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MARIAL Guor

Guor MARIAL

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Les athlètes participent aux Jeux pour de nombreuses raisons : pour faire mieux encore que ce qu’ils ont déjà réalisé, pour apporter la gloire à leur pays, pour gagner une médaille après des années de détermination et de dur labeur.

Aux Jeux à Londres en 2012, Guor Marial a couru peut-être pour toutes ces raisons mais aussi pour le monde.

Ce marathonien de 28 ans inscrit aux Jeux en qualité d’athlète apatride a concouru sous les couleurs olympiques, porteur d’un uniforme gris et noir d’athlète olympique indépendant.

Marial, qui est originaire du Soudan du Sud ravagé par la guerre, est l’un des quatre athlètes indépendants retenus par le Comité International Olympique pour participer aux Jeux. Trois concurrents des anciennes Antilles néerlandaises ont également défilé sous le drapeau olympique.

Il y a dix ans Marial a fui le camp où il était réfugié, tandis que la guerre civile qui fait rage depuis 20 ans a déplacé quatre millions de ses compatriotes et tué le chiffre effrayant de 28 membres de sa famille.

Espoir d’athlétisme depuis qu’il a huit ans, il est arrivé aux États-Unis par l’Égypte après avoir abandonné sa famille mais il ne parvient pas à obtenir la nationalité américaine bien qu’il ait suivi les cours de l’Université d’état de l’Iowa. Il a refusé une place dans l’équipe nationale du Soudan car il estimait que représenter ce pays était une trahison à la mémoire de sa famille, tandis que de concourir aux Jeux à Londres rendrait hommage à celle-ci. Le CIO s’est proposé de le représenter car le Soudan du Sud, nouveau pays, n’a pas encore d’état constitué.

Avant le début des Jeux lors d’une conférence de presse, il déclare « grandir dans un pays en guerre est une tâche aussi dangereuse que laborieuse. Être en forme est une question de survie. Et si vous survivez aujourd’hui, vous vous demandez sans cesse de quoi demain sera fait ? En grandissant là-bas, j’ignorais tout du monde extérieur. Depuis que j’ai quitté mon village et que je suis arrivé au Caire puis aux États-Unis, le monde n’a cessé de s’ouvrir et il s’ouvre encore. S’entretuer n’est pas tout, il y a bien d’autres choses. Cette expérience, cependant, est ma chance. Elle m’aide à mener ma vie au quotidien. »

Guor Marial n’avait pas pu sa famille depuis 20 ans lorsqu’il est arrivé à Londres; pourtant celle-ci a parcouru 60 km à pied pour se rendre dans la première ville avec la télévision et ainsi pouvoir le regarder courir.

Il a terminé 47e de l’épreuve sur plus de 100 concurrents avec un temps de 2 h 19 min 32 s, prouesse étonnante compte tenu de sa vie itinérante des dix dernières années, lesquelles ne lui ont pas offert les meilleures conditions d’entraînement à une compétition olympique.

« Le Soudan du Sud est désormais reconnu par la communauté mondiale, » rappelle-t-il aux journalistes « et, même si je ne porte pas ses couleurs durant les Jeux Olympiques, le pays lui-même existe. Le rêve s’est réalisé, l’espoir du Soudan du Sud est bien vivant »

Marial espère désormais que son histoire inspirera les membres de la prochaine génération de Sud-Soudanais. À son arrivée au village olympique, il ajoute : « Je souhaite remercier le Comité International Olympique de m’avoir donné l’occasion d’être ici et de faire mieux connaître le sort des réfugiés et de tous les peuples du monde qui n’ont pas de pays. Courir sous les couleurs olympiques me fait l’effet de représenter le monde entier. »

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