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Sotchi 2014

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Ski freestyle hommes : la famille s’agrandit pour des épreuves toujours plus spectaculaires

12/03/2014

Les compétitions de ski freestyle à Rosa Khutor commencent par un doublé canadien en bosses et s’achèvent sur un triplé français en skicross. Entre-temps, les nouvelles et spectaculaires épreuves du slopestyle et du halfpipe sacrent des champions américains, tandis que le saut acrobatique reste une spécialité du Bélarus.

10 février : Alexandre Bilodeau dans l’histoire
Qualifié pour la 2e partie de la finale des bosses à douze concurrents à la 8e place, due à quelques imperfections entre les bosses, puis 3e pour avancer dans le run final à six concurrents, Alexandre Bilodeau sort le grand jeu dans le moment de vérité. Magistral, il s’envole haut,  tournoie en l’air, désaxé et skis en croix sur le deuxième saut, ses réceptions sont impeccables, ses skis restent parfaitement collés l’un à l’autre entre les bosses, il va vite et il gagne pour devenir le premier athlète à conserver son titre en ski freestyle aux Jeux Olympiques.

Avec un superbe score de 26.31, Bilodeau, 26 ans, devance son jeune compatriote champion du monde en titre Mikael Kingsbury, impeccable sur d’incroyables sauts, mais un peu chahuté sur les bosses, ce qui lui coûte des points (24.71). Le Russe Alexandr Smyshlayev fait lui aussi un magnifique run final (24.34), qui empêche l’armada québécoise du Canada de réaliser un triplé, puisqu’il repousse Marc-Antoine Gagnon au 4e rang devant un public aux anges !

« Je suis heureux de finir comme ça » explique Bilodeau, qui va raccrocher les skis à la fin de la saison. « La retraite va n'en être que plus belle. Le ski freestyle canadien a de l'avenir, il y a plein de jeunes qui montent et je suis heureux de partager le podium avec l'un d'entre eux. Ce gars va gagner tout ce qui se présente quand je vais partir », dit le Montréalais en parlant de Kingsbury, 21 ans seulement et un palmarès déjà épais. « C'est grâce à mes coéquipiers, qui me poussent à l'entraînement, que je n'ai jamais aussi bien skié qu'en ce moment », assure Alex Bilodeau. « Je dois les en remercier ».

13 février : Joss Christensen mène le triplé américain en slopestyle à ski !
Les Etats-Unis raflent le podium de la première épreuve olympique de ski slopestyle messieurs et exposent leur savoir-faire au monde lors d'une inauguration particulièrement réussie. Signe de la densité américaine, Joss Christensen se pare d'or devant Gus Kenworthy et Nick Goepper, au Parc Extrême de Rosa Khutor avec les deux meilleurs scores du concours alors qu'il a bien failli ne pas être du voyage. « Il était limite », a confié l'entraîneur de l'équipe US, Skogen Sprang, qui l'a sélectionné au détriment du champion du monde en titre, Tom Wallisch.

A coups de « switch 450 » et « 270 bretzel » sur les rails, de « triples corks » « double 1620 », « triple switch grabé » et autres figures, pour de magnifiques images de skieurs tournoyant dans toutes les positions, c’est à celui qui réussira les figures les plus folles, et qui parviendra, à l’envers ou à l’endroit, à rester impeccable sur ses réceptions.

Dès son premier passage en finale, Joss Christensen « plaque » un run noté 95.80 qui lui assure la victoire. Dernier partant et déjà sûr d’être sacré lors dès sa 2e descente, il se fait plaisir et obtient encore un 93.80 lui assurant les deux meilleurs scores de la finale. « C’est définitivement un grand honneur pour moi d’avoir obtenu ma sélection. Je voulais montrer à tout le monde que c’était un bon choix, et si possible me le montrer à moi-même. Je n’ai pas voulu me mettre trop de pression. J’ai juste essayé de réaliser une belle compétition, de faire de mon mieux, et de m’amuser. Je pense que ça a marché ! », explique le premier champion olympique de la discipline, 22 ans.

« Je suis complètement enthousiasmé par ce 1-2-3 américain », s’exclame le médaillé d’argent Gus Kenworthy. « Nick Goepper a toujours été le gars à battre en compétition, il est régulier et tellement incroyable, mais Joss a tout déchiré aujourd’hui. C’est un de mes meilleurs amis. Je suis si heureux ! » La discipline du slopestyle s’offre en tout cas un beau baptême. Les images en mondovision ont bien illustré les prouesses physiques de ces gamins culottés. « J'espère que le monde entier a pu voir combien on s’amuse », souligne Goepper, le médaillé de bronze.

17 février : Le Bélarus fait le doublé en saut acrobatique
Comme chez les dames, l'épreuve masculine se résume à un match entre le Belarus et la Chine, les deux superpuissances de la discipline, avec un représentant de l'Australie en arbitre lors de la finale à quatre. Après les éliminations précoces du Biélorusse Alexei Grishin, champion olympique en titre, et du Chinois Liu Zhongqing, médaillé de bronze aux Jeux de Vancouver 2010 et vainqueur de la Coupe du monde cette saison, trois Biélorusses et trois Chinois entrent en finale à douze.

Après deux sauts, il ne reste plus que Anton Kushnir face à Zongyang Jia et Qi Guangpu, champion du monde en titre, ainsi que l'invité surprise David Morris, dernier à se qualifier en finale à 8 et en finale à 4. Mais les deux Chinois commettent des erreurs à la réception de leur ultime saut alors que Khusnir négocie parfaitement le sien, pourtant doté d'un coefficient de difficulté très élevé, pour réaliser le meilleur score de la compétition (134.50 points) avec un « back double-full, full, double-full », soit trois sauts périlleux arrières avec cinq vrilles. Morris prend la médaille d’argent (110.41) et Jia est en bronze avec un score de 95.06.

