Le guide de nos experts pour rester #MentallyFit

En tant qu’athlète, votre état mental peut avoir un impact énorme sur votre performance sportive, mais souvent cet aspect de votre bien-être n’est pas correctement pris en compte. Nous vous proposons ci-dessous quelques conseils d’experts du groupe de travail sur la santé mentale du CIO pour vous aider à identifier et à résoudre les problèmes auxquels vous pourriez vous heurter.

  • Le CIO et ses experts internationaux ont publié en mai 2019 un article de référence sur les troubles de la santé mentale chez les athlètes de haut niveau.
  • Le groupe de travail sur la santé mentale du CIO a dressé une liste de conseils préventifs destinés aux athlètes.
  • Les conseils suivants s’appliquent à un certain nombre de sujets liés à la santé mentale des athlètes pour vous aider sur le terrain et en dehors.

En matière de santé mentale, un dépistage précoce permet d’améliorer et d’accélérer le processus de guérison. Les athlètes qui ressentent des symptômes de troubles mentaux, tels que l’anxiété ou la mauvaise humeur, en minimisent souvent l’importance en se disant : “Ce n’est rien, ça passera”. Mais ce comportement réduit la possibilité d’intervenir au plus vite, avant que les problèmes ne persistent ou ne s’aggravent.

Dès que vous remarquez des changements dans votre santé mentale, parlez-en à une personne de confiance ou demandez de l’aide et du soutien pour mettre toutes les chances de guérison de votre côté.

Le pouvoir de VOTRE esprit

Pensez positif

Le pouvoir de votre esprit est tel qu’il peut parfois vous faire paraître calme et sous contrôle. L’esprit et le corps fonctionnent selon un schéma répétitif de pensées, d’émotions, d’expressions du visage, de postures et de mouvements associés à un contrôle positif du stress et de l’équilibre de vie. Les actions étant consécutives aux pensées et aux émotions, l’activation de certaines expressions du visage comme le sourire peut entraîner un meilleur contrôle émotionnel. Rester calme et confiant en apparence peut souvent vous sortir d’un cycle de stress plus rapidement. 

Identifier vos facteurs de stress

Les symptômes dépressifs sont fréquents à divers moments de la vie des athlètes de haut niveau. Ces symptômes peuvent découler d’événements difficiles comme la fin d’une relation ou la perte d’un être cher, l’échec à une compétition, une blessure, une maladie grave ou un conflit familial. Ils peuvent même se manifester lors d’événements positifs comme la réussite à une compétition, la reconnaissance nationale ou la participation à des événements majeurs comme les Jeux Olympiques. Les symptômes les plus fréquents sont la tristesse, les pleurs, l’irritabilité, les troubles du sommeil ou de l’appétit, le pessimisme, la perte de plaisir, la culpabilité, la dévalorisation, le sentiment d’échec, la fatigue et/ou les pensées d’automutilation. Ces symptômes universels doivent être extériorisés. Le simple fait d’en parler à un proche, de consulter un médecin ou de vous adresser à un professionnel de la santé mentale peut vous apporter aide et espoir. Vous devez juste faire le premier pas.

Plus vous connaissez vos propres facteurs et déclencheurs de stress, mieux vous pouvez vous en préserver. Soyez attentif aux situations, expériences, personnes ou choses susceptibles d’augmenter votre niveau de stress ou de déclencher des troubles mentaux (sentiment d’anxiété, de dépression, besoin de consommer de l’alcool ou d’autres substances pour faire face). Si vous comprenez mieux vos propres facteurs de stress, vous pouvez trouver de nouveaux moyens plus efficaces de les affronter. Cela peut en fin de compte réduire le stress et améliorer votre bien-être mental.

Prenez soin de vous

Prendre soin de soi est essentiel à la qualité du bien-être mental. Être athlète de haut niveau implique de repousser les limites, physiquement et mentalement. Au fil du temps, cela peut nuire à votre bien-être mental. Il est important de connaître vos limites et d’intégrer de bonnes habitudes dans votre vie pour vous préserver : dormir suffisamment et vous accorder des pauses agréables.

