skip to content
Bid Legacies - Chicago IOC
L’héritage sportif de Chicago

Les divers legs dont bénéficient les villes hôtes des Jeux Olympiques comme Barcelone, Vancouver et Londres sont désormais bien documentés, mais les procédures de candidature en vue d’obtenir l’organisation des Jeux peuvent à elles seules être à l’origine de nombre d’avantages à court et à long termes pour les villes qui y prennent part et dans le cas de Chicago, donner naissance à un excellent programme de mobilisation de la jeunesse.

Chicago était ainsi l’une des villes candidates à l’organisation des Jeux Olympiques de 2016 qui a finalement été attribuée à Rio de Janeiro. Bien que cette ville des États-Unis n’ait pas été retenue, elle a pu utiliser la procédure de candidature pour créer une organisation sportive de la jeunesse qui encourage les enfants de Chicago à pratiquer un sport, tout en utilisant le sport pour répondre à des problèmes sociaux plus généraux et diffuser des valeurs positives ainsi que les principes nécessaires pour devenir un bon meneur.

« Ils (les dirigeants de la candidature de Chicago) ont très tôt décidé que cette candidature laisserait un héritage et - que l’on perde ou que l’on gagne - davantage d’enfants pratiqueraient un plus grand nombre de sports olympiques,» confie Patrick Sandusky, responsable de la communication du Comité National Olympique des États-Unis (USOC) et membre du comité de candidature de Chicago 2016.

L’organisation World Sport Chicago (WSC) est le fruit de ce projet. Elle a été créée en 2006, quand Chicago était en lice avec Los Angeles, San Francisco, Philadelphie et Houston pour être choisie par l’USOC comme ville requérante des États-Unis pour l’organisation des Jeux de 2016.

Six ans plus tard, et bien que Chicago n’ait pas remporté le projet d’accueillir les Jeux de 2016, la WSC ne cesse de se renforcer. Elle a ainsi permis jusqu’à présent de proposer à plus de 30 000 jeunes la découverte de nouveaux sports, comme le tir à l’arc, l’athlétisme et la lutte, avec des entraîneurs qualifiés et des possibilités d’entraînement. Elle a également lancé un programme de bourses pour récompenser les jeunes qui démontrent leur engagement envers les valeurs olympiques.

La WSC est aussi à l’origine d’un programme hautement innovateur baptisé B.A.M. (Becoming a Man, devenir un homme) Sports Edition. Ce projet s’attelle à la question de la violence chez les jeunes et s’efforce de proposer un environnement sûr et mobilisateur aux élèves masculins en situation de risque dans certains des quartiers les plus dangereux de Chicago.

L'héritage de candidature - Sion IOC
Une candidature durable

Au cours des trente dernières années, la durabilité est devenue une préoccupation de plus en plus importante lorsqu'il s'agit d'accueillir les Jeux Olympiques. Dans cette perspective, les villes hôtes des Jeux doivent tenir compte de leur impact sur l’environnement au cours de leur planification.

Il en va de même pour les villes candidates à l’organisation des Jeux et nombre d’entre elles ont pu utiliser une candidature qui n'a pas abouti pour mener une série d’initiatives durables qui ont laissé un héritage bénéfique à leur environnement, lequel perdure après la conduite de la candidature et offre des avantages à long terme pour la région qui y a pris part.

Sion, par exemple, a soumis un projet de candidature pour les Jeux d’hiver de 2002 et de 2006, lesquels ont été attribués respectivement à Salt Lake City et Turin. Cette ville moyenne, capitale du canton suisse du Valais, a décidé de se concentrer avant tout sur son environnement, à l’occasion de ses deux projets.

« Dans notre dossier de candidature de 2002, nous avons inclus les quatre pages impératives concernant l’environnement dans notre dossier de candidature mais nous avons aussi fourni un document plus long que nous avons intitulé le « Livre vert de Sion » pour présenter l’action du canton en faveur de l’environnement, » indique le professeur Jean-Loup Chappelet, directeur technique des candidatures de Sion 2002 et 2006. « Le CIO a apprécié ce livre vert et quand nous avons décidé de nous représenter en 2006 nous avons opté à cent pour cent pour la durabilité. »

Pour développer ses activités au service de la durabilité, le comité de candidature de Sion 2006 a créé un « Département du développement durable » chargé de l’adoption par le canton de son propre Agenda 21, à la suite des plans d’action environnementaux semblables adoptés par les Nations Unies et le CIO.

Le département a également mis en avant des plans en vue de la création d’une Fondation pour le Développement durable des régions de Montagne (FDDM), organisme à but non lucratif responsable de la coordination de la création de projets de développement durable et de leur réalisation dans la région.

Depuis la création de la FDDRM dans le sillage du comité de candidature olympique de Sion en 1999, certains de ses projets ont été mis en œuvre avec succès comme l’organisation de « SlowUp Valais », manifestation sportive de masse annuelle ouverte aux familles, et la production d’Ecostation, un manuel destiné aux stations locales de sports d’hiver qui propose des normes applicables au tourisme durable. En reconnaissance de cette action, la FDDM a également obtenu les certifications ISO 9000 et 14001 pour ses activités et est également devenue membre du Réseau des régions européennes engagées dans le tourisme durable (NECSTouR).

