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2016 Getty Images
Date
09 févr. 2018
Tags
Actualités Olympiques , PyeongChang 2018 , Tonga , Ski de fond
PyeongChang 2018

En pagne à Rio, le Tongien Taufatofua sera à skis à Pyeongchang

Son corps huilé et musclé avait fait sensation lorsqu'il avait porté le drapeau de l'équipe des Tonga aux Jeux Olympiques d'été de Rio en 2016: en février à Pyeongchang, le Tongien Pita Taufatofua espère à nouveau marquer les esprits, cette fois en tant que compétiteur... de ski de fond.

Il ne lui aura fallu que quelques secondes pour devenir une star mondiale. Le porte-drapeau des Tonga, Pita Taufatofua, avait déclenché des applaudissements enthousiastes dans le stade Maracana apparaissant en tenue traditionnelle, le torse nu et luisant d'huile lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Rio le 5 août 2016. La plastique de l'athlète de 32 ans, n'avait visiblement laissé personne indifférent et les internautes étaient très nombreux à annoncer sur Internet un voyage très prochain dans le royaume du Pacifique.

Getty Images
A fond sur des roller skis

"Big up pour @pita_tofua  ! Bien joué  ! Tout à fait mérité  ! Première qualification olympique à ski pour les Tonga", a salué la Fédération royale tongienne de ski sur sa page Facebook. Le message accompagne une photo de Taufatofua exultant dans une paysage enneigé en Islande. A Rio, l'athlète tongien aujourd'hui âgé de 34 ans participait au tournoi de taekwondo dans la catégorie poids lourds. Il était réapparu lors de la cérémonie de clôture pour faire à nouveau sensation dans les mêmes habits traditionnels.

Cherchant un nouveau défi, le sportif s'est ensuite tourné vers le ski de fond, une discipline peu commune dans l'archipel polynésien dont il est originaire. Et pour cause: avec des températures comprises entre 22°C et 28°C toute l'année, les Tonga ne connaissent pas la neige. Taufatofua s'est donc entraîné pendant un an sur des roller skis - "la pire chose qu'on ait inventée au monde", selon lui - dans la chaleur tropicale de son île, avant d'aller affronter les flocons.

"En tout, cela fait 10 semaines que je pratique sur la neige. Avant de venir en Islande, j'avais participé à sept courses et, chaque fois, j'avais échoué de peu. Et puis, j'ai appris qu'il y avait une dernière course (pour la qualification), mais que celle-ci était vraiment au bout du monde", a expliqué l'athlète à la chaîne olympique, la chaîne officielle du Comité international olympique.

Et pourquoi pas le "triplé magique" olympique  ?

"Et me voilà arrivé au niveau de cercle polaire, en Islande  ! Je savais que je devais tout donner, que c'était du quitte ou double, alors j'ai vraiment donné tout ce que j'avais, et aujourd'hui, je suis heureux", a raconté, sur un nuage, Taufatofua. La Fédération tongienne de ski compte au total quatre athlètes: deux en ski alpin et deux en ski nordique, dont une femme. Seul Taufatofua a son billet pour Pyeongchang, obtenu sur le circuit FIS, en courant sur la distance des 10 km à Isafjordur le 20 janvier dernier, où il a pris la 6e place.

Mais l'aventure de Pita Taufatofua en ski de fond pourrait bien ne constituer qu'un interlude, avant qu'il ne se concentre à nouveau sur le taekwondo, un sport qui lui a occasionné six os cassé, trois ruptures des ligaments et des centaines d'heures de convalescence et de récupération. Il pense bien entendu à une troisième apparition consécutive sur la scène olympique, à Tokyo 2020  ! "J'ai désormais le taekwondo et le ski dans le sang. Je pourrais bien me lancer dans le triplé magique à Tokyo. Aucun Tongien n'a jamais réalisé ça  !".

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