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Thomas Bach, president du CIO: Prendre le Relais

IOC President Thomas Bach
©IOC (2)/ IOC/Richard Juilliart (2)

03/01/2014

Suite à son élection lors de la 125e Session du CIO à Buenos Aires, l’Allemand Thomas Bach a succédé à Jacques Rogge en devenant le neuvième président du Comité International Olympique. Günter Deister dresse ici le portrait du nouveau chef du Mouvement olympique pour la Revue Olympique.

C’est une journée particulière de 1980 qui devait constituer un tournant dans la vie de Thomas Bach et qui a beaucoup contribué à donner sa forme à un parcours qui vient de connaître son apogée avec son élection à la présidence du Comité International Olympique (CIO). Ce jour-là, Thomas Bach, alors âgé de 26 ans, tente avec une délégation d’athlètes d’Allemagne de l’Ouest, de persuader le chancelier Helmut Schmidt de ne pas se joindre au boycott des Jeux Olympiques à Moscou. Le chancelier rejette la demande du fait de la solidarité impérative du pays avec les États-Unis, leurs alliés de l’OTAN, sur laquelle le sport doit s’aligner.

D’autres pays d’Europe de l’Ouest iront aux Jeux à Moscou et le chancelier Schmidt, homme d’état hautement respecté, a depuis concédé que le boycott avait été une erreur. Pour sa part, Thomas Bach a été profondément influencé par cette rencontre. Sa détermination à soutenir la cause des athlètes et sa conviction que le sport international et le Mouvement olympique ne peuvent s’épanouir que s’ils ne sont pas l’instrument des politiques n’en ont été que renforcées. «Le sport doit demeurer indépendant de la politique, tout en restant conscient que ses décisions ont des conséquences politiques», admet-il. Tel est la conviction qu’il a tirée de son entrevue avec le chancelier Schmidt et qu’il apporte avec lui dans ses nouvelles fonctions de président du CIO.

Thomas Bach a grandi dans la petite ville franconienne de Tauberbischofsheim. À l’origine, il voulait être footballeur mais au lieu de cela, il devient escrimeur de première classe, spécialiste du fleuret. Il le doit au centre d’escrime de sa ville, à la renommée internationale. Ses exploits internationaux le transforment en coéquipier accompli. Aux Jeux Olympiques de 1976 à Montréal, il aide l’équipe allemande à s’assurer la médaille d’or en fleuret. Avec ses coéquipiers, il décroche également le Championnat du monde et conserve ce titre l’année suivante. Tout en poursuivant sa carrière sportive, Thomas Bach étudie le droit et les sciences politiques et, en 1983, il obtient son diplôme avec mention bien. À cette époque déjà, il se fait un nom en tant que porte-parole de ses camarades athlètes ouest-allemands, rôle qui va perdurer au sein du CIO.

Sur la scène olympique, Thomas Bach pose ses marques en premier lieu à Baden-Baden, célèbre ville thermale allemande où a lieu le Congrès olympique de 1981. Avec son ami, le champion olympique britannique Sebastian Coe, il mène les athlètes invités par Juan Antonio Samaranch, alors président du CIO. Ses éloquentes contributions font grosse impression sur le Congrès, et sa rhétorique est si persuasive qu’il est surnommé «le professeur» (quand Sebastian Coe est qualifié de « Shakespeare »).

Selon les deux hommes, les athlètes font des Jeux Olympiques ce qu’ils sont, et pour cette raison ils doivent avoir le droit à une voix et à un vote au sein du CIO. Ils demandent aussi que les athlètes bénéficient d’un plus grand soutien, d’une position résolue dans la lutte contre le dopage qui, avec la politisation, est la plus grande menace à laquelle le sport est confronté. Au nom des athlètes, ils prônent la suspension à vie pour les infractions de dopage. Cette année-là, Thomas Bach devient membre fondateur de la commission des athlètes, pionnière du genre, voulue par le président Samaranch pour servir de lien entre les athlètes et le CIO. À l’orée du nouveau millénaire, les réformes essentielles qui sont adoptées donnent aujourd’hui aux athlètes 15 voix sur les 115 que compte la Session du CIO.

En 1991, à 37 ans, Thomas Bach, dont la carrière d’avocat d’affaires est à présent bien établie, s’embarque dans une nouvelle étape de son itinéraire olympique. Willi Daume, l’organisateur en chef des Jeux Olympiques de 1972 à Munich, cède son siège au CIO à son jeune compatriote. Un an plus tard, Thomas Bach devient membre de la commission du marketing du CIO et entre à la commission juridique l’année suivante avant de prendre en charge, en 1994, les fonctions de président de la chambre d’appel du Tribunal Arbitral du Sport (TAS). La commission d’évaluation pour les Jeux d’hiver de 2002 lui est également confiée en 1995, ainsi que celle pour les Jeux d’été de 2004 à Athènes.

En 1996, il est élu pour la première fois à la commission exécutive du CIO. Il en demeurera membre durant 15 ans. Jacques Rogge, qui tient à tirer partie de son expertise, le nomme président de trois des organes essentiels du CIO: les commissions juridique, sport et droit, et de discipline antidopage.