 

« Je n'avais plus réussi ce saut depuis cinq ans, » dit Kushnir.  « J'ai eu un petit peu de chance, je pensais que ce serait serré en super-finale mais les Chinois ont fait des erreurs », explique-t-il. « J'ai eu deux opérations du genou ces deux dernières années, j'ai même failli tout arrêter mais la Fédération et ma femme m'ont poussé à continuer », ajoute le Biélorusse, dont le fils de deux ans est dans les tribunes.

18 février : David Wise premier champion olympique de half pipe en ski
L'Américain David Wise confirme qu’il règne sur le ski halfpipe en ajoutant la première médaille d'or olympique à son titre de champion du monde (2013) et ses trois victoires aux X Games (2012, 2013, 2014). « C'est un grand honneur d'être le premier médaillé d’or », réagit l'Américain, qui  devance le Canadien Mike Riddle et le Français Kevin Rolland sur un magnifique podium regroupant les trois derniers champions du monde (Wise en 2013, Riddle en 2011 et Rolland en 2009).

Les conditions météo difficiles, avec des lourdes chutes de gros flocons sur le demi-tube de neige du Parc Extrême de Rosa Khutor, ne fausseront pas le concours mais elles empêcheront les concurrents de placer leurs figures les plus techniques. « C'est vraiment dommage », explique Wise. « J'avais toutes ces manches de folie que je voulais faire aux Jeux Olympiques mais si tu n'as pas la vitesse, tu ne peux pas faire les figures que tu veux. J'ai dû mettre en place mon plan C ou D mais il fallait s’adapter ». Ce qu’il fera superbement.

En première manche, Rolland réalise un passage qui lui permet de prendre la tête (88.60 pts) mais Wise le supplante ensuite avec un run plus technique (92.00). Au second passage dans le demi-tube de neige, Riddle (90.60) chipe la deuxième place au Français mais sans parvenir à déloger l'Américain, dont le score tient pour de bon quand le Canadien Justin Dorey, vainqueur des qualifications et dernier à s'élancer, ne réussit pas à rester sur ses skis.

Mike Riddle, lui, est ravi de remporter la médaille d’argent. Il  réussit en effet une combinaison de « tricks » qu’il n’avait jamais tentés auparavant. « C’est inimaginable. Je réussis un excellent run dans des conditions difficiles. Je savais que j’avais ma chance. Je n’avais jamais fait cette combinaison avant, deux double corks 1260, mais j’ai décidé que c’était l’heure de la tenter pour la première fois. Ça m’aura pris beaucoup de travail et une vie entière pour me retrouver ici sur le podium ! »

20 février : Chapuis, Bovolenta et Midol signent un triplé français en skicross
Pour la première fois dans son histoire aux Jeux d’hiver, la France réalise un triplé.
Sur le parcours de Rosa Khutor, Jean-Frédéric Chapuis remporte la compétition de skicross hommes devant Arnaud Bovolenta et Jonathan Midol. « On est en plein rêve ! Nous sommes trois très bons copains. Nous avons encore du mal à réaliser. On est tellement heureux…«  s’exclame Jean-Frédéric Chapuis,  champion olympique de skicross.

Au fil des tours sur le parcours 1250 mètres jalonné de virages relevés, de tremplins et de vagues de Rosa Khutor, et sous un magnifique soleil, les trois Français passent avec autorité tous les tours, éliminant un à un leurs adversaires pour se retrouver tous les trois en finale face au Canadien Brady Leman, qui a pour sa part gagné sa place dans la course aux médailles en terminant 2e de sa demi-finale derrière Arnaud Bovolenta.

Au moment de lâcher les chevaux dans la course décisive, ce dernier explique ; « On ne s’est rien dit au départ. On ne s’est pas regardés. On s’est juste tapés dans les mains ». Jean-Frédéric Chapuis ajoute : « De toutes façons, nous savions que nous avions aux moins deux médailles assurées… ».

Lorsque les quatre concurrents s’élancent, Jean-Frédéric Chapuis se porte immédiatement en tête, suivi par Arnaud Bovolenta. Brady Leman n’est pas loin et se bagarre avec Jonathan Midol pour la 3e place. Mais ce dernier finit par le dépasser et Leman ne termine pas la course : il chute à quelques encablures de l’arrivée. Chapuis l’emporte devant Bovolenta alors que Midol est déséquilibré sur le dernier saut et franchit la ligne d’arrivée à plat ventre. Il n’y a pas eu de stratégie commune « Ça aurait été exactement la même course s’ils avaient été de trois équipes différentes, remarque Brad Leman. 

« Dès le départ, je suis sûr de moi », raconte Jean-Frédéric Chapuis. « Mais il faut que je contrôle ma position. Je pars bien devant, mais d’un coup, je vois arriver une fusée à côté de moi. C’est Arnaud ! Je me dis « Super, c'est lui! » Je me mets derrière pour prendre l'aspiration. Il fait une petite faute, je le dépasse proprement. Au dernier saut, je suis devant, je savoure. Je me retourne et je vois les autres Français, je me dis : C'est quoi ça? Même dans un rêve, je crois que ça ne finit pas mieux ! ». Jonathan Midol ajoute : « Nous savions dès le début de la compétition que c’était possible. On savait qu’on avait une grosse équipe, on savait qu’on pouvait tous se retrouver en finale. Mais de là à le faire, c’est incroyable ! »

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