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Seoul 1988

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Ben Johnson

Ben Johnson

01/10/1988

L’image des Jeux Olympiques de 1988 imprimée de manière indélébile dans l’esprit de beaucoup est la vue de Ben Johnson levant le bras en l’air alors qu’il franchit la ligne d’arrivée du 100 m devant un Carl Lewis incrédule.

C’est l’instant où, pour la première fois, toute la laideur du dopage fait son irruption sur la scène mondiale. Ce fut un immense tournant dans la lutte contre le fléau de tricheurs.

Le temps de Johnson de 9.79 sec qui établissait un nouveau record du monde stupéfia la foule du stade olympique et les autres athlètes, avant qu’il n’émerge que tout n’était pas si clair.

Son entraîneur Charlie Francis devait révéler à commission Rubin, l’année suivante, que Johnson prenait des stéroïdes améliorant la performance depuis 1981, trois ans avant que le monde ne fasse sa connaissance à Los Angeles où il décrocha le bronze du 100 m dans la course gagnée par Lewis.

Dans les années suivantes, Johnson combla l’écart avec son grand rival et, durant leur préparation précédant les Championnats du monde à Rome, Johnson qui avait battu l’Américain à plusieurs reprises était devenu le sprinter prééminent.

Mais Lewis avait ses doutes. Refusant de donner des noms, il laissa entendre que certains de ses rivaux se dopaient.

Puis ce fut Rome, où Johnson, propulsé par un départ stupéfiant et une phénoménale vélocité des jambes remporta l’or dans un nouveau record du monde de 9.83 sec.

Johnson rejeta les allégations de Lewis et en 1988, il était le favori bien qu’une série de blessures en début d’année ait mis à mal sa préparation et que Lewis fut de loin le sprinter le plus impressionnant des qualifications avant la finale de Séoul.

Johnson se qualifia même dans une série comme le perdant le plus véloce après avoir relâché ses efforts trop près de la ligne d’arrivée et s’être placé troisième.

Puis ce fut la finale et les yeux du monde se portèrent sur la piste luisante du Stade olympique de Séoul pour le 100 m.

Le départ électrifiant, marque de fabrique de Johnson, lui assura une avance précoce et il ne fut jamais dépassé. En fait Lewis, dont le deuxième 50 m fut d’une manière générale considéré comme le meilleur, ne chercha que très peu à s’accrocher à l’avance du Canadien en fin de course.

La foule acclama les 9.79 sec lorsqu’ils s’affichèrent à l’écran. Le 24 septembre, Johnson était le roi du monde, trois jours plus tard il se retrouvait dans l’opprobre la plus totale.

Les contrôleurs antidopage du CIO découvrirent un échantillon révélant un usage de stéroïdes et lorsqu’on rechercha à quel athlète il correspondait, Johnson apparut comme le coupable.

Le CIO immédiatement diffusa un communiqué déclarant que Johnson était disqualifié des Jeux et que sa médaille d’or lui était retirée. Elle fut décernée à Lewis qui devint ainsi le premier homme à conserver ce titre dans l’histoire olympique.

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