L'héritage de candidature - Lille Getty
Promouvoir l’image d’une ville

Nombre de villes hôtes olympiques ont pu utiliser les Jeux comme un levier pour améliorer leur image et développer leur présence sur la scène mondiale. Ainsi Turin s’est par exemple servi des Jeux d’hiver de 2006 pour se débarrasser de son image industrielle et se présenter comme une nouvelle destination de tourisme et d’affaires, en faisant valoir dans le monde ses richesses historiques, culturelles et son industrie de haute technologie.

Certaines villes ont aussi profité de la procédure de candidature à l’organisation des Jeux de la même façon. Ainsi Lille, métropole du nord de la France, a bénéficié d’une promotion notable au niveau du monde entier après avoir présenté sa candidature à l’organisation des Jeux Olympiques de 2004 qui ont finalement été attribués à Athènes.

Lille n’a pas eu la chance d’être retenue parmi les cinq villes finalistes, mais elle a pu signaler au monde qu’elle était prête à accueillir de grandes manifestations internationales et qu’elle en avait les capacités.

Selon Nathan Starkman, directeur général de l’Agence de développement et d’urbanisation de Lille, « l’impact le plus significatif de la candidature de la ville à l’organisation des Jeux Olympiques est que cela a contribué à modifier la perception de Lille aussi bien en France qu’à l’étranger.

L’amélioration de son image et l’élévation de son profil a amené à Lille d’autres succès. Elle est ainsi devenue Capitale culturelle européenne 2004, ce qui a provoqué un boom économique important et est à l’origine d’une augmentation de 30% du tourisme de cette année-là.

Aujourd’hui le nombre de touristes annuels à Lille demeure beaucoup plus élevé qu’il y a dix ans et la ville attire les visiteurs grâce à des manifestations organisées dans le cadre de l’initiative Lille 3000 lancée à la suite de la Capitale de la culture européenne.

En 2011, la ville a accueilli trois expositions d’art et de sciences, dont une exposition de la collection des œuvres de la galerie Saatchi de Londres. Elle a aussi organisé les Championnats du monde d’athlétisme de la jeunesse de l’IAAF, la IIe Rencontre masculine des champions de hockey sur gazon de la FIH et les 5es Championnats de rugby à sept des universités européennes.

L'héritage de candidature - Manchester IOC
Bénéficier d’une candidature

Les sites sportifs construits ou remodelés pour la tenue des Jeux Olympiques sont parmi les legs les plus visibles d’une ville qui les a accueillis, mais il y a des villes qui ont également profité d’une candidature infructueuse à l’organisation des Jeux pour offrir de nouveaux équipements à leurs habitants, lesquels en tirent ainsi de grands bénéfices à long terme.

Ainsi la ville de Manchester avait-elle soumis sa candidature aux Jeux Olympiques de 1996 et de 2000, lesquels furent attribués respectivement à Atlanta et Sydney. Dans le cadre de ses engagements de candidate, la grande métropole du nord de l’Angleterre avait déjà lancé la construction d’un nouveau Centre national de cyclisme et de la Victoria Arena. Bien qu’elles n’aient pas eu la chance d’accueillir les Jeux, ces deux installations n’en ont pas moins été réalisées et sont depuis devenues des équipements de classe mondiale où se sont déroulées de grandes manifestations sportives internationales, comme les Jeux du Commonwealth de 2002. Elles contribuent désormais à l’économie locale et à la régénération à long terme de Manchester.

L'héritage de candidature - Le centre national de cyclisme à Manchester Getty

« Ce que nous avons accompli aujourd’hui à Manchester ne l’aurait pas été sans les deux candidatures olympiques » reconnaît Eamonn O’Rourke, chef des services urbains et culturels à la municipalité de Manchester (MCC). « Cela n’aurait certes pas été possible avec la même concentration sans des délais impartis. »

Le premier site qui a ouvert est le Centre national de cyclisme, piste de cyclisme couverte avec 3 500 places, réalisé en 1994. Outre les Jeux du Commonwealth de 2002, cet équipement a également accueilli à trois reprises les Championnats du monde de cyclisme sur piste ainsi que nombre d’épreuves de la Coupe du monde de cyclisme sur piste de l’UCI.

Les membres du public ont également la possibilité d’utiliser quotidiennement cet espace devenu, par ailleurs, la base permanente de l’équipe de cyclisme britannique, laquelle n’a cessé de s’affirmer depuis l’ouverture du Centre national puisqu’elle a remporté 53 médailles en cyclisme sur piste aux Jeux Olympiques de 2000, 2004, 2008 et 2012.

« La présence de la piste a aidé notre organisation à centraliser ses opérations au niveau tant de l’élite que du grand public de Manchester, » souligne Ian Drake, directeur général de British Cycling. « La piste du Centre national de cyclisme et la disponibilité du financement ont permis le succès des cyclistes britanniques dans les grands Championnats et aux Jeux Olympiques. »

La Victoria Arena de Manchester, était pour sa part prévue à l’origine pour abriter la gymnastique dans le dossier de la candidature 2000. La MEN Arena, telle qu’elle est aujourd’hui baptisée, est un équipement de 21 000 places ouvert depuis 1995 et qui est devenu l’une des salles de concert les plus fréquentées du monde, où se sont produit entre autres U2 et Beyoncé. En tout, le site accueille 100 à 150 manifestations par an dont des combats de boxe poids lourds et des matches de hockey sur glace et de basketball de haut niveau.

back to top