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Hamish Bond et Eric Murray, les rameurs qui n’ont jamais connu la défaite

A Rio 2016, sur le lagon Rodrigo de Freitas, Le duo de rameurs néo-zélandais Hamish Bond et Eric Murray a remporté son 2e titre olympique consécutif en deux sans barreur. Il n’a pas perdu la moindre course en huit saisons et 69 régates internationales s’inscrivant parmi les plus grands duos de l’histoire de l’aviron. 

Dans le 4 sans barreur à Beijing en 2008
Hamish Bond, né le 13 février 1986 à Dunedin et son ainé Eric Murray, qui a vu le jour le 6 mai 1982 à Hastings, sont tout d’abord membres du quatre sans barreur néo-zélandais qui remporte le titre mondial à Munich en 2007. Cette année-là, le quatuor formé avec James Dallinger et Carl Meyer met brutalement fin à la domination britannique dans cette spécialité en remportant sept des huit courses internationales au programme. Ils sont les favoris pour l’épreuve olympique de Beijing en 2008 mais les choses se passent mal. Ils loupent leur qualification pour la finale et se contentent de terminer premiers de la finale « B ». Hamish Bond aura seulement eu l’honneur d’être devenu en Chine le 1000e olympien néo-zélandais. 

Début d’une série invincible 
Dans la foulée de cette déception, Hamish et Eric changent de bateau. « J’avais ça en tête depuis Beijing », a expliqué le plus jeune des deux, « nous nous étions entrainés en duo tout en nous préparant pour le quatre et nous avions signé de très bons chronos. Je savais que cette combinaison avait du potentiel. Eric prenait une pose sportive et réfléchissait à différentes options quand je l’ai approché, et il a décidé que cela valait le coup. Heureusement pour nous, dans son infinie sagesse, notre encadrement a donné son accord ! » Et c’est parti ! Champions du monde 2009 à Poznan (Pologne), honorés par le trophée de l’équipe néo-zélandaise de l’année, champions du monde 2010 sur leurs terres à Karapiro, puis en 2011 à Bled (Slovénie), vainqueurs de toutes les étapes de la Coupe du monde qu’ils disputent avant les Jeux de Londres.

Record du monde à Londres 2012, avant une victoire imparable 
Arrivés sur le lac d’Eton-Dorney, site des comptions des Jeux de Londres 2012, ils frappent un très grand coup dès la première série, le 28 juillet au matin, en passant la ligne d’arrivée en 6:08.50, record du monde restant à battre, avec presque 10 secondes d’avance sur la paire française Germain Chardin-Dorian Mortelette. Ils remportent aussi leur demi-finale deux jours plus tard en creusant le trou sur les Italiens Niccolo Mornati-Lorenzo Carboncini. En finale le vendredi 3 août, les deux rameurs au maillot noir orné d’une fougère argentée s’élancent à la ligne 6 en super favoris et se portent tout de suite à l’avant, tout d’abord devancés de 3/100e par Chardin-Mortelette aux 500m. Puis ils s’envolent à 38 coups de pelle par minute. Aux 1000m, ils possèdent 1.5 d’avance sur le duo français. Avec une moyenne de 19.1 km/h, irrattrapables, Bond et Murray passent la marque des 1500m avec plus de 5 secondes de marge sur les Britanniques George Nash-William Satch, en bagarre avec Chardin-Mortelette pour la médaille d’argent. Le duo kiwi l’emporte très largement en 6:16.65 devant la paire française (6:21.11) qui devance finalement d’un nez le duo britannique (6:21.77). 

« Ca a été génial quand on est rentrés en Nouvelle-Zélande. Et la chose la plus cool que nous avons faite, ça a été d’avoir été avec les All Blacks (l’équipe de Rugby à XV), qui accueillaient tous les médaillés olympiques de Londres, à Dunedin. C’était un sentiment irréel de voir 30.000 personnes applaudir et nous offrir une « standing ovation ». Je mettrais presque ça à égalité avec la cérémonie des médailles à Londres, » a raconté Hamish Bond. 

