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Hilary KNIGHT

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Sept titres mondiaux avant l'or olympique

Hockeyeuse internationale américaine sept fois championne du monde de 2007 à 2017, à chaque fois devant le Canada, et deux fois vice-championne olympique en 2010 et en 2014, battue par la même équipe, l'attaquante Hilary Knight a enfin touché l'or aux Jeux à PyeongChang 2018 à l'issue d'une finale irrespirable où les joueuses à la bannière étoilée sont venues à bout de leurs éternelles rivales à la feuille d'érable après 20 ans d'attente.

L'enfance sur la glace

"J'ai adoré le hockey sur glace dès lors que j'ai commencé à l'âge de 5 ou 6 ans. J'ai tout de suite voulu participer aux Jeux Olympiques, même si le hockey féminin n'y était pas encore. J'en voulais toujours plus, j'allais me coucher avec mon équipement sur moi et j'étais totalement excitée de l'entraînement du lendemain. Je dormais avec des palets sous mon oreiller parce que j'étais convaincue que ça me portait chance. Pour moi, il n'y avait rien d'autre, rien d'aussi dynamique et d'aussi rapide, rien qui ressemble à ce qu'on ressent quand on patine dans la patinoire avec le vent dans les cheveux", raconte Hilary Knight, qui n'a que 28 ans (elle est née le 12 juillet 1989 à Palo Alto, Californie) et qui est pourtant un pilier de l'équipe américaine depuis 2007.

Brillante joueuse de club

Hilary Knight s'est fait remarquer à son poste d'attaquante dès ses années en "NCAA" avec l'Université du Wisconsin, avant de rejoindre les Boston Blades dans la ligue professionnelle canadienne (WCHA), et enfin les Boston Pride dans la ligue américaine (NWHL) à partir de 2015. Dès sa première saison, elle finira meilleure marqueuse du championnat. Les Boston Pride s'adjugent la "Isobel Cup", remportant la finale en 2016 face aux Buffalo Beauts, avant de perdre au même stade face à cette équipe en 2017.

Les Jeux avant tout

Mais sa motivation première est sa carrière internationale, et avant tout les Jeux Olympiques. "J'ai toujours voulu aller aux Jeux d'hiver", dit-elle, "cela a toujours été mon objectif, mais ce n'est probablement qu'au lycée que j'ai compris que j'en avais le talent. J'étais tellement immergée dans le sport, j'adorais jouer et du coup, je n'avais pas pris le temps de me comparer aux autres joueuses. Je crois que le déclic s'est produit lors des sélections pour l'équipe olympique en 2006 quand j'ai été recalée. Là, je me suis dit, "OK, c'est la dernière fois que j'échoue. Je vais faire en sorte d'être retenue dans la prochaine équipe olympique."

L'or au Mondiaux, l'argent sur la scène olympique

Elle dispute ses premiers Championnats du monde en 2007 à Winnipeg (Canada) où les États-Unis sont battus 5-1 par le Canada en finale, puis elle remporte deux titres consécutifs en 2008 à Harbin (Chine) où son équipe prend sa revanche 4-3 face aux joueuses à la feuille d'érable, et en 2009 à Hämeenlinna (Finlande) où elle marque le dernier but de son équipe, 4-1 en finale, toujours face aux rivales canadiennes. Arrivent les Jeux de Vancouver 2010 où le 25 février, dans un "Canada Hockey Place" surchauffé, les deux formations s'affrontent pour la médaille d'or. Marie-Philip Poulain marque deux buts pour le Canada en l'espace de trois minutes en première période, la gardienne Shannon Szabados multiplie les arrêts et le score en reste là : le Canada s'impose 2-0.

 Hilary Knight est encore championne du monde avec les États-Unis en 2011 à Zurich (Suisse) : elle est la meilleure marqueuse de la compétition avec une victoire sur le Canada où elle signe le but en or lors des prolongations pour un score de 3-2, puis en 2013 à Ottawa (Canada) où les deux équipes s'affrontent encore pour le titre et où les États-Unis l'emportent encore 3-2.