L’expérience que Thomas Bach acquiert au service du CIO se révèle précieuse quand, en 2006, il est élu président de la Deutscher Olympischer Sportbund (DOSB) résultant de la fusion de la Deutscher Sportbund (DSB) et du Comité National Olympique (CNO), représentant 28 millions de membres. Le succès de ce processus complexe qu’il a supervisé lui confère une vaste influence qui lui permet de nouer des alliances cruciales dans le monde politique et des affaires.

 

L’expérience et les relations qu’il engrange au niveau national et international de même que les vastes connaissances du sport et du rôle de celui-ci dans la société, lui servent de formidable tremplin en vue de la présidence du CIO. À ce sujet, il a confié qu’il s’était préparé au scrutin du 10 septembre à Buenos Aires «comme un athlète en entraînement intensif, décrivant la procédure d’élection comme un «grand défi», précisant aussi qu’«un athlète n’a pas l’habitude d’attendre les résultats d’une compétition!

Quand l’attente a finalement pris fin, le moment a été l’un des plus émouvants de ma vie», a-t-il déclaré, ajoutant qu’il avait même éclipsé le moment où il avait reçu sa médaille d’or. «Je me rappelle à peine la cérémonie protocolaire de 1976. Je n’ai vraiment réalisé toute l’importance de ma victoire que lorsque j’ai vu les 30 000 personnes venus nous acclamer à notre retour. Thomas Bach veut faire des athlètes sa priorité numéro un. Lui-même et son épouse Claudia se sont installés à Lausanne, Suisse, où il occupe le bureau laissé vacant par Jacques Rogge ainsi que son appartement. Après le passage de témoin d’un président du CIO à l’autre, le Mouvement olympique peut compter sur la continuité.

 

Cinq questions à Thomas Bach

Le neuvième président du Comité International Olympique dévoile ses idées sur son nouveau rôle, l’avenir des Jeux Olympiques et sla manière de garder les athlètes au cœur du Mouvement olympique.

La devise de votre candidature était «Unité dans la diversité». Que vouliez-vous dire?

Avant tout, cela signifie le respect des différences culturelles, religieuses, des relations sociales, des perceptions et des attitudes. Le secret de la magie des Jeux Olympiques tient dans leur diversité et leur universalité, qui se sont développées depuis plus de 119 ans. Cela mérite d’être protégé et si possible, d’être davantage développé. Cela touche à notre structure et bien entendu, aux Jeux Olympiques eux-mêmes mais aussi à l’éducation, la culture et aux projets sociaux. Et surtout et en premier lieu, cela concerne les athlètes.

Comment définissez-vous votre rôle?

Le président du CIO est comme un chef d’orchestre. Il donne le ton, la cadence et rassemble les membres de sorte que chacun puisse contribuer par ses propres qualités à l’ensemble. Il doit alors réunir ces contributions en une œuvre. Cela demande de la motivation, une capacité à discuter, à se faire confiance et en fin de compte, un consensus. 

Les Jeux seront certainement une priorité. Comment comptez-vous maintenir l’équilibre entre tradition et progrès?

La durabilité exige d’être plus qu’une expression d’usage. Il ne s’agit donc pas seulement de réduire les coûts, de limiter les charges, d’obtenir une meilleure compatibilité ou une protection de l’environnement plus aboutie. Le critère décisif doit être que les Jeux Olympiques doivent laisser un héritage positif. Si tel n’est pas le résultat, le CIO aura alors échoué dans l’accomplissement de sa mission essentielle. Dans les mois à venir, nous prévoyons de créer un concept complet, depuis le contrat pour les Jeux jusqu’au legs lui-même.

En tant que premier champion olympique élu président du CIO, vous avez élevé les attentes concernant l’engagement du CIO à placer les athlètes au cœur du Mouvement olympique.

Les athlètes sont la vie même des Jeux et leurs intérêts doivent demeurer la première de nos préoccupations. Ils méritent notre confiance, nos encouragements et bien entendu, notre protection. En échange, nous pouvons attendre d’eux leur engagement sans réserve, leur enthousiasme et l’acceptation des règles.  Leurs intérêts doivent être pris en compte plus sérieusement, et ce bien avant le début des Jeux, soit dès la procédure de candidature. Nous devons toujours nous demander «Comment cela affectera-t-il les athlètes?». Aucune décision ne devrait jamais être prise autrement.

Vous défendez une politique de tolérance zéro à l’égard du dopage et ce, avant tout, pour protéger les athlètes, en échange de quoi, vous attendez qu’ils respectent les règles.

C’est une question d’équité et de respect. Les règles sont clairement fixées et deviennent même plus fermes. La lutte contre le dopage et toutes autres formes de manipulation a pour but de protéger les athlètes qui concourent dans le respect des règles. Les athlètes doivent observer les règles dans leur propre intérêt et respecter leurs adversaires. Le respect va bien au-delà de la tolérance.

Revivez la cérémonie d'annonce à Buenos Aires:


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