Toujours premiers à l’arrivée

Et la série dorée continue. Bond et Murray, devenus membres de l’Ordre du Mérite néo-zélandais, remportent en deux sans barreur leur 4e titre mondial à Chungju (Corée du Sud) en septembre 2013, leur 5e à Amsterdam (Pays-Bas) en août l’année suivante où ils s’imposent également à l’arrivée de l’épreuve non-olympique du deux de pointe avec barreur (Caleb Shepherd), et leur 6e sur le lac d’Aiguebelette en France le 5 septembre 2015. « Nous ne ramons pas pour défendre quoi que ce soit », explique Eric Murray. « C’est la façon dont nous avons toujours travaillé ensemble, avec succès. Il faut y aller, et gagner toutes les courses qu’on dispute. Les autres équipages ne nous ont jamais battus, ils sont donc dans le doute. Et c’est ce qui nous a unis ces quatre dernières années: courir pour essayer de gagner une autre médaille d’or aux Jeux Olympiques. »


L’apothéose à Rio 2016 
Dominateurs en séries et en demi-finale sur le lagon Rodrigo de Freitas, Bond et Murray défendent leur titre en finale le 11 août 2016. Partis sans trop forcer comme à leur habitude (troisièmes à la marque des 500m derrière les Sud-Africains Lawrence Brittain et Shaun Keeling, et les Italiens Giovanni Abagnale et Marco Di Constanza), Bond et Murray accélèrent progressivement pour passer nettement en tête à mi-course : 1.30 d’avance sur le duo italien. Puis ils prennent le large ! Détaché, invincible, irrattrapable, seul sur sa planète, le duo néo-zélandais a plus de 5 secondes d’avance aux 1500m sur un trio regroupé en lutte pour le podium, constitué des Britanniques (Sinclair-Innes), Italiens et Sud-Africains. Fluides et tranquilles, Bond et Murray terminent en 6:59.71, devant Brittain et Lawrence, les plus rapides sur les derniers 500m, mais relégués à 2.80, et Abagnale-Di Constanza détachés la troisième place, à 4.81 des vainqueurs. 

Au total, jamais battus en huit saisons et 69 courses internationales, Bond et Murray sont double champions olympiques et sextuples champions du monde. La paire néo-zélandaise s’inscrit désormais parmi les plus grands partenariats de l’histoire de l’aviron. Hamish Bond et Eric Murray ressentaient tout de même le poids des attentes et se montreront particulièrement soulagés d’avoir su poursuivre leur incroyable série de façon si brillante. « C’est beaucoup de soulagement. Les conditions étaient assez difficiles », dit Eric Murray. « Si nous réalisons une bonne course et que nous le gagnons pas, nous l’accepterons, mais nous ne voulons pas laisser tomber l’équipe néo-zélandaise d’aviron », ajoute Hamish Bond. « Nous devons toujours nous appliquer, mais le travail le plus dur a été réalisé durant les quatre années menant à cette course. C’est la nature même de ce qui consiste à rester invaincus : Nous ne pouvons pas dépasser les attentes, seulement être à la hauteur. » 

Et maintenant ?
Bond et Murray ont décidé de prendre un break en 2017, tout en laissant la porte grande ouverte à un retour en équipe de Nouvelle-Zélande pour les Jeux de Tokyo 2020. « Nous avons tout fait en deux sans barreur. Après Londres 2012, nous avons gagné toutes les régates qui comptaient, et nous l’avons refait à Rio. Pour Tokyo, nous pourrions le refaire à nouveau », dit Eric Murray en fin d’année 2016. « Nous sommes motivés par les défis. La seule chose qui reste à faire pour l’aviron néo-zélandais, c’est le huit. Il faut juste se demander si nous sentons que nous pouvons l’aider à bien faire, ou s’il irait mieux sans nous. » Tandis qu’en janvier 2017, Hamish Bond se classe 3e…. du contre-la-montre des championnats nationaux de cyclisme. On le voit, les perspectives sportives restent variées pour le duo imbattable ! 

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