Deuxième médaille d'argent "crève-cœur"

Avant les Jeux de Sotchi 2014, elle raconte : "Je me souviens du mois qui a précédé ces Jeux. Je me disais : "Je suis prête, on y va et on le fait maintenant". Toute la difficulté, c'est de gérer ses attentes et le poids émotionnel pour être sûre de ne pas être trop prête avant le vrai début des Jeux, car il faut être au top au bon moment". Les États-Unis et le Canada s'affrontent en finale le 20 février 2014 dans le palais des glaces Bolchoï. Les Américaines se détachent 2-0, avec un 2e but d'Alex Carpenter sur une passe d'Hilary Knight en 3e période, mais les Canadiennes reviennent et égalisent à 2-2 par Marie-Philip Poulin à 55 secondes de la sirène, puis cette dernière marque en prolongation le but de la victoire 3-2.

 À propos de sa deuxième médaille d'argent olympique, Hilary Knight remarque : "La seule expression qui me vient pour exprimer l'effet ressenti, c'est crève-cœur. Vous vous investissez tellement, et il n'y a pas que vous, mais votre famille aussi, et le bagage émotionnel est lourd. En plus, vous jouez pour votre pays et vous le représentez. Il a fallu plusieurs mois à certaines d'entre nous pour nous remettre. Puis on s'est dit : "OK, on y va encore une fois, mais cette fois, on revient avec l'or. Donc, à PyeongChang, c'est l'or ou la faillite pour l'équipe américaine."

Trois titres mondiaux supplémentaires

La joueuse, qui explique que "depuis Sotchi, tout ce que je fais au quotidien, je le fais avec PyeongChang en tête, une idée fixe à tout moment", continue à empiler les médailles d'or mondiales. La cinquième en 2015 à Malmö (Suède) où elle est la meilleure marqueuse et désignée meilleure joueuse de ce Mondial, la sixième à Kamloops (Canada) en 2016 avec les mêmes honneurs (meilleure marqueuse et meilleure joueuse du tournoi), et la septième à Plymouth (États-Unis) en avril 2017. Les trois fois avec des victoires en finale sur les éternelles rivales canadiennes ! Parallèlement, elle se porte à l'avant de la lutte pour l'égalité des sexes et pour un meilleur traitement financier des hockeyeuses par rapport aux hockeyeurs.

L'apothéose à PyeongChang 2018

Lors des Jeux de PyeongChang, dans la patinoire de Kwandong, Hilary Knight et l'équipe des États-Unis terminent à la 2e place du groupe A du premier tour, derrière les Canadiennes qui les ont battues 2-1 le 15 février. Les deux équipes accèdent directement aux demi-finales. À ce stade, les Américaines écartent la Finlande 5-0, Knight y va de son but en 2e période. Et le 22 février à Gangneung, c'est parti pour la cinquième finale olympique entre les États-Unis et le Canada, l'équipe à la feuille d'érable s'étant imposée à chaque fois sauf en 1998 à Nagano. Hilary Knight ouvre le score en situation de supériorité numérique (Power Play) à 25 secondes de la fin de la première période, déviant dans le but un tir de Sydney Morin. Par la suite, les Canadiennes prennent l'avantage 2-1, puis Monique Lamoureux ramène les deux équipes à égalité 2-2. Rien n'étant marqué en prolongations, tout se joue dans une irrespirable séance de tirs au but. Hilary Knight rate le sien, mais elle n'est pas la seule. Et finalement, la gardienne américaine Maddie Rooney stoppe deux tirs canadiens consécutifs pour laisser Jocelyne Lamoureux conclure victorieusement 3-2. Les Américaines font la fête au centre de la glace, jetant leurs casques en l'air et ensevelissant leur gardienne de but. Les Canadiennes sont effondrées.

 "Enfin !",  pourrait dire Hilary Knight. "C'est quelque chose qui obsède chaque athlète de très haut niveau. C'est le but ultime, la perfection, le trophée à la fin, le point culminant du travail qui vous a permis d'y arriver", explique-t-elle. Et sitôt la médaille d'or autour du cou, non sans avoir fait le tour des plus prestigieux plateaux télévisés aux États-Unis (Saturday Night Live, Jimmy Fallon, Ellen DeGeneres, etc.), avide de continuer à jouer, Hillary Knight enfile un nouveau maillot : elle se rend au Québec pour finir la saison 2017-2018 de la ligue canadienne (CWHL) au sein des Canadiennes de Montréal, où elle rejoint plusieurs des adversaires de ses trois finales olympiques.

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