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Développement durable

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Londres 2012 : Placer la durabilité au cœur du projet olympique

London 2012: Embedding sustainability from the outset
©© ODA 2008

18/07/2012

David Stubbs, responsable des questions de durabilité au sein du comité d’organisation de Londres 2012 s’entretient avec Olympic.org de l’action de Londres 2012 en faveur du développement durable

Q. Pourriez-vous présenter quelques-uns des travaux que vous avez réalisés pour rendre Londres 2012 aussi durable que possible ?
R. Placer les principes de durabilité au cœur de la vision et des politiques à la base de l’organisation des Jeux a représenté un point de départ primordial. Bien entendu, c’est la création du Parc olympique qui en a été l’élément essentiel, puisqu’il s’est agi de transformer ce qui était une jachère urbaine en déshérence, polluée et largement inaccessible en l’un des plus grands espaces verts créés au Royaume-Uni ou en Europe depuis 150 ans. C’est une rénovation majeure, et durable à grande échelle. 

Vous pouvez aussi considérer un autre aspect, pour lequel nous avons fait davantage que n’importe quelle édition des Jeux, celui de choisir la provenance de tous les matériaux et autres éléments du fonctionnement des Jeux. Nous nous sommes attachés à tout ce qui a été utilisé qu’il s’agisse des matériaux du bâtiment, des objets mis en vente, de l’alimentation ou encore des uniformes de la main-d’œuvre, tout du moindre détail au plus important comme la construction des sites proprement dite.

Par ailleurs, nous avons innové en matière d’empreintes carbone. Nous avons mis au point une méthodologie qui permette de prévoir les émissions de carbone associées aux Jeux et ainsi de nous en servir comme d’un instrument de réduction de ces empreintes autant que possible, plutôt que de simplement en rendre compte comme à l’accoutumée. Nous avons utilisé cela comme la projection d’une estimation et c’est une méthode intéressante qui pourra être adoptée par d’autres projets également. 

Q. À quel point avez-vous étudié ce que les précédentes éditions des Jeux avaient réalisé?
R. Nous nous sommes extrêmement intéressés à ce qui a été fait et ce depuis les Jeux à Sydney, qui précédait notre projet de candidature. J’ai passé deux mois avec l’équipe de l’environnement avant et durant les Jeux à Sydney. Il y a donc eu un travail de fait avant la candidature pour étudier comment le Mouvement olympique prenait en charge ces questions. Cela a donné lieu à énormément d’observations et d’analyses. Nous avons donc fait très attention aux Jeux précédents mais c’est un secteur neuf et émergent et nous avons étudiés beaucoup de sujets qui n’avaient jamais été traités auparavant.

Q. Quels sont les défis auxquels vous avez été confrontés ?
R. En fait, le plus grand défi est celui de tout accomplir dans les délais. Le programme ne souffre aucun écart et il est réalisé sous la constante attention du public. Vous devez tout mettre sur pied dans les temps et le respect du budget et les intérêts des diverses parties prenantes sont énormes. Ensuite vous êtes confronté à la difficulté d’un site qui est capharnaüm complet et dans un laps de temps record vous devez le nettoyer, démolir ce qui doit l’être et procéder aux constructions prévues.

Q. Quels sont à votre avis vos plus grand succès ?
R. J’estime que le parc est formidable, nous avons réellement fait de cet endroit défavorisé un lieu splendide. Nous avons des équipements excellents et les espaces verts sont superbes. C’est un vrai parc avec des rivières et de la verdure bien en place. Les arbres ont eu le temps de pousser sur trois saisons et la végétation des zones humides paraît avoir été là depuis des lustres. On a vraiment la sensation d’un grand parc qui deviendra quelque chose de très particulier.

Q. Quel héritage durable espérez-vous que les Jeux laisseront ?
R. C’est vraiment un aspect intéressant car cela dépasse de loin le côté physique comme les bâtiments, les infrastructures et le parc. On se retrouve avec une bien meilleure compréhension de la manière dont les grandes manifestations peuvent être gérées dans le respect du développement durable. L’un des plus grands succès à cet égard est d’avoir favorisé l’élaboration de la nouvelle norme internationale ISO 20121 qui est une norme des systèmes de gestion. Ce qui est appréciable à ce sujet, c’est qu’il s’agit d’une procédure plutôt que d’une règle prescriptive. Il s’agit d’abord de la manière dont l’aspect durable est repris dans l’organisation, de la compréhension des questions qui se posent et des modes d’intervention avec les partenaires.

C’est un instrument superbe qui aidera les futurs organisateurs dans la gestion de tout ce qui relève de ces questions en fonction de leur situation propre. Et pour nous c’est un legs important. Auparavant, aucune norme adéquate n’existait traitant la question du développement durable dans les manifestations pouvant servir de référence de contrôle. Une telle norme vous gratifie d’un certificat dont vous pouvez vous prévaloir, ce qui aide à convaincre les partenaires que vous agissez correctement.

Q. Avez-vous bénéficié d’une importante contribution du CIO ?
R. Je crois qu’il est important de préciser que la relation va dans les deux sens. Au début, le CIO a facilité les séances d’information techniques avec les spécialistes des Jeux précédents et par le biais de conférences mondiales sur le sport et l’environnement vous avez la possibilité de rencontrer et de collaborer avec des personnes ayant les mêmes responsabilités que vous au sein d’autres comités d’organisation. Pour votre part, vous rendez compte de tout ce que vous apprenez car cela peut aider le CIO à conseiller plus efficacement les futurs COJO, ce qui ne peut que réduire le temps d’apprentissage. En effet, les comités d’organisation partent de rien, donc si vous accélérez le processus d’apprentissage et plus vous évitez les embûches plus c’est utile. Collaborer avec le CIO à l’amélioration et au développement du transfert des connaissances est absolument essentiel et c’est ce à quoi nous nous sommes particulièrement employés.

Q. Quels conseils donneriez-vous aux comités d’organisation à venir ?
R. Il est essentiel de commencer très tôt et d’avoir une vision claire. Vous ne pouvez concevoir l’aspect durable des choses en regardant en arrière. Vous devez vous projeter vers l’avenir. Cela doit faire partie de la culture du comité d’organisation et de l’ensemble du programme. Et enfin, dernier point, l’héritage doit être planifié. Car le legs n’arrive pas après les Jeux, il n’existe et ne fonctionnera que si vous y avez réfléchi dans tout ce que vous avez réalisé auparavant.

 

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