Comment faire face aux difficultés psychologiques de la retraite

Le champion du monde d’aviron Gearoid Towey a lutté contre la perte de son identité, après avoir défendu pour la dernière fois les couleurs de l’Irlande aux Jeux Olympiques de 2008. Il explique comment il a géré la transition et livre ses conseils pour que vous puissiez faire de même.

  • Faites vos recherches et anticipez, conseille l’ancien rameur international
  • Vous pouvez trouver ce que vous avez peur de perdre dans d’autres carrières
  • Parler aux autres est l’une des meilleures initiatives
  • Avec l’état d’esprit qui convient, ce qui semble a priori douloureux deviendra rapidement revigorant

Quand j’ai pris ma retraite, j’étais déterminé à ne pas faire partie de ces gens qui revenaient sans cesse vers le sport pour « une dernière tentative », tout simplement parce que je savais qu’il me suffirait de quelques mois d’entraînement pour revenir. Mon instinct m’a dit que c’était fini et je ne voulais pas que mon esprit prenne le dessus.

Pour y remédier, j’ai donc complètement chamboulé ma vie, afin de m’éloigner le plus possible du sport, pour arriver au point de non-retour. J’ai passé une audition pour une école d’art dramatique à Londres et j’y suis entré. J’ai commencé environ un mois après Beijing 2008.

Une nouvelle scène

La vie d’acteur était similaire en termes de discipline et de concentration et jouer dans une pièce de théâtre ressemblait à participer à une course : préparation méticuleuse, montée en puissance, tension nerveuse, adrénaline, performance… Mais elle s’accompagnait aussi d’une vie nocturne que j’ai embrassée et je me suis bien amusé cette année-là. On peut retrouver les choses qu’on a peur de perdre en tant qu’athlète dans d’autres domaines de la vie et on a aussi la possibilité de faire des découvertes.

Au bout d’un an, je ne me sentais plus athlète et cela faisait partie de mon plan. Cependant, après 18 mois, j’ai réalisé qu’être acteur à ce niveau exigeait beaucoup de concentration et d’efforts, et à ce moment-là, je n’y étais pas prêt. L’autre facteur, c’était l’argent : les acteurs de théâtre ne sont guère payés et j’avais besoin de survivre !

Perte d’identité

Je ne crois pas à la planification à outrance, et je me suis donc alors demandé ce que je voulais faire. Et pour la première fois de ma vie, je n’ai pas eu la réponse tout de suite.

Cela m’a affecté bien plus que je ne l’aurais jamais imaginé. Je me suis senti déstabilisé pour la première fois de ma vie, un peu désorienté, et j’ai réalisé que trouver une occupation aussi satisfaisante que l’aviron allait prendre plus de temps que je ne l’avais imaginé.

Trouvez votre prochain objectif

S’éloigner du monde du sport peut être accablant. Vous perdez tous vos repères : les horaires d’entraînement, les projets de déplacements, les dates de compétition, le public, l’attention. La perte d’objectif ou de contrôle est des sensations classiques.

Beaucoup d’athlètes disent combien ils ont été surpris par la difficulté du changement, même ceux qui avaient une seconde carrière ou qui suivaient des études en parallèle. Il peut s’agir d’un processus très complexe et il est recommandé d’identifier au maximum les zones de difficulté potentielles afin de disposer, le moment venu, des outils et des connaissances nécessaires pour y faire face.

C’est la raison pour laquelle j’ai fondé Crossing the Line (littéralement franchir la ligne), une organisation à but non lucratif dont l’objectif est d’aider les athlètes à effectuer la transition vers la vie post-sportive. C’est dirigé par des athlètes pour des athlètes : des gens qui partagent leur expérience pour que d’autres puissent en bénéficier.

Testez les extrêmes

Avoir un diplôme n’était pas suffisant. Si j’avais pu recommencer, j’aurais probablement discuté davantage avec d’autres anciens athlètes lorsque j’étais encore en compétition, juste pour me faire une idée de ce qui m’attendait : quelques signes avant-coureurs de pièges potentiels, des choses qui se sont bien passées pour certains, ou mal. C’est certainement une bonne chose et je vous conseille d’essayer de discuter avec des gens qui sont passés par là avant vous. Nous devons tous tracer notre propre chemin, mais il est toujours utile d’écouter ceux qui l’ont déjà parcouru.

Le meilleur conseil que j’ai reçu, c’est d’imaginer que la retraite sportive, c’est comme un saut à l’élastique. Au début, on peut avoir l’impression que le cordon élastique s’étire à l’extrême des deux côtés, et on perçoit beaucoup de changements importants et de sensations fortes, mais progressivement, on arrive à un point d’équilibre lorsque sa vie future prend un peu plus de sens.

Il suffit de tester les extrêmes pendant un certain temps et avec un peu de chance, vous terminerez ce saut à l’élastique avec le sourire ! La transition vers une nouvelle carrière doit se faire avec enthousiasme, pas en ayant peur. Profitez de la sérénité de votre carrière sportive et donnez-vous ensuite la possibilité d’être excellent dans un autre domaine.

Vous voulez obtenir plus de conseils sur votre reconversion ? Cliquez ici pour suivre le cours d’Athlete365, Transition de carrière : la vie après le sport, présenté par Gearoid.