’atteindre les buts que je me suis fixés, et de m’amuser. M’amuser quoi que je fasse », dit-elle alors sous le beau soleil de l’hiver austral.

Reine de l’hiver 2016-2017 

C’est une autre Ilka Stuhec qui attaque à 26 ans l’hiver 2016-2017. Une championne qui a d’un coup réuni tous les ingrédients de la gagne : la technique, la confiance, le supplément d’âme. Dès lors, on ne l’arrête plus. Première descente de la saison à Lake Louise (Canada) le 2 décembre, première victoire. Deuxième descente le lendemain, deuxième victoire. Succès en combiné à Val d’Isère. Première de la descente sur la OK de la Daille dans la même station française.  Victoire en Super-G à Cortina d’Ampezzo le 29 janvier 2017 ! Avant la consécration. Le 12 février 2017, Ilka Stuhec s’envole sur la piste Engiadina de Saint-Moritz pour être couronnée championne du monde de descente, succédant à Tina Maze (sacrée à Beaver Creek en 2015). Aérienne, offensive, générant de la vitesse à chaque courbe, fusées préparées par maman aux pieds  flashée à 125 km/h en bas de piste, Stuhec l’emporte avec 40/100e d’avance sur l’autrichienne Stephanie Venier et 45/100e sur la reine américaine Lindsey Vonn. Quelle victoire !  Ilka et Darja s’étreignent alors sans parvenir à prononcer le moindre mot, dans un torrent de larmes. 

Rendez-vous à PeyongChang 2018 !

Ilka Stuhec finit l’hiver 2016-2017 en s’imposant lors des finales de Coupe du monde dans la descente d’Aspen, sa 7e victoire de la saison, et s’adjuge deux globes de cristal : celui du combiné et bien sûr, celui de la descente. Qui sait si on ne reverra pas la même scène qu’à Saint-Moritz se reproduire en bas de la piste olympique de vitesse de Jeongseon en février 2018 lors des Jeux de PyeongChang ? « Je pense que les Jeux, c’est quelque chose de très spécial, car c’est une course tous les quatre ans. Mais j’essaye de la prendre comme une course normale, et je me dis « ok, tu as une chance ici, la prochaine c’est dans quatre ans » expliquait-elle en Patagonie. Nous y sommes presque. 

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