Bien sûr, les blessures font partie de votre vie de sportif. Toute blessure est à la fois une menace et une perte potentielle. Dans ce genre de situation, il est fréquent de développer des troubles mentaux susceptibles de ralentir votre rétablissement ou de retarder votre réintégration. Assurez-vous de prendre soin à la fois de votre santé physique et de votre santé mentale.

Les troubles de l’alimentation sont également fréquents chez les athlètes de haut niveau. Les comportements alimentaires déviants sont encore plus courants et peuvent avoir une influence extrêmement négative sur votre vie et vos performances sportives. Ces comportements peuvent prendre différentes formes : restreindre votre apport alimentaire même si vous avez faim, prendre des pilules amaigrissantes, essayer de perdre du poids grâce au sauna ou au jogging pour transpirer (ce qui ne provoquera qu’une déshydratation). Être complètement obsédé par une « alimentation saine” ou par la pratique d’exercice physique pour brûler des calories peut également poser problème. Si vous pensez souffrir de l’un de ces symptômes, n’hésitez pas à en parler à un professionnel de santé.

Jouer un rôle actif dans la promotion du sport en toute sécurité

En tant qu’athlète, pratiquer du sport en toute sécurité est un droit, comme le souligne la Déclaration sur les droits et responsabilités des athlètes. De nombreux athlètes ne se rendent pas compte qu’ils sont peut-être victimes de comportements abusifs de la part de leurs entraîneurs et d’autres membres de leur entourage. Par exemple, la violence psychologique (définie comme un comportement délibéré et répété qui cause un préjudice mental à l’athlète) se manifeste lorsqu’un entraîneur donne le sentiment à un athlète qu’il ne vaut rien, qu’il est incompétent ou qu’il est apprécié uniquement pour sa performance athlétique. Les agressions physiques (telles que les coups de poing, coups de pied, claques, morsures) et sexuelles sont également des problèmes auxquels certains athlètes peuvent malheureusement se heurter. Si vous vous sentez victime d’un possible comportement abusif, parlez-en à votre agent de protection attitré ou à un médecin de confiance.

Définissez le réseau de soutien le mieux adapté à VOTRE CAS

Développer un réseau de soutien

Nous avons tous besoin dans notre vie de gens sur qui nous pouvons compter et à qui nous pouvons demander conseil rapidement et facilement. Il peut s’agir d’un groupe composé de membres de la famille, d’amis, de coéquipiers et d’autres personnes. Ce réseau de soutien nous permet de parler ouvertement de nos facteurs de stress et de développer de nouvelles perspectives, tout en nous permettant d’évacuer nos émotions négatives. Intéressez-vous aux personnes de votre entourage qui semblent bien gérer le stress. Apprenez de leur exemple et demandez-leur conseil. Si cela ne suffit pas, demandez de l’aide à un kinésithérapeute, un formateur, un médecin de l’équipe ou un thérapeute spécialiste des troubles mentaux.

Vous sentir faible ou constamment stressé (surtout d’une manière qui vous empêche de faire ce que vous avez à faire) peut rendre les problèmes insurmontables ou sans fin. Ces pensées et sentiments peuvent vous jouer des tours et rendre plus difficile le fait de rechercher ou d’accepter de l’aide, mais il y a toujours quelqu’un à qui vous pouvez vous confier. Parler de votre santé mentale ne doit jamais être considéré comme une faiblesse et vous ne devez pas avoir peur d’appeler à l’aide en cas de besoin. La confiance en soi, la résilience et la force mentale caractérisent les athlètes, mais

parfois, un soutien psychologique professionnel peut s’avérer nécessaire, comme en cas de blessure physique.

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Découvrez comment Helen Richardson-Walsh, la star britannique du hockey sur gazon, a pris l’une des meilleures décisions de sa vie en demandant de l’aide.

Faire des pauses

Trouver un bon équilibre de vie est essentiel à la préservation de la santé mentale et de la joie de vivre. Passer un peu de temps, aussi bref soit-il, loin de l’entraînement et de la compétition vous permettra de recharger vos batteries et de gagner en motivation. Il s’agit de consacrer du temps à votre famille ou à vos amis, à vos loisirs, à vos passe-temps, à vos études ou simplement à vous détendre. Le fait de vous surentraîner sans prendre de pauses peut conduire à une fatigue chronique, au burnout et à terme, entraîner ce qui ressemble à une dépression. Planifier à l’avance le temps et l’énergie à investir dans tous les domaines importants de votre vie peut prolonger votre carrière et permettre une performance optimale !

