Fondeur précoce
En ski de fond, sport d’endurance, il est reconnu que les athlètes atteignent leur sommet à l’approche de la trentaine. Mais il faut bien des exceptions pour confirmer la règle. Petter Northug en est une. À seulement 24 ans, le fondeur norvégien est déjà un phénomène et un immense champion. L’élève de Thomas Alsgaard (quintuple champion olympique s’il vous plaît!) a déjà presque tout gagné. Ses adversaires craignent particulièrement ses capacités hors normes de finisseur qui lui permettent de remonter les autres concurrents dans les ultimes hectomètres et de remporter des courses qui paraissaient bien mal engagées.
Revers et médailles
Sa première course olympique à Vancouver prend la forme d’une grosse désillusion avec une modeste 42e place sur le 15 km. Deux jours plus tard, dans l’épreuve du sprint, Petter, tout comme les autres finalistes, est piégé par le rythme et la tactique des deux skieurs russes partis très vite devant. Il s’accroche et décroche la médaille de bronze, sa première récompense olympique. Il termine ensuite à la 11e place du combiné 2x15 km, épreuve dont il est pourtant le champion du monde en titre. Pas le temps de ruminer cette contre-performance, les courses s’enchaînent et c’est en compagnie de son compatriote Oeystein Pettersen qu’il s’élance dans l’épreuve du sprint par équipes. Duo gagnant, puisque les deux jeunes fondeurs devancent Allemands et Russes de 1,3 seconde sur la ligne d’arrivée. Pour les deux athlètes, c’est leur premier titre olympique et évidemment une joie immense.
Fin tacticien et ahurissant finisseur
Lorsqu’il prend le dernier relais norvégien du 4x10 km, Northug est en quatrième position à plus de 28 secondes du podium provisoire. Il donne alors toute son énergie pour revenir sur les hommes de tête. Alors que le coureur suédois s’est détaché pour aller cueillir l’or, Tchèques et Français voient fondre sur eux, dans la dernière montée, la combinaison rouge de Petter. Bien qu’exténué par son effort, il les dépasse pour éviter un contre, ralentit l’allure et reprend son souffle. Il contrôle ses adversaires dans l’avant-dernière ligne droite et porte l’estocade lors du sprint pour la deuxième place. C’est pour lui la troisième médaille de ces Jeux, une dans chaque métal.
50 km au sprint
Le 50 km est la dernière épreuve en ski de fond. C’est la distance reine, celle des hommes forts. Elle se déroule le dernier jour des Jeux Olympiques. Champion du monde en titre d’un 50 km disputé en style libre, c’est en classique que va cette fois-ci se jouer la victoire pour le Norvégien. De nouveau, c’est une course tactique qui se déroule. Tous les meilleurs fondeurs sont là et personne n’arrive à prendre l’ascendant. À trois kilomètres de l’arrivée, ils sont encore une quinzaine de coureurs à entrevoir la victoire. Northug décide alors de produire son effort, il accélère pour passer en tête du groupe dans le dernier kilomètre. Les concurrents sont lâchés un à un. Dans la dernière montée, c’est l’Allemand Teichmann qui attaque. Il se détache et prend quelques longueurs d’avance. Au bout de deux heures d’effort, cette ultime course va se disputer au sprint. À l’entrée du stade, ils ne sont plus que six pour trois places sur le podium. Centimètre par centimètre, Northug grignote son retard et dépasse l’Allemand dans les derniers mètres pour franchir la ligne les bras levés. Il remporte le titre de champion olympique du 50 km, sans doute le plus prestigieux.
Une remise de médaille en grande pompe
Comme il est de coutume désormais, c’est lors de la cérémonie de clôture des Jeux, au milieu des athlètes et du public, que le skieur victorieux du 50 km se voit remettre la médaille d’or des mains de son compatriote et membre du CIO Gerhard Heiberg. Avec quatre médailles, dont deux titres Olympiques, Petter Northug est l’étoile du Nord de ces Jeux de Vancouver.