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Frida HANSDOTTER

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Frida Hansdotter, de l’ombre à la lumière

Réputée pour sa régularité de métronome, la Suédoise Frida Hansdotter avait remporté la Coupe du monde de slalom en 2016, mais c’est aux Jeux de PyeongChang 2018 qu’elle a connu la consécration en s’adjugeant la médaille d’or du slalom à l’âge de 32 ans, son premier podium olympique…

Frida Hansdotter est une championne discrète. À ses troisièmes Jeux Olympiques (15e en slalom à Vancouver en 2010, 5e à Sotchi en 2014), après avoir accumulé les places d’honneur lors d’une longue carrière de Coupe du monde entamée en 2004, la Suédoise née à Västerås a connu la joie de la plus belle des victoires lors des Jeux de PyeongChang 2018 au nez et à la barbe de ses jeunes rivales.

En embuscade après la première manche 

Ce 16 février 2018, sur la difficile piste de Yongpyong, la Suissesse Wendy Holdener, 24 ans, deuxième des Championnats du monde un an plus tôt, s’élance avec le dossard n°1 et en profite pour prendre la tête. Deux Suédoises sont en embuscade : Frida Hansdotter, 2e à 20 centièmes et Anna Swenn Larsson, 3e à 40 centièmes. Mais la première sensation est la quatrième place de l’immense favorite Mikaela Shiffrin qui skie beaucoup plus durement que d’habitude et se retrouve reléguée à 48 centièmes de la tête.

L'or pour 5 centièmes de seconde 

La deuxième manche est tout aussi intense. C’est d’abord la petite Autrichienne Katharina Gallhuber, 20 ans, qui fait sensation en s’installant en tête. Neuvième de la première manche, elle signe le meilleur temps sur le deuxième tracé en 48.83. Mikaela Shiffrin, victorieuse du géant la veille, est moins aérienne que d’habitude, elle termine à huit centièmes de Gallhuber et ses espoirs de doublé s’envolent. Mais ensuite, Frida Hansdotter s’élance avec une rage inhabituelle. Elle qui a collectionné les deuxièmes places tout au long de sa carrière prend tous les risques avec une maîtrise technique éblouissante. Elle prend le commandement avec 27 centièmes d’avance. La dernière à s’élancer est donc Wendy Holdener, championne du monde du combiné l’année précédente. Sa manche est plus que solide, elle fait jeu égal avec Hansdotter à tous les intermédiaires mais elle est battue de 5 centièmes de seconde sur la ligne d'arrivée.

Skier avec le sourire

"Je savais que ce serait difficile. Mikaela est si forte cette saison", remarque tout d'abord la deuxième championne olympique suédoise de slalom après Anja Pärson sacrée à Turin en 2006. "Je suis sans doute un peu surprise. C'est génial de la battre pour une fois, car elle m'a battue si souvent !" Elle ajoute : "J'ai senti au départ des deux manches aujourd'hui que c'était trop amusant. J'avais le sourire sur le visage en essayant de skier aussi vite que je le pouvais. J'adore le ski, j'adore la compétition, pouvoir skier à ce niveau, c'est un régal, et maintenant, je rapporte l'or à la maison ! C'est énormément de travail sur tellement d'années, mais chaque minute a valu la peine, puisque je me tiens sur la plus haute marche !"

Dix-huit fois deuxième 

Pour Frida Hansdotter, ce sacre de PyeongChang est le point d’orgue d’une incroyable carrière qui l’a vue gravir tous les échelons de manière régulière et inexorable. Née d’un père ancien skieur, Hans Johansson, membre de l’équipe nationale suédoise dans l’ombre du grand Ingemar Stenmark, la petite Frida s’essaie à quelques sports comme le ski de fond, l’équitation et le football avant de se concentrer sur le slalom qu’elle peut pratiquer avec assiduité sur la colline de Klackberg dans sa ville de Norberg au nord de Stockholm. Elle débute sa carrière en Coupe du monde en 2004 à 18 ans mais elle va progresser doucement, arrêtée notamment par une rupture des ligaments du genou en 2005. Il lui faudra attendre 2007 pour terminer pour la première fois parmi les dix premières, et encore deux ans de plus pour signer son premier podium à Ofterschwang en 2009. En fait, elle va terminer huit fois deuxième avant de connaître enfin son premier succès en Coupe du monde en février 2014 à Kranjska Gora. Elle a déjà 28 ans. En tout avant les Jeux de PyeongChang, elle a terminé dix-huit fois deuxième en slalom sur le circuit pour un total de quatre victoires.

Médailles en série aux Mondiaux 

Compétitrice forcenée, Frida Hansdotter se maintient dans le top 30 mondial depuis 2007, signe d’une remarquable longévité au sein d’une équipe suédoise particulièrement solide dans la grande tradition de Pernilla Wiberg et Anja Pärson. Sur sa route, elle a aussi croisé plusieurs grandes spécialistes des piquets, l’Autrichienne Marlies Schild et l’Américaine Mikaela Shiffrin qui ont multiplié les victoires au cours des années 2000 et 2010, et l’ont souvent devancée. Cela n’a pas empêché Frida de réussir quelques jolis coups d’éclat lors des Championnats du monde, alignant trois podiums consécutifs en slalom : 3e à Schladming en 2013, 2e à Beaver Creek en 2015 et 3e à nouveau à Saint-Moritz en 2017, accompagnant à chaque fois la même gagnante : Mikaela Shiffrin. Cette accumulation de performances s’explique aussi par son style particulièrement posé et sûr dans une discipline hautement aléatoire. Sa plus belle série a duré presque trois ans avec 28 courses de suite dans le top 10, sans la moindre sortie de piste ou disqualification. Cette régularité a été logiquement couronnée par le globe de cristal de la Coupe du monde de slalom en 2016.

Une piste à son nom

La discrète Frida s’est donc retrouvée dans la lumière olympique avec son sacre de PyeongChang. Le retentissement a été suffisamment grand dans son pays pour que la piste de son enfance soit officiellement rebaptisée à la demande du président de son club de Norberg. La Klackbergsbacken devient ainsi la Fridasbacken, la colline de Frida. C’était bien la moindre des choses pour couronner son étonnant parcours…

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