Planifier, planifier et encore planifier

Donnez la priorité à votre sommeil et améliorez-le jusqu’à 20 %

Si vous pouviez améliorer vos performances sportives de 20 %, le feriez-vous ? Bien entendu. Et un sommeil de meilleure qualité est sans doute la façon d’y parvenir. Des recherches ont démontré qu’il est important de dormir suffisamment pour donner le meilleur de vous-même, alors qu’un manque de sommeil peut augmenter le risque de blessure. C’est pourquoi le sommeil doit représenter une part importante de votre programme d’entraînement, tout comme une bonne alimentation et une bonne hydratation. L’esprit et le corps ont besoin en permanence d’un sommeil de qualité pour procéder à la réinitialisation et au redémarrage de leurs systèmes énergétiques. Les athlètes ont généralement besoin de plus de huit heures de sommeil ininterrompu, ce qui leur permet d’alterner sommeil léger, sommeil profond et phase de rêve.

Il existe plusieurs façons de s’assurer un sommeil de qualité, notamment : se réveiller et se coucher à heures régulières, respecter des habitudes de relaxation et de détente, dormir dans une chambre fraîche et sombre, éliminer les bruits de fond pour supprimer les sources de distraction et apaiser l’esprit, couvrir les lampes à LED trop puissantes et débrancher les appareils numériques, éviter les siestes prolongées en journée, éviter l’alcool, les stimulants, les jeux vidéo, la télévision et d’autres écrans avant d’aller au lit, et éviter de manger, boire ou faire de l’exercice juste avant de vous endormir.

Pour obtenir plus de conseils d’experts sur le sommeil, lisez cet article du Dr Michael Grandner, spécialiste en la matière.

Soyez social au bon moment

Combien de temps par jour consacrez-vous aux réseaux sociaux ? Lire des commentaires et des messages sur vous-même peut s’avérer très stressant, en particulier lorsque vous êtes soumis à une forte pression pour obtenir de bons résultats. Des recherches récentes indiquent que l’utilisation des réseaux sociaux avant et pendant les compétitions athlétiques est associée à des taux d’anxiété élevés en termes de performance. Par conséquent, il est préférable de s’éloigner de tout type de harcèlement en ligne.dak

Consultez notre campagne « marque personnelle » et en particulier notre planificateur de contenu pour vous aider à gérer votre temps.

Préparez-vous à la fin de votre carrière sportive

Votre carrière sportive va bientôt prendre fin ? Si c’est le cas, il est important de vous préparer à la phase suivante de votre vie, tout comme vous l’avez fait pour vos compétitions sportives. Les athlètes qui quittent le milieu du sport risquent de développer des troubles mentaux. Le risque augmente si vos centres d’intérêt ou vos relations n’ont que peu de rapports avec le sport, si vous n’avez pas prévu de prendre votre retraite, si vous ne trouvez pas d’emploi une fois retirer ou si vous ressentez des douleurs physiques persistantes.

Consultez le programme Career+ d’Athlete365 pour obtenir des conseils et des ressources sur votre carrière après le sport.

En conclusion : Montrez l’exemple

Les problèmes de santé mentale ne sont pas rares chez les athlètes ; en réalité, un athlète sur trois est susceptible d’en souffrir à un degré variable à un moment donné. Si vous avez surmonté vos propres problèmes de santé mentale, montrer l’exemple peut empêcher d’autres personnes de souffrir de troubles similaires. Vous pouvez jouer un rôle important en « normalisant » les symptômes de troubles mentaux qui se manifestent, en remettant en question les stéréotypes et/ou le langage négatifs et en favorisant un comportement respectueux. Tout cela peut contribuer à instaurer des environnements sportifs sains mentalement et empêcher d’autres athlètes de batailler avec des expériences négatives.

Au cours des 12 prochains mois, nous aborderons un certain nombre de sujets essentiels sur la santé mentale avec des athlètes et des experts qui pourront exposer leurs idées. Si vous souhaitez partager votre propre expérience des troubles mentaux sur notre plateforme, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse suivante : athlete365@olympic.org.