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Vincent Defrasne : « Utiliser la force du sport pour rendre le monde meilleur »

Champion olympique de biathlon à Turin en 2006, Vincent Defrasne est aujourd’hui le coordinateur du programme des « athlètes modèles » aux JOJ de Nanjing. Il décrit son rôle et celui de ces grands champions et championnes auprès des jeunes participants à l’évènement
©Getty Images

25/07/2014

Champion olympique de biathlon à Turin en 2006, Vincent Defrasne est aujourd’hui le coordinateur du programme des « athlètes modèles » aux JOJ de Nanjing. Il décrit son rôle et celui de ces grands champions et championnes auprès des jeunes participants à l’évènement

Vous avez disputé trois Jeux Olympiques. Quel est votre meilleur souvenir ?
Ce sont bien sûr les Jeux de Turin et la médaille d’or en poursuite. C’était tellement intense. Toutefois, je ne pense pas qu’à ce 18 février 2006 à Cesana San-Sicario, mais à tout ce qui m’a permis d’en arriver là. Cet extraordinaire voyage de quatre ans. Et puis il y a le bronze en relais à Salt Lake City 2002. Cette médaille, on la préparait, on avait été champions du monde l’année précédente. C’était pour moi la découverte de cette émotion particulière, monter sur le podium olympique avec mes partenaires et amis. Cela m’avait touché très profondément, d’une manière que je n’aurais jamais soupçonnée !

Champion olympique, porte-drapeau à Vancouver et aujourd’hui coordinateur des athlètes modèles au CIO. Quel a été votre parcours ?
La reconversion d’un sportif de haut niveau n’est jamais évidente. En 2009-2010, je savais que ma carrière de biathlète touchait à sa fin. Je réfléchissais dans deux directions : faire quelque chose en rapport avec le sport et l’olympisme, ou professionnellement, ou d’une manière différente, soit plus généralement m’occuper des autres. Durant ma carrière sportive, je n’avais pensé qu’à moi, une belle aventure personnelle, mais il était temps de m’ouvrir, d’être altruiste. Finalement, le CIO s’est montré à l’écoute de mon projet, il m’a ouvert ses portes pour un stage d’un an, puis m’a offert cette responsabilité pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse.

Comment ces athlètes modèles sont-ils choisis ?
Chaque fédération internationale en rapport avec les disciplines au programme nomme un ou plusieurs athlètes. Ce sont elles qui les connaissent le mieux et savent lesquels sont à même de représenter les valeurs de l’olympisme. Ouverture, partage, mais aussi entraînement, préparation etc.. Une des missions des JOJ est de de promouvoir l’objectif d’une participation aux Jeux Olympiques. Les athlètes modèles sont en quelque sorte des messagers.

Quel est votre rôle dans ce cadre ?
Je travaille en collaboration avec le comité d’organisation des JOJ de Nanjing et avec les Fédérations internationales. Nous organisons l’implication en profondeur des athlètes modèles. Ils sont des acteurs de l’événement et apportent une grosse valeur ajoutée. Jacques Rogge a créé les JOJ pour que les jeunes ne soient pas que des vainqueurs, mais également des champions qui vont promouvoir les valeurs de l’olympisme et en devenir des ambassadeurs. Il y a également tout le volet culture et éducation. Bref, beaucoup de choses concrètes auxquelles les athlètes modèles apportent leur concours.

Par exemple ?
Nous proposerons notamment des exemples sur tablette tactile, comme le parcours de grands champions, la façon dont ils ont promu les valeurs sportives après leurs exploits olympiques. Nous travaillons sur sept thèmes autour de la santé, du développement, de l’éducation, de l’inclusion, de la paix, de la durabilité et de la culture. 

© CIO / JUILLIART, Richard

Quelle est la journée type d’un athlète modèle aux JOJ ?
Elle est bien remplie ! Nous les impliquons beaucoup pour profiter de leur expérience et maximiser leur présence auprès des jeunes. Il y a des conférences, des sessions de questions/réponses. Et les athlètes modèles vont sur les sites de compétition pour encourager les participants, les conseiller aussi. Ils sont amenés à leur remettre les mascottes sur le podium. Il y a aussi des discussions plus informelles. Nous avons créé « l’athlète role model lounge » un endroit chaleureux, magnifiquement décoré. Ils nous ont notamment prêté des objets de leur carrière, raquette, kimono, chaussures etc… Dans cette zone, il y aura des tête-à-tête, pour des moments d’inspiration. Comment un athlète peut-il utiliser la force du sport pour rendre son monde meilleur ? Tout cela est très concret.

C’est un rôle très complet…
Oui, celui d’un grand frère qui partage son expérience, de ses années juniors à ses réalisations au plus haut niveau. Les JOJ sont un passage, un véritable tremplin qui donne des rêves aux jeunes athlètes. Mais une carrière sportive, ça n’est jamais simple. Il faut savoir gérer l’échec, savoir se reconstruire, tout comme la façon d’aborder la suite d’un important succès arrivé très tôt. Nos athlètes modèles apportent une approche globale : un judoka peut conseiller un jeune tennisman, une lutteuse peut apporter son expérience à une nageuse etc… Et puis les athlètes modèles peuvent également partager et s’enrichir entre eux ! Nous les impliquons ensemble. Ils seront 38 en tout, mais pas toujours en même temps. Nous en aurons environ 15 actifs ensemble. J’avais tenu ce rôle aux JOJ d’Innsbruck en 2012. Cela avait été génial, enrichissant pour tout le monde. Nous répondions à une foule de question, les jeunes avaient les yeux qui brillaient.

Auriez-vous aimé participer à des JOJ à votre adolescence ?
Ils n’existaient pas à mon époque. Je fonçais, mais j’avais toujours beaucoup de questions en moi. Cela aurait été fantastique pour m’aider dans la gestion de ma carrière. C’est un bel évènement auquel j’aurais tant aimé participer ! Mais d’une certaine manière, j’ai eu mes propres athlètes modèles. Les grands champions du biathlon français étaient là, pour me féliciter lors de mes premiers succès. C’était extrêmement motivant.

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